« Il faut que le piratage devienne coûteux et compliqué »
Brève rédigée le 26/10/2007 à 16h37 par Charles P.
A quelques jours de la remise de ses conclusions au Ministère de la Culture, Denis Olivennes s'est exprimé sur les premières analyses de sa mission.
Le 5 septembre dernier, les Ministres de l'Economie et de la Culture ont confié à Denis Olivennes, PDG de la Fnac, la délicate mission de réfléchir à des solutions pour lutter contre le téléchargement illégal d'oeuvres protégées. Après deux mois de réflexions sur les différentes pistes à suivre, il a livré hier quelques indices sur les moyens à mettre en place.
La bonne nouvelle est la
suppression des DRM qui sont
« un vrai frein à la consommation ». En effet, le système des DRM transforme l'achat d'une oeuvre en un simple droit d'utilisation aux règles restrictives (incomptabilité sur plusieurs supports, limitations techniques...) . Espérons que tous les acteurs du milieu culturel suivent cette perspective.
Dans le domaine du cinéma, Denis Olivennes pense qu'il faudrait
« raccourcir très sérieusement le moment où les films sont disponibles sur Internet. Le délai actuel, de sept mois et demi après la sortie en salles, ouvre une fenêtre bien longue pour le piratage. » Voilà donc une autre piste prometteuse qui viserait à libérer l'offre en fonction de la demande.
Sur le plan de la répression, le schéma de la graduation des sanctions se profile de plus en plus :
« Il reste ce qu’on appelle la riposte graduée : un avertissement, puis deux, puis une sanction. Elle commence à donner de bons résultats outre-Atlantique : 70 % des internautes qui reçoivent un avertissement cessent de télécharger illégalement. » Mais la piste des radars s'efface pour des raisons de liberté individuelle :
« La technique des radars, avec des points de contrôle automatisés, comme sur la route, pose de gros problèmes d’atteinte aux libertés individuelles dans la détection les infractions. Techniquement possible mais politiquement délicat. »
Le PDG de la Fnac résume très bien sa position :
« Il faut que le piratage devienne coûteux et si possible compliqué. Et la consommation légale plus simple et moins chère. » Mais il espère que le document qu'il rendra à la Ministre de la Culture ne sera pas un rapport
« mais bien un accord de l’ensemble des parties : ayants droit, pouvoirs publics et fournisseurs d’accès à Internet. »
A tout cela on ne peut que répondre :
Radiohead ! Plus loin que la réflexion de
Denis Olivennes, le groupe de rock britannique a poussé jusqu'à l'expérimentation suivante : proposer son album directement en ligne, dont le prix sera fixé par l'internaute au moment de l'achat (
le site est ici). Résultat : 60 % des téléchargements depuis le site du groupe auraient donné lieu à un paiement de 6 euros en moyenne.
Radiohead aurait empoché 10 millions de dollars en quelques jours. Un joli pactole qu'il n'a à partager ni avec EMI, l'ancienne maison de disque du groupe, ni avec Virgin... ni même avec la Fnac !

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Mais le piratage ne sera jamais couteux et complique : les pirates ont toujours eu un longueur d'avance, et les morceaux à un euro reviennent au final aussi cher qu'un CD si on veut acheter l'album...
Makaveli - 26/10/2007 à 16h49
Le 26 octobre 2007 - 16 h 49, Makaveli a écrit :
Pffffff, ils se rendent pas compte que les maisons de disque et les distributeurs sont voués à disparaitre : l'exemple de radio head va faire des émules, et le prix sera fixé de facto.
Pour les distributeurs tels la Fnac, Virgin ou autre oui, à terme c'est possible... Mais la disparition des maisons de disque c'est déjà moins sûr, Radiohead ne pourrait pas tenter ce qu'il fait aujourd'hui s'il n'y avait pas eu une maison de disque pour miser sur lui dans les années 90. Les maisons de disque sont simplement appelées à mener des politiques différentes : moins de retour sur investissement immédiat, revalorisation des catalogues, réflexion sur des supports originaux à réelle valeur ajoutée (le cd va bientôt avoir 30 ans, la clé USB est une fausse nouveauté puisque déjà existante)... Il suffit juste que les maisons de disques sachent à nouveau sortir des disques sans avoir besoin de débourser des millions en marketing... Simplement sortir de bons disques en fait !
charles.p - 26/10/2007 à 17h55
Le 26 octobre 2007 - 16 h 37, charles.p a écrit :
Techniquement possible mais politiquement délicat.
Heu... jusqu'a maintenant, ils étaient pas trop d'accord sur le plan technique justement.
Auraient-ils trouvé un procédé génial pour faire la différence entre un mp3 illégal et un mp3 personnel? Je ne pense pas...
Ensuite, je ne pense pas tellement que les majors soient vouées à disparaitre. Seulement, il est certain qu'il est anormal que ce soient universal et consors qui récoltent entres-eux ce que certains bons artistes se sont tués à produire. Qui vole qui dans cette situation?
fanfouer - 26/10/2007 à 17h58
Olivenne en tant que directeur de la FNAC semble avoir une connaissance tres limitee de l'informatique et de ses fans!
quand on voit par exemple la vitesse a laquelle les hackers ont rendu possible l'utilisation des iphones sur des reseaux theoriquement non autorises!
ou a faire tourner linux sur les Xbox de microsoft ;o)
NRAproche - 26/10/2007 à 18h02
« Il faut que le piratage devienne coûteux et compliqué », ça veut dire : comment rendre monayable (brevetable) ce qui peut être partagé librement ?
C'est bien une idée de commerçant cette drôle d'idée.
joma74fr - 26/10/2007 à 21h41