Piratage : l'UFC contre-attaque
Brève rédigée le 14/11/2007 à 18h20 par Charles Pietri
L'UFC-Que Choisir riposte face aux propositions de la commission Olivennes
Denis Olivennes devrait remettre son rapport sous peu à
Christine Albanel, Ministre de la Culture.
UFC-Que Choisir en profite pour exprimer son point de vue sur les pistes suivies par la commission. L'association publie sept propositions pour lutter efficacement contre le piratage et développer des offres légales plus attrayantes.
Tout d'abord,
l'association se montre ferme contre la politique de répression graduée qui, selon elle,
« doit être abandonnée car elle est condamnée à l'échec. Elle sera incapable de modifier durablement des usages qui se développent logiquement avec les techniques d'échanges et l'augmentation des capacités de stockage. Sa mise en oeuvre concrète serait contraire aux principes généraux du droit qu'ils soient contractuels, civils et pénaux. »
Voilà un point qui a le mérite d'être clair. Il en est de même pour le filtrage, l'
UFC-Que Choisir préconise d'abandonner la mise en place de cette technique car elle
« est soit techniquement impraticable, soit coûteuse, soit potentiellement dangereuse pour les libertés publiques. »
Leur troisième proposition concerne la création d'une Autorité de Concurrence (à la manière de ce qui se fait dans les télécoms) pour
« fermement agir sur les prix de gros de la musique. » En effet, la position dominante des majors empêcherait une concurrence saine au niveau des tarifs. Par ailleurs, l'
UFC propose qu'
« un détenteur de droit qui n'exploite pas un catalogue pendant une période prolongée ne doit pas pouvoir s'opposer à son exploitation par un tiers. » Voilà une piste très intéressante qui permettrait
de rendre disponible un grand nombre d'oeuvres et éviter le blocage d'exploitation de catalogues.
Tout naturellement, l'
UFC s'oppose aussi à l'utilisation des DRM qui
« diminuent ainsi l'utilité des fichiers et donc leur valeur économique. » Mais leur sixième proposition va plus loin car
l'association veut interdire les accords d'exclusivité, jugés
« improductifs », par exemple entre les
FAI et les majors, car
« car les consommateurs exclus de facto par l'accord et qui veulent tout de même accéder aux oeuvres, sont incités à le contourner et à se tourner vers les réseaux p2p et tous les systèmes d'échanges de fichiers en général. »
La dernière proposition est tout à fait pertinente puisque l'
UFC-Que Choisir propose que soit affichée sur une étiquette physique ou virtuelle, la
« part créateur ». Cette part est celle qui revient aux artistes (auteurs, compositeurs, interprètes) une fois que les maisons de disque et autres distributeurs ont pris leur part du gâteau. Mais il reste à savoir si les majors accepteront de jouer le jeu et de dévoiler les pourcentages laissées aux artistes dans les contrats.
Enfin l'association conclut par un petit message personnel :
« L'UFC-Que Choisir met en garde Madame Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, contre la tentation de renforcer l'arsenal répressif à l'encontre des internautes. »
L'intégralité de leurs proposition est disponible sur le
site de l'UFC-Que Choisir.
Source : DegroupNews
C'est intéressant car ça reprend les motifs du préambule de la Convention universelle sur le droit d'auteur révisée à Paris le 24 juillet 1971, avec Déclaration annexe relative à l'article XVII et Résolution concernant l'article XI 1971 dont la France est signataire.
Les États contractants,
Animés du désir d'assurer dans tous les pays la protection du droit d'auteur sur les oeuvres littéraires, scientifiques et artistiques,
Convaincus qu'un régime de protection des droits des auteurs approprié à toutes les nations et exprimé dans une convention universelle, s'ajoutant aux systèmes internationaux déjà en vigueur, sans leur porter atteinte, est de nature à assurer le respect des droits de la personne humaine et à favoriser le développement des lettres, des sciences et des arts,
Persuadés qu'un tel régime universel de protection des droits des auteurs rendra plus facile la diffusion des oeuvres de l'esprit et contribuera à une meilleure compréhension internationale,
http://portal.unesco.org/fr/ev.php-URL_ID=15241&am(...)
lemaigre - 14/11/2007 à 20h16
Les artistes les plus médiatisés sont pour la plupart de pures marchandises des émissions TV réalité avec des contrats clé-en-main des majors.
La diversité des produits n'a jamais été aussi restreinte et stéréotypée.
Beaucoup d'artistes ou d'oeuvres ne sont plus disponibles par les voies légales.
Les plateformes de téléchargement ne sont pour l'instant qu'un moyen de vendre la même chose que sur Cd ou Dvd sans la moindre volonté de proposer une alternative fondée sur les nouvelles technologies et un catalogue quasi infini.
Marre d'entendre les majors par la voix de leurs pdg, invités sur tous les plateaux tv et menant une vie de star avec manteaux de fourrure chaque samedi, pleurer ces années difficiles alors qu'ils se sont largement goinfrés depuis l'invention du disque en essorant les artistes et les portes monnaie.
steev - 15/11/2007 à 09h35
Combien d'artistes aujourd'hui arrivent à se faire un nom grâce justement au p2p, youtube etc etc (le plus connu étant Kamini)
Mais bon le soucis comme tu dis Steev, c'est que ces pauvres majors perdent le contrôle de ce qui est diffusé. Et bien souvent voient dans les top 50 et autres des gars qu'elles ont refoulés !
amon2010 - 15/11/2007 à 16h03
Tres instructif
groumf - 15/11/2007 à 20h50
en résumé vaut mieux faire partie de label indpendantpour ce lancer, surement plus long pour grimper mais on ce retrouve pas mangé sans y avoir compris quedal pov' sebasto, s'il me lit jpeu l'heberger dans mon poulailler
tofoo93 - 15/11/2007 à 21h46