L'avenir incertain de la quatrième licence 3G
Brève rédigée le 04/04/2008 à 19h43 par Charles P.
La quatrième licence 3G pourrait rester à l'état de projet selon un haut responsable du gouvernement.
Tous les rapports commandés par le gouvernement encourageaient la concurrence pour dynamiser les différents secteurs de l'économie et agir sur le pouvoir d'achat. Dans cette optique, le gouvernement avait réfléchi à différentes pistes concernant l'entrée d'un quatrième acteur dans la téléphonie mobile. Malheureusement, cette perspective s'éloigne.
Un haut responsable gouvernemental aurait déclaré à
Dow Jones Newswires que le gouvernement serait en train d'envisager l'abandon de l'attribution de la quatrième licence mobile.
Frilosité gouvernementale ? Pression des acteurs existants ? Ce revirement de situation a de quoi alimenter quelques questions.
Depuis plusieurs mois, cette quatrième licence mobile faisait l'objet de débats. Les rapports demandés par le gouvernement (celui de
Begbeider ou de
Châtel) militaient ouvertement pour l'ouverture du marché du mobile à une quatrième licence. Cela aurait pour but de dynamiser un marché dominé à plus de 95 % par trois acteurs qui, de surcroît, on été condamnés pour entente illicite sur les prix. Le gouvernement cherchait donc des pistes pour faciliter le paiement de la licence au nouvel entrant pendant qu'
Orange,
SFR et
Bouygues menaçaient d'actions en justice si de telles mesures étaient accordées pour cette licence.
Il faut donc croire que le trio infernal a eu raison de l'initiative d'introduire plus de concurrence dans le marché de la téléphonie mobile. De nombreuses enquêtes dénoncent déjà des tarifs trop élevés pour les communications mobiles (
lire news ici), Bruxelles s'en mêle également en déplorant un immobilisme du marché (
voir article ici).
Ce haut responsable du gouvernement indique que
« dans tous les pays où il y a une quatrième licence, cela ne fonctionne pas, le modèle de revenus n'est pas valable. » Il signale également que
« la seule entreprise qui a fait une offre lors de la première enchère ne peut pas se la payer. » La référence à
Free est évidente, mais depuis le refus du dossier d'
Iliad, d'autres acteurs ont montré leur intérêt pour entrer sur le marché. On se demande donc comment ce responsable peut arriver à de telles affirmations en toute bonne foi.
De plus,
l'octroi d'une nouvelle licence 3G rapporterait une belle somme à l'Etat. En effet, les dispositions européennes permettent que les sommes perçues pour l'attribution soient directement réinjectées dans les comptes du pays. Le gouvernement aurait ainsi pu profiter des centaines de millions d'euros de cette licence pour alléger son déficit.
Alors que le paysage mobile français pouvait espérer un regain de vivacité, que l'Etat en aurait profiter pour améliorer ses finances, le parc mobile semble trop bien gardé par ses trois opérateurs. Cela en deviendrait presque indécent.

Les définitions de:
. UMTS
Or l'attribution de cette licence conditionnait la réattribution pour la 3G, des fréquences 900 et 1800Mhz libérées par la 2G, Ces fréquences permettent un déploiement 3G plus performant et moins coûteux.
Elles viennnet d'être réattribuées par l'ARCEP suite au constat de carence pour la dernier dossier de candidature.
Alors l'intérêt d'une licence 3G confinée à la bande de fréquence des 2,1 Ghz (peu performante) est loin d'être évident.
Quant à l'effet miraculeux de la concurrence pour le consommateur, je reste perplexe. Dans le secteur de l'adsl, c'est vrai que les prix ont chuté sur les zones dégroupables (la qualité de service aussi) mais la population restante n'en bénéficie pas. Et du fait de la faible rentabilité dûe à la guerre des prix, le déploiement de la fibre n'avance pas. Je ne parle pas d'autres secteurs (comme l'énergie ou le 12) où l'ouverture à la concurrence a abouti à une augmentation des tarifs.
Le mobile est cher en France mais le consommateur continue à s'abonner (va comprendre, Charles) alors que le besoin n'est pas essentiel.
J'espère qu'il n'en sera pas de même pour l'internet 3G.
lemaigre - 05/04/2008 à 14h35
Le 05 avril 2008 - 14 h 35, lemaigre a écrit :
Le mobile est cher en France mais le consommateur continue à s'abonner (va comprendre, Charles) alors que le besoin n'est pas essentiel.
nolife
Laskii - 05/04/2008 à 18h03