Sondage sur la riposte graduée : le document source exclusif
Brève rédigée le 27/05/2008 à 18h32 par Charles P.
La Société Civile des Producteurs de Phonogrammes a commandé un sondage pour redorer l'image de la loi Hadopi. En étudiant attentivement le rapport d'enquête, des zones troubles apparaissent quant à la fiabilité de ces données. Erreurs d'interprétation ou désinformation ? La crédibilité de la SCPP subit une chute vertigineuse.
Un total de 1010 Français (âgés de 15 ans et plus) ont été interrogés sur le téléchargement illégal et la riposte graduée suite à la commande d'un sondage par la SCPP. Surprise : la désinformation n'est pas loin !
Alors que la loi Hadopi continue de se faire désirer (
lire article ici), la
Société Civile des Producteurs de Phonogrammes (SCPP) profite de l'accalmie de mai pour commander un sondage à Ipsos et faire le point sur le ressenti des Français par rapport à ce projet de loi. Une initiative intéressante pour tâter le terrain de l'opinion publique au sujet de l'épineux problème du téléchargement illégal mais qui est tâchée par des conclusions hâtives et une désinformation évidente en vue de faire passer la pilule.
La SCPP publie quatre chiffres liés à ce sondage et accompagne le tout de réflexions qui ont le mérite de prendre des raccourcis encore jamais explorés. Naviguons entre les chiffres et conclusions donnés par ces producteurs :
1 -
« 80% des Français pensent que les créateurs doivent être rémunérés lorsque leurs chansons sont téléchargées sur Internet (cette proportion s’élève à 84% parmi les Français ayant déjà téléchargé illégalement). Le consentement du public à payer la musique téléchargée est donc fort. »
Aucune nuance n'est faite entre le paiement et la rémunération. Ces 80 % trouvent légitime que les créateurs soient rémunérés, toutefois rien n'est dit sur le mode de financement. Les créateurs de programmes télévisés sur les chaînes privées sont rémunérés, pourtant le public ne paie pas vu que le financement vient des annonceurs, même chose pour la radio ou pour les sites rémunérant les créateurs grâce à la publicité. La conclusion de la SCPP sur le
« consentement du public à payer » est donc totalement infondée.
Les Français sont d'accord pour la rémunération mais la question de la source n'a pas été abordée.
2 -
« 90 % des français pensent que la chute vertigineuse des ventes de disques est liée au téléchargement illégal de musique sur Internet (cette proportion atteint le chiffre record de 98% chez les moins de 25 ans). Mais, il restera toujours des irréductibles pour affirmer que le téléchargement illégal n’est pas responsable de la crise du disque. »
Vu le peu d'information dont dispose le public au sujet des ventes de disques à part les cris d'alertes des majors, ce chiffre peut paraître normal (nous verrons plus tard que le chiffre annoncé est bien plus nuancé). La SCPP ne va d'ailleurs pas remettre en cause le manque de volonté des acteurs de l'industrie du disque face à l'arrivée de la dématérialisation et de la mondialisation, ni l'obsolescence du CD (né en 1979) et encore moins les tarifs exorbitants pratiqués sur les sites de vente de mp3. Les irréductibles n'ont pas toujours tort...
Source : DegroupNews

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Et quand la loi sera passée (parce qu'il vont la passer, on commence à avoir l'habitude des méthodes "démocratiques") et que les ventes de disque ne repartiront pas, parce que la qualité des titres à chutée, et que la majorité des personnes consommeront "autrement" (vente ou location en ligne par exemple), ils vont accuser qui ? Les mêmes... Mais on dira que les sanctions ne sont pas assez lourdes, et on les durcira.
Lamentable...
Hurrican - 27/05/2008 à 18h59
il y a 25 ans ont dupliquaient déjà des cassettes audio il n'y a que le support qui change !! et quand on vois le fric que se font les maisons de disque avec les produits dérivè !!! mais c'est vrai c'est toujours bête de perdre 1 millions de bénéfice quand on en fait encore 5 ou 6 !!!!
nikoz - 27/05/2008 à 19h13
Ennuyeux, non ?
Hoggins - 27/05/2008 à 19h38
La dessus nous ajouterons le contenu et la jaquette.
-Le prix d'un cd acheté 9.90 environ d'un dvd 14.99 euro. Que les maisons d'éditions ne viennent pas se plaindre que les ventes chutent.
Quoi qu'il en soit il y aura bien un moment ou à un autre quelqu'un qui trouvera une parade sur le téléchargement.
pasdecul - 28/05/2008 à 06h26
- Les modes de consommation culturel changent. Pourquoi les majors du disque restent-elles figées dans un modèle économique d'il y a 30 ans. Peut-être parce qu'elles ont gagné beaucoup d'argent et veulent conserver cette mâne.
- Avant de parler sanction, il serait bon qu'une telle loi soit acceptée par les Français. En particulier il faudrait expliquer le cout réel de la musique (ou des films). Je pense que les gens sont prêts à payer un prix qui leur semble justifié. Ils n'ont pas envie d'être pris pour des pigeons.
Or qu'en est-il du prix d'un disque (sauf erreur de ma part)
. 5% pour les droits d'auteur
. 40% pour le disquaire
. le reste soit 55% pour la major (contient les frais de production, promotion, etc..).
Sauf explications ces 95% semblent très excessifs.
jj35 - 28/05/2008 à 09h27