France Télécom / TeliaSonera : la fin d'une amitié ?
Brève rédigée le 09/06/2008 à 12h32 par Stéphane Caruana
Après s'être fait éconduire jeudi 5 juin 2008 par le groupe de télécommunications nordique TeliaSonera à cause d'une proposition d'achat jugée trop basse (voir article), France Télécom a annoncé ce week-end par la voix de son directeur financier que le rachat de TeliaSonera n'était « pas indispensable » pour le groupe français qui pourrait renoncer à cette fusion si son action se mettait à dévisser.
Sous couvert d'une «
démarche amicale [engagée]
auprès de TeliaSonera en vue d'un rapprochement entre les deux groupes » comme annoncée dans un communiqué de
France Télécom en date du 5 juin 2008, il semblerait que
les deux groupes de télécommunications se livrent à un jeu de dupes moins « amical » qu'il n'y paraît.
En effet, dès l'annonce de
la proposition de rachat de TeliaSonera par
France Télécom jeudi 5 juin pour un montant de 27 milliards d'euros, les dirigeants du groupe nordique (et notamment l'Etat suédois qui en détient plus de 37 % des parts) avaient fait savoir qu'ils jugeaient
l'offre du groupe français insuffisante et qu'ils attendaient une proposition revue à la hausse. Face à ce marchandage,
France Télécom avait exprimé
sa fermeté quant au montant proposé.
Dans le même temps,
les investisseurs se montraient sceptiques face à l'annonce de cette fusion et
France Télécom enregistrait une baisse de ses actions de
7,72 % en deux séances.
Ce week-end, en guise de réponse aux exigences de TeliaSonera, Gervais Pellissier, directeur financier du groupe
France Télécom, déclarait que
le rachat du groupe nordique n'était « pas indispensable » pour le groupe français. Ainsi, si TeliaSonera ne reçoit pas « amicalement » l'offre de FT et si les turbulences du marché entraînent le dévissage de l'action FT, cela pourrait conduire
France Télécom à renoncer au rachat de TeliaSonera.
Sans doute, une manière « amicale » d'inviter les dirigeants du groupe de télécommunications d'Europe du Nord à reconsidérer l'offre qui leur a été faite.
Muzikals - 09/06/2008 à 12h47
Plutôt une façon de dire au marché que l'opération ne se fera pas à tout prix. Et soutenir le cours de l'action FT.
Etant donné que les états suédois, finlandais et français sont représentés au capital des deux sociétés (ex monopoles), France Telecom ne s'est pas lancé à la légère.
Compte tenu qu'une partie du prix doit être payée en actions FT, si l'action FT dévisse, l'offre de FT se dévalorise d'autant.
Après, même en cas d'offre amicale, c'est une discussion de marchands de tapis.
lemaigre - 09/06/2008 à 14h31