Dernier bilan de la Commission Copé en huis clos !
Brève rédigée le 19/06/2008 à 15h21 par Patrick E.
Contrairement à tous les précédents bilans d'étape, le dernier rendez-vous de la Commission Copé s'est tenu hier à huis clos et aucune présentation à la presse n'a été faite ensuite.
Finalement, la
Commission Copé a préféré se la jouer discrète concernant le dernier bilan d'étape et c'est un peu dommage pour le grand public et surtout pour le personnel d'un secteur en crise depuis l'annonce pompeuse du Président Sarkozy de priver de publicité toutes les chaînes du service public audiovisuel.
Le dossier sur la «
Nouvelle Télévision publique » qui sera présenté le 25 juin au Président de la République est finalisé mais n'a pas été présenté à la presse hier, lors du dernier bilan d'étape de la
Commission Copé. En parallèle, le personnel du service public audiovisuel a vivement réagit en lançant une grève, qui a été fortement suivie.
Quel financement pour la télé publique ?
Suivant les sources, le manque à gagner de l'arrêt de la publicité sur les antennes publiques n'est pas estimé de la même façon. Certaines sources l'estiment à 650 millions d'euros, ce qui représente une fourchette très basse, et d'autres pensent qu'il faut tabler sur 850 millions d'euros auxquels il faut ajouter le financement pour la gestion et la création de programmes qui représente quelques 400 millions d'euros.
La redevance audiovisuelle devrait être indexée sur le coût de la vie et donc augmentée. Par ailleurs, il est fort probable que les personnes recevant la télévision par le seul biais d'un ordinateur ou d'un téléphone mobile soient assujetties à la redevance.
En dehors de la redevance audiovisuelle, d'autres taxes permettront de combler le manque à gagner de
France Télévisions pour la période «
après pub ».
Sources de revenus probables pour France Télévision :
- Redevance audivisuelle indexée sur le coût de la vie
- Taxe de 0,5 % sur le chiffre d'affaires des opérateurs internet et de téléphonie mobile, soit 210 millions d'euros
- Taxe sur les fréquences radio-électriques, soit 100 millions d'euros
- Recettes publicitaires issues du parrainage, des chaînes de l'Outre-mer (RFO et France O), de France 3 et des sites webs de toutes les chaînes du groupe, soit 150 millions d'euros
- 80 millions d'euros issus de la redevance pour l'INA
- 60 millions d'euros issus de la redevance pour RFI
- Vente de produits dérivés (DVD, VoD payante...), soit 40 millions d'euros
Concernant TVI, son budget futur dépendra directement de l'Etat puisque la chaîne doit faire partie de la holding de l'audiovisuel extérieur, au même titre que France 24 et TV5Monde.
Le futur budget de l'Institut national de l'audiovisuel (INA) viendrait directement d'une taxe sur les recettes publicitaires supplémentaires des télévisions privées, soit 80 millions d'euros. A ce titre, Jean-François Copé a indiqué ironiquement que « cela permettra de ne plus dire que les télévisions privées payent pour les télévisions publiques. Cela va détendre tout le monde ».
La Commission Copé indique que France Télévisions devra faire des économies et réaliser des gains de productivité, soit une estimation de 140 millions d'euros. De plus, la vente de produits dérivés tels que les DVD et la VoD devraient rapporter quelques 40 millions d'euros.
Par ailleurs, il est à noter que
TF1,
M6 et
Canal+ ont déjà signalé leur refus de la taxe sur les recettes publicitaires (
voir ici).
Si on fait un premier calcul des nouveaux financements pour l'audiovisuel public, la somme avoisine les 650 millions d'euros auxquels il faut ajouter la redevance. Il en manque encore un peu pour assurer le budget global qui doit tenir compte de la création audiovisuelle, sans compter que le personnel de
France Télévisions demande des garanties quant à son avenir...
Source : DegroupNews
Le 19 juin 2008 - 15 h 21, Patyan a écrit :
lolll, je pinaille, je pinaille, mais il me semble bien qu'on dit à huis clos...
sinon, on voit bien dans quoi on commence à s'enfoncer !!!
- au début, pas d'augmentation de redevance mais ça risque d'arriver (et qu'on ne me sorte pas que les britanniques paient bien plus que nous : euh ont bien plus de chaînes et surtout une qualité relativement supérieure au regard de ce qu'en pensent les critiques internationales et même les ventes de programmes).
- un taxe sur les sociétés de téléphonie mais qui, aux dires de l'articles, va se sentir au final sur la facture...
- une taxe sur les publicités des chaînes privées, ce qu'elles refusent alors qu'elle vont engendrer un max de pognon en plus avec le retrait de leurs principaux concurrents sur le marché de la publicité. mais elles ont raison : autant avoir le beurre, et l'argent du beurre voire même la crémière...
bref, je sens que tout ceci va encore se terminer en pompage supplémentaire pour nos revenus
micaub - 19/06/2008 à 16h29
Ce qui est fort quand même, c'est qu'on a un gouvernement qui n'arrête pas de vouloir pousser le service public vers le fonctionnement du privé, et là c'est tout le contraire ! On va chercher à obtenir un financement entièrement "public" des chaînes... Faudra que notre cher président m'explique çà.
Enfin, le problème de France3 est encore autre. La pluralité c'est pas bon pour la "démocratie" moderne.
Hurrican - 19/06/2008 à 17h00