Hadopi cherche des alliés, seuls 52 artistes répondent présent
Brève rédigée le 23/06/2008 à 17h38 par Charles P.
L'industrie du disque s'affole mais l'effet est mesuré. Seuls 52 artistes se prononcent en faveur de la loi Hadopi. La mobilisation reste faible et ne représente que les majors.
La loi Hadopi suscite des désaccords partout où elle passe. Même certains membres de la majorité s'avouent frileux devant ce projet. Le gouvernement se cherche donc des alliés afin de trouver une légitimité à cette loi qui est un modèle d'hypocrisie.
Alors que le projet de loi a été adopté en conseil des ministres la semaine dernière et que Christine Albanel espère une application dès le début de l'année prochaine, 52 artistes adressent un message en faveur du texte.
Premier élément qui étonne : seulement 52 artistes ? Voilà un nombre qui surprend pour un projet d'une telle ampleur. Une pétition avec une cinquantaine de signatures a déjà un faible potentiel, mais un appel approuvant une loi en cours d'adoption et qui ne trouve que cinquante soutiens frôle plus le domaine du risible. Si ces artistes voulaient y aller fort, il en aurait fallu quelques centaines pour démontrer l'unité du monde artistique derrière le projet de loi d'Albanel.
Or, nous nous retrouvons face à 52 noms, pour la plupart très connus de la sphère médiatique, mais qui sont loin d'être significatifs.
Ces 52 artistes, une minorité non silencieuse, ont signé une tribune dans le
Journal du Dimanche pour montrer leur soutien à Christine Albanel. L'appel finit d'ailleurs sur ces mots :
« Le projet de loi, proposé par la ministre de la Culture, issu de la mission menée à l'automne dernier par Denis Olivennes, nous donne de très bonnes cartes pour qu'Internet, la culture et la création soient réconciliés. Nous le soutenons. »
Ce qui reste encore plus étonnant au sujet de ces 52 artistes, censés représenter la création hexagonale, est le lien qu'on peut établir avec les labels de musique. Ainsi, en cherchant un peu on s'aperçoit que
ces 52 artistes représentent les quatre majors du disque (Universal, EMI, Sony-BMG et Warner). En organisant ces noms par label, voici ce que cela donne :
Universal :
Jenifer, Stanislas, M Pokora (dont le dernier album s'appelle MP3), Thomas Dutronc, Eddy Mitchell, Isabelle Boulay, Maxime Le Forestier, Martin Solveig, Marc Lavoine, Calogero, Gérard Darmon, Alain Bashung, Bernard Lavilliers, Rachid Taha, Bob Sinclar, Psy4delarime, Abd Al Malik, Arthur H, Renan Luce, Zita Swoon, La Grande Sophie.
EMI :
Etienne Daho, Raphaël, Keren Ann, Anis, André Manoukian, Charles Aznavour, Alain Souchon, Mademoiselle K, Soprano, Liane Foly, Shine (Bonsaï Music/distribution : EMI), Diam's, Renaud, Romane Cerda, Cali.
Sony – BMG :
Francis Cabrel, Patrick Bruel, Jean-Jacques Goldman, Pascal Obispo, Elie Semoun (la liste du JDD indique
« Elie Seimoun », soit nous avons affaire à une coquille, soit à un homonyme inconnu), Emmanuelle Seigner, Ridan, Empyr.
Warner :
Christophe Maé, Kery James, Sinik, BB Brunes, Johnny Hallyday, Kenza Farah, K-Maro (le nom sur la liste est
« Camaro » mais nous pensons qu'il s'agit de K-Maro, sauf si les voitures de Chevrolet se considèrent comme des artistes).

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avant de venir nous faire la leçon, tous ces "artistes" devraient dire s'ils payent leurs impôts en France et s'ils enregistrent tous leurs albums en France !!! Pour certains, la réponse est évidemment NON... mais naturellement les Français doivent être bien obéissants et leur donner de l'argent qu'ils dépensent ailleurs.
Faites ce que je dis mais pas ce que je fais.
Vaurias - 23/06/2008 à 19h12
je partage à 300% ton avis:
avant qu'on entende leur appel:faudrait qu'ils remboursent l'etat, mais j'en rajoute:les consommateurs qu'ils volent depuis 15 ans avec des CD et cassettes à prix bien trop élevés!!
shitakunai - 24/06/2008 à 11h27
Le 23 juin 2008 - 17 h 38, charles.p a écrit : On peut tout de même s'interroger sur la franchise de ces artistes qui apportent leur soutien à une loi nuisant aux libertés individuelles.
On peut d'autant plus s'interroger que certains d'entre eux (Cali & co) n'ont pas hésité à afficher ouvertement, avec parfois forte virulence, leur haine contre Sarkozy.
dv__ - 24/06/2008 à 11h33
Le 24 juin 2008 - 11 h 33, dv__ a écrit :
Le 23 juin 2008 - 17 h 38, charles.p a écrit : On peut tout de même s'interroger sur la franchise de ces artistes qui apportent leur soutien à une loi nuisant aux libertés individuelles.
On peut d'autant plus s'interroger que certains d'entre eux (Cali & co) n'ont pas hésité à afficher ouvertement, avec parfois forte virulence, leur haine contre Sarkozy.
y'a plus de haine des qu'il s'agit du porte monaie ...
groumf - 24/06/2008 à 14h29
http://www.liberation.fr/actualite/ecrans/334002.F(...)
On la sent très compréhensive des difficultés réelles rencontrées par les artistes...
Mais, en même temps, je trouve qu'elle ne va pas jusqu'au fond des choses, ne répondant que superficiellement aux question posées, sans suffisamment étayer ses propos.
Un exemple "Mais jinsiste, vous ne serez jamais inquiétés pour ce que vous navez pas fait." Au vu du système, c'est plutôt impossible : avant d'envoyer les deux emails, on ne peut pas être certain de l'identité du destinataire, sauf obtenir une preuve de son nom. Donc nous serons inquiétés pour ce que nous aurons fait : laisser un pirate utiliser notre accès... Jolie morale : les non-technophiles vont apprécier de se voir couper leur accès parce qu'ils ne consultent jamais leurs emails et qu'ils ne savent pas sécuriser leur connexion...
Et quel mépris... "Jajoute, à propos de la sanction, que personne nest menacé de perdre la vie ! Le pire qui puisse vous arriver est une suspension temporaire de votre ligne, au maximum dun an." Merci de l'attention ! Pour un acte dont l'on ne serait pas responsable, c'est vraiment trop sympathique. J'avais craint, un instant, de me faire guillotiner.
ronan_b - 24/06/2008 à 17h21