V. Reding opposée à taxer les FAI pour financer la TV publique
Brève rédigée le 30/06/2008 à 17h03 par Stéphane C.
Mme Reding réaffirme, dans une interview accordée aux Echos, ses trois chevaux de bataille que sont la baisse des prix, le développement de nouveaux réseaux haut débit et la création d'un marché européen des télécommunications. Elle déplore également le choix entériné par Nicolas Sarkozy de taxer les FAI pour financer la télévision publique.
Viviane Reding, commissaire européenne en charge de la Société de l'Information, n'a jamais caché
son hostilité face à l'éventualité d'une taxation des FAI pour financer la télévision publique. Elle évoquait déjà lors d'un discours devant les
FAI européens alternatifs le 25 juin dernier, l'importance qu'il y avait à préserver le dynamisme du secteur des télécommunications,
véritable moteur de la croissance européenne (
voir article).
C'est d'ailleurs au nom de la protection de la vitalité du secteur que
Mme Reding s'inquiète de la décision du Président de la République française
de taxer à hauteur de 0,9 % les opérateurs téléphoniques et les fournisseurs d'accès à Internet (
voir article). Il s'agit selon elle d'un «
très mauvais signal », de «
la dernière chose à faire ». Elle préconise plutôt d' «
encourager l'investissement dans les réseaux et [d']
abaisser les prix afin de développer l'utilisation des nouveaux moyens de communication ».
Le désaccord avec le gouvernement français est profond, la commissaire européenne jugeant qu'il ne s'agit pas simplement du montant de la taxe envisagée mais d'une «
question de principe ».
A propos de
la baisse des tarifs des SMS et de roaming,
Viviane Reding n'est «
pas impressionnée » par la baisse microscopique consentie par les opérateurs : les coûts d'itinérance sur les SMS étaient de
29 centimes en moyenne, ils sont passés à
28 centimes. Elle entend bien présenter un «
projet visant à étendre le champ de l'actuel règlement sur les appels vocaux aux SMS (prix de gros et de détail), voire aux données » si nécessaire (
voir article). De plus, elle réaffirme sa volonté de voir baisser les « frais de
terminaison d'appels », que les opérateurs se facturent entre eux, de
70 % (
voir article).
Enfin,
Viviane Reding redit son attachement à
la juste concurrence, seule garantie de
la baisse des prix et
du développpement des réseaux. Ainsi est-elle favorable, en cas d'absolue nécessité, à
la séparation des réseaux et des services des opérateurs historiques que peuvent exiger les autorités de régulation nationales. De plus, elle reste très attentive
au déploiement de la fibre optique, afin qu'il n'y ait «
ni vacance réglementaire ni nouveau monopole ». Il faut selon elle que «
l'accès au réseau des opérateurs dominants soit garanti aux concurrents ; ensuite que les prix de cet accès permettent aux opérateurs qui investissent dans la fibre optique d'avoir de la visibilité et de la sécurité juridique ».
En outre, la commissaire, en européenne convaincue qu'elle est, ne voit pas dans
la concentration des acteurs du secteur une menace pour les consommateurs mais plutôt «
la force d'un marché à dimension réellement transnationale, où plusieurs acteurs continueront de se faire concurrence. La création de tels champions sera notre réponse au choc de la globalisation ».
Viviane Reding n'en finit donc pas de rappeler
les enjeux majeurs que représente la Société de l'Information dans le monde actuel et de se battre pour que chacun
au sein de l'Union européenne ait accès aux télécommunications dans les meilleures conditions possibles. Car comme le souligne la commissaire européenne : «
Une société non connectée, c'est une société sans croissance ».
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