OVH invente la riposte graduée faite maison
Brève rédigée le 05/08/2008 à 17h57 par Stéphane Caruana
Octave Klaba, fondateur d'OVH, s'est à nouveau exprimé suite à la polémique qu'avait suscitée l'une de ses interventions de la fin de semaine dernière sur le forum d'OVH. Celui-ci annonçait en effet un durcissement drastique dans la politique de lutte contre le piratage du premier hébergeur français.
Comme nous l'évoquions hier (
voir article), le premier hébergeur français,
OVH, sous la plume de son fondateur,
Octave Klaba, a publié vendredi 1er août un post sur un des forums d'
OVH dans lequel il annonçait
la rupture du contrat et la fermeture du serveur de tout client contre lequel il recevrait une plainte pour violation du droit d'auteur, sans même vérifier la véracité de l'accusation ou laisser un chance de s'expliquer au client incriminé.
Devant le tollé que ces déclarations ont provoqué dans le monde des nouvelles technologies, l'hébergeur a tenté
d'apaiser les esprits en revenant sur les propos précédents «
compris à moitié, déformé[s] par les discutions passionnées ». Il est bien connu que tous les internautes sont des gens passionnés et irréfléchis qui comprennent les choses à moitié : ne nous attardons pas néanmoins sur cette tournure pour le moins maladroite.
Après avoir répété que la vocation de
OVH n'est pas de devenir la poubelle du net où les téléchargements illégaux se font librement – ce que personne ne réclame -,
Octave Klaba nous apprend, dans
cette nouvelle intervention, que sur 40 000 serveurs dédiés, 300 à 400 seulement pratiquent l'échange de fichiers. Quoi qu'il en soit, la pratique serait dans une phase exponentielle, ce qui expliquerait
la nécessité pour OVH de réviser sa chaîne de sanctions.
Après
les frappes à l'aveugle prônées en fin de semaine dernière, très George W. Bush style,
OVH opte à présent pour une démarche mise au goût du jour par
Christine Albanel et très en vogue sur notre territoire ces derniers temps :
la riposte graduée.
En effet, l'hébergeur envisage à présent
d'envoyer les alertes relatives à la violation du droit d'auteur qu'il reçoit
au client incriminé, puis « [a]
u bout de 3 alertes, le serveur sera suspendu avec la possibilité de récupérer les données mais la nécessité de réinstaller le système ». Enfin,
après 3 nouvelles alertes – c'est-à-dire à la sixième –
OVH suspendra le serveur et rompra le contrat, mais le client pourra toujours récupérer ses données.
On est tout de même en droit de se demander si les sanctions précédemment envisagées par l'hébergeur n'avait pas pour unique but de
créer la polémique et d'ouvrir la voie à
cette nouvelle politique, fortement inspirée par
les dispositions de la loi Hadopi. En effet, encore sous le choc de la première déclaration, les clients d'OVH accueillent la nouvelle solution sans broncher alors qu'ils ne l'auraient probablement pas acceptée en temps normal.
Source : DegroupNews
Kwentin - 05/08/2008 à 18h47
Par contre, il est vrai qu'OVH héberge depuis longtemps pas mal de sites illégaux. Sur certains, on peut voir dans le whois des adresses postales totalement bidons qu'un simple robot devrait savoir analyser et détecter. Donc quelque part, c'est qu'ils le veulent bien.
Etancarter - 05/08/2008 à 19h27
Kwentin - 05/08/2008 à 23h08