450 000 films téléchargés chaque jour via le P2P
Brève rédigée le 06/08/2008 à 17h53 par Patrick E.
Selon l’ALPA, les téléchargements illégaux de films mettraient en péril l'industrie du cinéma et de l'audiovisuel. L'association tire la sonnette d'alarme et demande des mesures d'urgence appropriées.
Après avoir surveillé les réseaux étrangers de téléchargements illégaux depuis novembre 2007 jusqu'à juin 2008, l'association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (
ALPA) indique que le phénomène a pris une telle ampleur qu'il devient urgent de prendre des mesures appropriées afin d'endiguer le phénomène.
«
Nous sommes face à un phénomène majeur qui peut mettre en péril l'industrie du cinéma et de l'audiovisuel. On ne s'attendait pas à de tels chiffres », a indiqué à l'AFP Frédéric Delacroix, délégué général de l'
ALPA.
La surveillance a porté principalement sur les 100 premiers films français et étrangers les plus piratés qui représentent à eux seuls 90 % des téléchargements. Durant la période de surveillance, c'est au mois de décembre 2007 où les téléchargements ont été les plus importants, indiquant 536.000 actes quotidiens de piratage cinématographique avec une moyenne de 450 000. Mensuellement, cela représente quelques 14 millions de téléchargements de films possédant une piste son en français.
A noter que ces chiffes seront utilisés par l'actuelle ministre de la culture,
Christine Albanel, pour le projet de loi concernant la riposte graduée à la rentrée 2008.
Sans surprise, «
Bienvenue chez les Ch'tis » est le film français ayant été le plus téléchargé dans la période de surveillance. Le film aurait été téléchargé 9 800 fois par jour en moyenne, ce qui nous permet de penser que le piratage n'a pas spécialement nuit à son énorme succès. On peut se demander jusqu'où les réseaux d'échange n'ont pas contribué à son fabuleux succès sachant que le bouche à oreille a été la plus grande publicité du film.
Evidemment, ce point de vue ne risque pas d'être partagé par
Frédéric Delacroix, directeur général de l'
ALPA qui indique que «
la piraterie des films nécessite des mesures appropriées urgentes. Le projet présenté par la ministre de la Culture peut être une solution ».
L'association ajoute que le téléchargement sur les réseaux P2P est tellement important que les serveurs P2P sont régulièrement saturés et ne répondent qu'à moins de 40% des sollicitations. Sur les millions de fichiers téléchargés mensuellement, les films américains sont les plus demandés. Le film «
Iron Man », par exemple, serait téléchargé 20 000 fois par jour en moyenne.
En parallèle de ces chiffres non vérifiables, il est bon de rappeler que le cinéma ne se porte pas si mal que cela vu que le nombre d'entrées en salle a progressé de 2,5 % en un an. De son côté, le marché du DVD a régressé de 10 %, mais cela est dû au fait que les consommateurs ont de plus en plus recours aux médias dématérialisés (VoD). Evidemment, une partie de ce pourcentage revient malgré tout au téléchargement illégal.
Reste à savoir si le projet de loi relatif à la riposte graduée est vraiment la bonne solution pour contrer le piratage ? Rien n'est moins sûr puisque la plupart des logiciels de téléchargement P2P proposent désormais l'anonymat et le cryptage SSL. Sans compter qu'il existe d'autres solutions de téléchargements rapides, sécurisées et tout aussi anonymes...
Alors que l'on parle de piratage depuis des années et que le phénomène ne fait que s'amplifier quels que soient les types de répression existants,
il parait complètement incroyable que les majors n'aient toujours pas envisagé de réfléchir à la véritable raison du problème. A savoir que tous les produits dits de culture (DVD, Blu-ray, CD, VoD...) sont tous vendus bien trop chers.
Les idées ne manquent pourtant pas, il suffit qu'elles soient entendues par les bonnes personnes.
Alors que la vie n'est pas deux fois plus chère en France qu'aux Etats-Unis, il nous semble injuste qu'un même film soit vendu deux fois plus cher dans notre pays qu'aux USA. Pour exemple, les Blu-ray « Terminator 2 » et les trois premiers « Rambo » sont vendus 9,22 euros chacun aux USA alors qu'ils coûtent 18,45 euros chacun en France.
Dans un autre ordre d'idée, les films sortent en DVD et Blu-ray trois mois après leur sortie en salle aux Etats-Unis. En pratiquant la même chronologie des médias en France, alliée à des tarifs abordables, bien des consommateurs ne seraient plus tentés d'utiliser la facilité du téléchargement illégal.

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Les définitions de:
. VOD
Mais il serait bon de prendre beaucoup de recul ce communiqué, et y voir une grosse part d'intox.
Certaines phrases n'ont-elles donc fait bondir personne ? D'où peuvent bien provenir les statistiques d'utilisation des "serveurs P2P" ? Pensez-vous vraiment que les trackers bittorrent communiquent leurs statistiques d'utilisation à l'ALPA ? Ou que Razorbak a téléphoné à Frédéric Delacroix pour lui annoncer qu'ils ne tiennent plus la charge ?
Et depuis quand le système P2P repose-t-il sur des serveurs centraux ? C'est vraiment très mal connaître ceux qu'ils sont supposés combattre de prétendre qu'un serveur P2P (Bittorrent, eDonkey, etc.) peut crouler sous les requêtes.
C'est un exemple parmi les phrases qui m'ont révolté.
Mais plus sérieusement, l'attitude de l'oie blanche faussement effarouchée de l'ALPA ("oh là là, c'est bien pire que ce que nous pensions !") est une technique connue de communication.
Et les chiffres sont tout simplement abracadabrants, non seulement sur la méthode utilisée pour les obtenir, mais surtout sur le nombre de zéros qu'ils comportent. 22 000 téléchargements par jour pour un même film, rien qu'en France ? À ce rythme-là, c'est tous les abonnés Internet qui téléchargent plusieurs fois par jour ce même fichier !
Enfin, je suis révolté par la manière dont les médias relayent aveuglément ces informations, et DegroupNews fait partie des rares médias qui ajoutent une conclusion un tant soit peu objective, voire critique.
Hoggins - 06/08/2008 à 19h21
On fait dire ce que l'on veut aux chiffres. Comparons ce qui est comparable.
Déjà le taux de change est à l'heure actuelle de 1,54-1,55$ pour 1. Donc le client américain paie 13.95$ son bluray. pour lui 1$ c'est 1$.
En plus vous prenez les sources AMAZON qui propose des prix très intéressant aux US sur certains produits (nouveautés, ...). Il serait intéressant de regarder le prix proposé au WAL-MART par exemple...
Après on peut faire une analyse inverse en comparant les prix des centaines de DVD en france qui sont proposés à une dixaine d'euros seulement quelques mois après leur sortie. Là la comparaison ne serait plus la même.
Certes les prix des video sont un peu plus cher en europe (je dit europe car on a toujours tendance à résumer cela à la france alors que c'est loin d'être le cas) qu'aux US. Mais le marché n'est pas le même.
Et puis si l'herbe est si verte làbas allez y vivre, mais en plus des avantages il faudra également adhérer aux inconvénients, ceux qui connaissent savent de quoi je veux parler...
Perso je pense qu'il faudrait ramener le débat plus vers les délais de sortie en video, là dessus il y a de quoi faire.
Mais de toutes façons certains continueront de télécharger, même si demain la place de ciné était à 2 et le bluray à 10. Car ces personnes on pris le pli du tout gratuit. Pour le prix d'un accès internet (et le moins cher d'europe en gros) certains se sentent le droit de tout prendre gratuitement, et des prétextes et les excuses y en a plein leur musette...
Valmen
valmen - 07/08/2008 à 09h34
hellphone - 07/08/2008 à 13h52
Une des plus grandes duplicités de ce type de statistiques consiste à chiffrer le manque à gagner des producteurs (j'utilise producteurs pour englober l'ensemble des bénéficiaires du secteur commercial médiatique). Tout le système repose sur l'énorme tromperie qui consiste à affirmer qu'un article médiatique piraté est un article non vendu. D'une part, traditionnellement, on sait que l'achat légal n'est pas du tout substitutif de la contre-façon (sinon Rolex et Dior croulerait sous les commandes dès que quelques contrôles sérieux auraient lieu), mais qu'en plus, c'est exactement le contraire qui peut se produire, le film "Bienvenu chez les C'this" le démontrant.
Pour le cinéma, la concurrence parfaitement légale de la Télévision a été autrement plus destructrice que toute forme de piratage à partir de la fin des années 70, et si le cinéma français s'est maintenu, cas presque unique en Europe, ce ne sont pas par des mesures anti-piratage, mais par la mise en place d'un système économique de l'exception.
JM
www.desphots.net
ripadessa - 07/08/2008 à 18h36