France Télévisions contre-attaque
Brève rédigée le 06/08/2008 à 17h13 par Stéphane C.
France Télévisions veut couper court à la rumeur persistante, et sciemment entretenue à la tête de l'Elysée, qui prétend que les programmes des chaînes privées et publiques seraient identiques. Ainsi, temps d'antenne et site web de la holding sont mis à contribution pour affirmer clairement l'originalité des programmes du service public.
Prise de court par la volonté présidentielle
de supprimer la publicité sur le service audiovisuel public, la direction de
France Télévisions a connu un début d'année 2008
sous tension. Plus que la suppression de la publicité des chaînes de TV publique en tant que telle - bien que la décision n'ait pas été prise de concert avec les professionnels de l'audiovisuel public - , ce sont
les arguments avancés pour justifier une telle décision qui ont choqué les employés de
France Télévisions.
Il existe évidemment
une vive inquiétude qui traverse tous les corps de métiers de l'audiovisuel concernant
l'avenir économique de la télévision publique, qui va se trouver
rapidement privée (suppression de la publicité après 20h dès 2009, puis disparition totale des écrans en décembre 2011)
d'une manne financière importante. De plus,
la commission Copé chargée d'apporter de nouvelles solutions (
voir article) au financement de la télévision publique a rendu
un travail que peu jugent satisfaisant et adapté (
voir article).
Mais ce qui a véritablement créé
le climat d'animosité généralisée que l'on connait actuellement, c'est
la constance avec laquelle le Président de la République a répété que
les programmes des chaînes publiques ne se différenciaient pas de ceux des chaînes privées. Lorsqu'il l'a à nouveau affirmé le 30 juin dernier sur le plateau de France 3, cinq jours après la remise du rapport de la commission Copé, dans une ambiance des plus électriques,
Patrick de Carolis, président de
France Télévisions, resté jusque là plutôt discret,
est sorti de ses gonds : «
Je trouve cela faux, je trouve cela stupide, et je trouve cela injuste », a-t-il alors déclaré.
S'étant attiré les foudres de la droite bien-pensante pour avoir contredit le Président de la République, Carolis a visiblement changé de stratégie et délaissé l'attaque frontale au profit de
la campagne de communication.
Ainsi le groupe audiovisuel va diffuser
en boucle, jusqu'à fin août,
21 clips réalisés en interne et estampillés «
France Télévisions, le choix de la différence », afin de
promouvoir l'originalité des magazines, des documentaires, des fictions et des contenus culturels proposés par les chaînes du groupe.
En outre, en digne entreprise de
l'ère de la convergence,
France Télévisions a refondu l'intégralité de son
site web, jusqu'alors peu engageant. Le nouveau portail de la holding mise résolument
sur la pédagogie et la transparence. Ainsi, le groupe communique sur ses activités annexes, rappelle stratégiquement que
4 Français sur 10 suivent ses programmes, publie ses choix déontologiques : en un mot, se démarque des chaînes de TV privée.
Officiellement, l'unique cible de
cette vaste campagne est le public – pourtant plutôt
clairsemé au mois d'août bien que l'audience bénéficie cette année d'un pic exceptionnel en raison des JO. Cependant, les spots ne manqueront sûrement pas d'être apprécié
dans la villa du Cap Nègre, notamment celui de l'émission de
Frédéric Taddéi, l'insoumise «
Ce soir ou jamais », intrônisée «
lieu où on ne cherche pas à vous dire quoi penser ». Que les hostilités commencent.
Il n'y a aucun commentaire.