Les blogs militaires inquiètent les états-majors
Brève rédigée le 19/08/2008 à 17h26 par Stéphane Caruana
Relativement confidentiels en France, les blogs de militaires (ou milblogs) posent néanmoins problème à la Grande Muette. Une directive du chef d'état-major de l'armée de terre rappelle donc aux soldats les dangers de la divulgation d'informations confidentielles. Faut-il également y voir une tentative d'empêcher les militaires français de se plaindre ?
Etant donné
la nature particulière de leurs activités, les militaires français sont soumis à
un devoir de réserve. Cependant, théoriquement, cela ne signifie pas que les soldats n'ont pas
le droit de s'exprimer. Ainsi, depuis le 1er juillet 2005, les paramètres qui régissent
le droit d'expression des soldats ont été élargis.
Néanmoins le commandement conserve
la main mise sur l'expression de ses troupes puisque «
l'usage de moyens de communication et d’information, quels qu’ils soient, peut être restreint ou interdit pour assurer la protection des militaires en opération, l’exécution de leur mission ou la sécurité des activités militaires ». Les blogs militaires et leurs auteurs tombent donc
sous le coup de ce règlement.
Ainsi, alors qu'
un rapport de 2007 soulignait
la relative confidentialité des blogs de militaires français en comparaison des milblogs américains,
Le Monde nous apprend qu'
une directive émanant de l'état-major de l'armée de terre vise «
à sensibiliser l'ensemble du personnel de l'armée de terre aux dangers de la divulgation d'informations relatives aux opérations militaires ».
En effet,
les nombreuses photos et vidéos des installations militaires, qui composent
la majorité des milblogs français représenteraient
un danger potentiel pour la sécurité des personnels et des sites. Pourtant, pour la plupart des soldats tenant un blog, il s'agit avant tout
de conserver un lien avec leurs proches lors des OPEX (opérations extérieures), par le récit de leurs activités quotidiennes.
Contrairement aux blogs militaires US, les pages web des soldats français sont
peu politisées. Le rapport de 2007 met d'ailleurs l'accent sur
le peu de commentaires négatifs envers l'armée ou le commandement. La directive de l'état-major de l'armée de terre, rappelant aux soldats qu'ils sont surveillés et passibles de poursuites, intervient donc
sans raison apparente. A moins que
la réforme des armées en cours ne fasse craindre au gouvernement
une recrudescence des témoignages sur les conditions de travail des militaires français, qu'une menace de sanctions étoufferait dans l'oeuf.
Cet élargissement date de 2005. C'était sous la présidence de J. Chirac qui aimait notre Armée et lui apportait son soutien.
Tout est dit semble-t-il...
biloka - 19/08/2008 à 19h30