Pas assez d'argent pour la fibre chez Telecom Italia
Brève rédigée le 18/09/2008 à 12h17 par Stéphane Caruana
Le groupe de télécommunications Telecom Italia, endetté à hauteur de 37 milliards d'euros, n'a pas, dans l'état actuel des choses, les moyens d'investir dans un réseau de fibre optique en Italie.
Le président de l'
AGCOM (Autorità per la Garanzie nelle Comunicazioni), l'
autorité de régulation italienne, estime qu'il faudrait investir
de 8 à 15 milliards d'euros pour bâtir
un réseau très haut débit en fibre optique sur la péninsule transalpine.
Au vu de la situation financière du premier opérateur italien, qui croule sous
37 milliards de dettes, le président de l'
autorité de régulation,
Corrado Calabro, ne croit pas que
Telecom Italia ait les moyens de «
consacrer les sommes nécessaires aux investissements » et appelle les pouvoirs publics à se montrer d'une extrême vigilance sur le sujet.
En effet, la crise financière que traverse actuellement
Telecom Italia alimente abondamment les colonnes des journaux italiens. Le bruit a couru dernièrement que le groupe pourrait
abandonner ses activités de téléphonie mobile. Dans son édition du 16 septembre,
la Repubblica annonçait avoir eu vent d'
une séparation totale de ses activités réseau.
Cette mesure, appelée «
spin-off », consisterait à transformer l'infrastructure
en une société filialisée, dans laquelle pourrait entrer de nouveaux investisseurs, et notamment
des investisseurs institutionnels. Elle se différencierait en cela de la création de la filiale
Open Access, qui n'impliquait qu'une séparation des activités du groupe en interne, sans faire appel à de nouveaux capitaux extérieurs (
voir article).
Néanmoins, le groupe de télécommunications italien a démenti par communiqué de presse toutes ces rumeurs, les qualifiant de «
spéculations journalistiques ». La direction de
Telecom Italia devrait se réunir le 25 septembre prochain et
le nouveau plan industriel du groupe ne sera pas dévoilé avant la fin de l'année.
Malgré les récriminations de
Telecom Italia, le bilan du premier semestre 2008 laissait déjà paraître
une situation délicate, sinon alarmante (
voir article). Les mauvais chiffres du groupe en Italie impactent directement
ses activités internationales. Ainsi, après avoir vendu
Telecom Italia France à
Iliad, le groupe devrait se séparer de
sa filiale allemande (
voir article) alors que
TIM au Brésil connaît un réel ralentissement de croissance.
Dans ce contexte de
perte de vitesse généralisée, il est en effet difficile d'imaginer que l'opérateur soit en mesure de déployer
un réseau FTTH.
Bref c'est beau de voir ce qui se passe aileurs mais il serait bon de regarder ce qui se passe ici aussi!
groumph - 18/09/2008 à 16h20