Les collectivités territoriales indispensables au numérique
Brève rédigée le 18/09/2008 à 17h37 par Stéphane Caruana
La réunion plénière du Comité des Réseaux d'Initiative Publique (CRIP) a été l'occasion pour le président de l'ARCEP, Paul Champsaur, de faire le point sur le rôle des collectivités territoriales dans l'aménagement numérique du territoire.
Le
CRIP est une structure mise en place fin 2004 par l'
ARCEP pour permettre le dialogue entre les collectivités territoriales et les opérateurs.
Sur la période 2007/2008, les collectivités territoriales ont mis sur pied
102 projets d'aménagement numérique du territoire, dont 85 projets majeurs, concernant chacun
plus de 60 000 habitants. C'est dire
le rôle primordial qu'elles jouent à différents niveaux du développement numérique français.
Paul Champsaur, président de l'
ARCEP, a été invité à s'exprimer lors de la réunion plénière du CRIP qui s'est tenue le 17 septembre dernier. Il a ainsi dressé le bilan de l'année écoulée en termes d'avancée du numérique en France, en grande partie facilitée par les actions des collectivités territoriales.
La mise en place des conditions de déploiement du très haut débit :
Afin de faciliter
le déploiement de réseaux FTTH, il apparait impératif de
réduire le coût du génie civil et de
mutualiser la partie terminale des réseaux.
Un premier pas a été fait avec la proposition par
France Télécom d'une offre qui permet à chaque opérateur de tirer la fibre dans les
fourreaux de l'opérateur historique. Cependant, cette offre est encore incomplète pour le moment.
En ce qui concerne
la mutualisation, l'
ARCEP s'estime satisfaite des dispositions de la loi de modernisation de l'économie (LME), qui offre
un cadre juridique jugé « approprié » pour une mise en oeuvre de la mutualisation par les opérateurs sous l'égide du régulateur. Au vu
des derniers remous dans l'actualité de la fibre optique et la dernière annonce d'
Orange (
voir article), l'appréciation de l'
ARCEP semble bien isolée.
Néanmoins, la consultation publique sur la mutualisation a mis à jour la nécessité «
de différencier la localisation du point de mutualisation en fonction des caractéristiques et de la densité de la zone d'habitat ». Le déploiement sur la partie terminale se fera donc
en deux étapes : tout d'abord en fonction des accords passés entre les opérateurs sur les conditions de mutualisation dans des zones limitées, puis suivant le cadre global défini par l'
ARCEP.
En outre, l'intervention des collectivités territoriales jouent un rôle majeur dans le déploiement du
FTTH (
voir article) :
- en définissant une stratégie d'aménagement de leur domaine public en faveur du déploiement des réseaux (études de piquetage, mise en place de guichets uniques, autorisation du recours au génie civil allégé ...),
- en mettant à la disposition des opérateurs les infrastructures de base (fourreaux, chambres de génie civil, locaux techniques ...),
- en installant systématiquement des fourreaux de réserve lors de travaux de voirie.
Action déterminante des collectivités pour la couverture du territoire et la montée en débit :
A l'heure actuelle,
98 % de la population a accès au haut
débit. Avec
15,8 millions d'accès ADSL dont plus de la moitié en
dégroupage, le taux de connexion de la France est parmi les plus élevé d'Europe.
Néanmoins, les zones blanches du haut
débit, que le gouvernement s'est engagé à résorber d'ici 2012, représentent
environ 2 % des accès soit 500 000 lignes. Or les opérateurs n'ont ni d'obligation, ni d'intérêt économique à couvrir ces zones.
Ici encore, l'implication des collectivités est primordiale. Ainsi,
3 grandes solutions se présentent à elles afin de résorber les dernières zones blanches : l'extension de l'
ADSL grâce aux
NRA-ZO (
voir article), le développement du
WiMAX qui connait un retard conséquent (
voir article) ou bien
l'offre satellitaire dont le coût des terminaux est subventionné par certaines collectivités (
voir article).
Source : DegroupNews
Il n'y a aucun commentaire.