Le Troll de la semaine : Pascal Rogard, directeur de la SACD
Brève rédigée le 04/10/2008 à 11h39 par Charles P.
Suite à l’amendement 138 voté au Parlement européen (lire article ici), les différents défenseurs de l’Hadopi montent au créneau, pour le meilleur et pour le pire… Pascal Rogard, DG de la SACD, a choisi son camp.
Le directeur général de la
SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques) réagit sur
son blog au discours tenu par
Guy Bono lors d’un chat sur le site du
Monde.
Pascal Rogard nous fait découvrir sa verve piquante mais légèrement poilue. Via un billet intitulé
« Délire Paranoïaque », il nous situe les propos tenus par Guy Bono :
« Interrogé sur un chat du journal ''le monde'' le député européen Guy Bono qui n’a rien à voir avec le chanteur de U2 explique pourquoi selon lui le gouvernement français défend le projet de loi ''création et internet''. »
L’allusion au chanteur
Bono témoigne déjà d’un humour décapant mais annonce que l'intervention du directeur de la
SACD, institution pourtant sérieuse, sera placée sous le signe du calembour facile et caricatural.
Guy Bono s’était donc exprimé sur les raisons qui poussent le gouvernement à faire passer en force la loi
« Création et Internet ». Selon le député européen, il y a deux explications :
« La première qui me vient à l’esprit : je me demande si le gouvernement ne cherche pas, avec cette loi et l’autorité Hadopi, à généraliser la récolte d’informations et également le fichage des internautes. […] Il y a probablement une deuxième raison : la protection des grandes industries du disque. Ce sont à mon sens les deux raisons essentielles, et ce qui me désole, c’est que cela se fait sur le dos des créateurs en disant que c’est pour les protéger, alors qu’on sait pertinemment que ce n’est pas le cas. »
Le député européen déplore donc un manque de transparence autour d’Hadopi et pense que le gouvernement se cache sous de faux prétextes pour banaliser la surveillance des réseaux. Ces propos ont fait bondir Pascal Rogard. Malheureusement, au lieu de contredire Guy Bono sur les intentions du projet de loi, le directeur général de la
SACD s’enfonce dans la mauvaise foi avec une attaque ad hominem (nous avons gardé les liens originaux que Pascal Rogard a glissé dans son texte car ils nous semblent plutôt pertinents pour cette rubrique) :
« La première explication ne souffre aucune discussion et relève simplement d’un bon traitement psychiatrique adapté au délire paranoïaque et à cette forme particulière dite du délire en réseau.
Quant à la deuxième qui vise à opposer créateurs que l’on soutient par de belles paroles et de fausses promesses aux ignobles marchands qui les exploitent, elle relève d’un discours politicien en phase avec les moeurs du temps. »
Pascal Rogard nous livre donc son diagnostic :
Guy Bono serait atteint d’un délire de persécution, répandant la théorie du complot dans les médias à propos d’une loi défendant les puissantes majors. Visiblement le directeur de la
SACD semble plus à l'aise en expert médical de comptoir (avec liens à l'appui) qu'en défenseur objectif d'un projet de loi qui sème le doute partout où il passe. La loi
« Création et Internet » devrait certainement mieux choisir ses alliés.
tinmar - 04/10/2008 à 16h21