Balladur veut conserver la publicité sur la télévision publique
Brève rédigée le 13/10/2008 à 12h51 par Stéphane C.
Edouard Balladur, invité dimanche de l'émission « Dimanche Soir Politique » réalisée pour France Inter et i-Télé, a proposé que la suppression de la publicité sur les chaînes de télévision publique soit provisoirement suspendue.
La crise financière perturbe légèrement – ce qui est bien normal - l'actualité des médias et des télécommunications. Ainsi, l'Elysée a fait savoir que
Nicolas Sarkozy repousse d'une semaine la présentation du «
Plan de développement numérique » qui devait être dévoilé ce matin (
voir article) afin de préparer les conclusions du Sommet des Etats de la zone euro.
Néanmoins, l'impact de la crise économique sur la politique du gouvernement en matière de médias et de télécommunications pourrait avoir
des conséquences plus importantes que le simple report d'une conférence de presse.
Dimanche soir, sur les antennes de
France Inter et de
i-Télé,
Edouard Balladur, ancien Premier Ministre, a en effet
remis en cause la suppression de la publicité sur les chaînes de télévision publique. Il faudrait selon lui «
à titre provisoire en tout cas, suspendre la suppression de la publicité sur les chaînes publiques de télévision, ce qui dispenserait l'Etat de les aider ». Il s'agirait alors d'une «
période de transition » d'un an ou deux où l'argent censément alloué à la télévision publique afin
de compenser le manque à gagner des recettes publicitaires – 450 millions d'euros pour le budget de 2009 (
voir article) – servirait
à financer le RSA.
D'après
Edouard Balladur, cela ne remet pas en cause
la globalité de la réforme de l'audiovisuel public, qui pourrait très bien être engagée
sans son volet concernant la suppression de la publicité et les nouvelles sources de financement des chaînes publiques. Cela serait une manière de «
montrer aux Français » que l'Etat «
s'adapte aux circonstances ».
Ce matin, invité de la «
Matinale » de
Canal +,
Dominique de Villepin a apporté son soutien à cette idée «
pleine d'inspiration » et se dit «
convaincu que c'est du bon sens ». Il va même plus loin que Balladur en demandant à ce que l'on revienne sur «
ce qui était une mauvaise idée » qui «
stérilisait les recettes des télévisions publiques ».
Le report d'un ou deux ans – sinon
l'abandon définitif – de la suppression de la publicité sur les chaînes de télévision publique éviterait également de mettre en place
une nouvelle taxe sur les opérateurs de téléphonie et d'Internet à un moment critique pour l'économie. En effet, Bruxelles avait déjà dit combien il lui semblait
préjudiciable de taxer ce vecteur de croissance qu'est l'économie numérique (
voir article). La crise financière rend cet argument
plus percutant encore et le gouvernement français ne pourra sans doute pas faire l'impasse sur
un réajustement budgétaire, à la lecture des événements mondiaux récents.

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tofoo93 - 13/10/2008 à 13h01