Compromis difficile autour du paquet télécoms européen
Brève rédigée le 21/11/2008 à 12h31 par Stéphane C.
Ni Bruxelles ni Paris ne cachent leurs doutes quant à la possibilité de trouver un compromis autour du « paquet télécoms » européen qui aurait dû être entériné en Conseil européen le 27 novembre prochain.
Les discussions à propos du «
paquet télécoms », dont devrait se doter l'
Union européenne, ont fait émerger de
nombreuses divergences entre les parlementaires européens, la Commission européenne et les 27 Etats membres.
Globalement, les propositions de
Viviane Reding, commissaire européenne en charge de la Société de l'Information, sur
la baisse des tarifs de roaming (
voir article) et sur
la modification des conditions de portabilité des numéros de mobiles (
voir article) ont été bien accueillies.
Là où le bât blesse, c'est au sujet de la constitution d
'une autorité de régulation européenne et des modalités de
répression à mettre en place pour faire face au
téléchargement illégal.
En effet, la Commission européenne n'a jamais caché sa volonté de créer
un régulateur des télécommunications au niveau communautaire, qui aurait eu
un droit de veto sur les autorités nationales (l'
ARCEP pour la France, par exemple). A contrario, les eurodéputés préfèrent la solution soutenue par
Pilar Del Castillo et
Catherine Trautmann de créer
un groupe des régulateurs européens aux pouvoirs étendus appelé BERT (Body of European Regulators in Telecommunications). (
voir article)
En outre, les dissensions sont grandes
entre la France et le Parlement européen à propos de
l'amendement 138, qui contrecarre la mise en place de l'
Hadopi prévue dans le fameux projet de loi «
Création et Internet » (
voir article).
La Présidence de l'Union européenne étant actuellement assurée par la France, c'est à
Luc Chatel, secrétaire d'Etat en charge de la Consommation et de l'Industrie, que revient le rôle de présider
le Conseil européen du 27 novembre prochain, où les représentants des Etats membres tenteront de s'entendre à propos du «
paquet télécoms ».
Or, avant même que les négociations ne commencent, l'entourage de Chatel fait preuve d'
un pessimisme plombant : «
Tout peut encore évoluer dans les derniers jours, mais, à ce stade, la probabilité d'un échec est loin d'être négligeable ». Du côté de la Commission européenne, l'optimisme n'est pas plus grand.
Viviane Reding est effectivement opposée au projet de compromis soumis par la France, qui ne prend notamment pas en compte
l'amendement 138 qui a pourtant remporté
88 % des suffrages du Parlement européen.
Si aucune solution n'était apportée lors du Conseil européen, l'adoption du texte pourrait être
reportée au deuxième semestre 2009, lorsque la Suède assurera la Présidence de l'Union européenne. On fait cependant valoir, au Secrétariat d'Etat à la Consommation et à l'Industrie, qu'un rejet du texte serait «
aberrant » car, dans le contexte économique actuel, «
les technologies de l'information contribuent au quart de la croissance européenne ».
Sous la menace de récession, il n'est pas évident que
les 27 Etats membres puissent se priver du dynamisme des télécommunications faute d'accords. La France sera-t-elle
prête à sacrifier la riposte graduée ?

News en relation:
L'exemple type est concernant la riposte graduée pour qui c'est une atteinte à la liberté alors que le téléchargement illégal est pourtant comme son nom l'indique "illégal".
Ce paquet telecom n'est pas à prendre à la légère et il est préférable que le texte soit reporté au deuxième semestre 2009 afin de prendre les meilleures décisions possibles et ne pas foncer tête baissée.
tho59000 - 21/11/2008 à 12h55
1) QUELS seront les pouvoirs du "BERT" , par rapport au "Régulateur"
que veut installer la Comm. Européenne ?
(perte du droit véto ?, ce N'EST pas précisé )
2) SI c'est le cas ? ; ce N'EST PLUS LA PEINE, il NE servira PLUS à rien, (vidé de sa substance)
chaque État fera comme ça l'arrangera
abominable - 21/11/2008 à 15h22
Le 21 novembre 2008 - 15 h 22, abominable a écrit :
salut
1) QUELS seront les pouvoirs du "BERT" , par rapport au "Régulateur"
que veut installer la Comm. Européenne ?
(perte du droit véto ?, ce N'EST pas précisé )
2) SI c'est le cas ? ; ce N'EST PLUS LA PEINE, il NE servira PLUS à rien, (vidé de sa substance)
chaque États fera comme ça l'arrangera
Le BERT n'aura pas de droit de veto, en effet, mais il n'est pas pour autant dénué de tout pouvoir. Pour plus d'informations, il est possible de se référer aux précédents articles que nous avions consacrés au sujet http://www.degroupnews.com/actualite/n2897-le-bert-plebiscite-par-les-euro-deputes.html et http://www.degroupnews.com/actualite/n2660-une-alt(...)
stephaneC - 21/11/2008 à 17h10