La justice ne reconnait pas de droit à la copie privée
Article rédigé le 09/12/2008 à 17h27 par Stéphane Caruana
L'affaire relative au dispositif anti-copie qui rendait impossible la lecture d'un CD, opposant un consommateur et l'UFC-Que Choisir à Warner Music France et la Fnac depuis 5 ans, vient d'être tranchée. Rien de très rassurant.
Un consommateur, soutenu par l'association
UFC-Que Choisir, avait attaqué en 2003
Warner Music France et la
Fnac au nom du
droit à la copie privée car il ne parvenait pas
à lire ni à copier sur son ordinateur l'album
Testify de
Phil Collins qu'il venait de s'offrir.
En janvier 2006, le Tribunal de Grande Instance de Paris avait
interdit à Warner d'avoir à nouveau recours à un verrou numérique sur cet album. Cependant, les accusés avaient fait appel et, en juin 2007, la
Cour d'appel avait
cassé le premier jugement.
Non seulement, le consommateur n'avait pu prouvé que
le problème de lecture ne provenait pas de son ordinateur, mais il était
bien indiqué sur le CD qu'il contenait un dispositif anti-copie. Enfin,
la Cour d'appel ne reconnaissait pas la copie privée comme un droit.
Le 27 novembre 2008, la
Cour de cassation a finalement rendu
un verdict définitif en donnant raison à la Cour d'appel. En effet, les ayants-droit ont tout à fait
le droit de protéger leurs oeuvres, même si cela empêche l'utilisation du produit. Par contre, la copie privée est
une exception consentie, mais il ne peut s'agir
d'un droit opposable.
Tout d'abord, une telle décision de justice relance
le débat du bien-fondé de la taxe pour la copie privée (
voir article). Pourquoi payer cette taxe incluse dans le prix des supports numériques (CD, disque dur ...) si les ayants-droit ont par la suite la possibilité d'empêcher toute copie ?
En outre, ce jugement devrait sans doute
interpeller le secrétaire d'Etat en charge du développement de l'économie numérique, qui appelait de ses voeux en juillet dernier à
une révision du mode de fonctionnement de la commission en charge du calcul de la taxe pour la copie privée, dite
Commission d'Albis (
voir article().
Enfin, une décision si favorable aux ayants-droit et au maintien des verrous numériques a de quoi susciter
l'émoi en cette période de riposte graduée et d'Hadopi.
L'abolition des dispositifs anti-copie promise par la Ministre de la Culture et de la Communication, en contrepartie de l'adoption de la loi « Création et Internet », même repoussée aux ides de Mars (
voir article), résonne de manière
bien creuse à présent.
En
l'absence de toute obligation explicite faite aux majors d'abandonner les verrous numériques, qui pourra garantir aux consommateurs
le simple droit d'écouter ou de visionner l'oeuvre achetée ? «
Think twice », comme dirait Phil.
n'est ce pas là du blé dépensé au lieu de le redistribuer aux artistes?
ce blé pourrait aussi servir dans le marketing de TOUT les artistes et non, comme c'est le cas actuellement, gradué selon l'importance des ventes. Un artiste X auteur compositeur interprète à plus de mérite qu'un Mr optic 2000 qui n'est que interprète.
lyonel - 09/12/2008 à 18h13
Par contre les verrous c'est assez vieux maintenant, et il n'y a plus de problème pour mettre son album sur son ordinateur ou son MP3, j'ai pu le vérifier avec mes derniers achats.
Et pour finir bon exemple de la lenteur de la Justice.
tho59000 - 10/12/2008 à 11h37
c'est "ayant-droits" ne pouront pas gagner les pirates trouveront toujour une solution contre eux et de-plus ce n'est pas quelques centaines de riches qui viendront à bout de dizaines de millions de classes moyennes si il le faut ça ce règlera par la force
ALRBP - 10/12/2008 à 16h06