Déploiement du FTTH : Orange crève l'abcès et tape sur Free
Article rédigé le 11/12/2008 à 16h14 par Stéphane C.
Les propos tenus par Paul Champsaur, président de l'ARCEP, dans Challenges ont amené Orange à sortir de sa réserve et à exposer le différend qui l'oppose à Free au sujet du déploiement de la fibre optique.
Dans une interview accordée au magazine
Challenges,
Paul Champsaur, encore président de l'
ARCEP jusqu'au 1er janvier 2009,
accuse clairement Orange de bloquer le déploiement vertical de la fibre.
Selon
Paul Champsaur, le différend qui oppose
Free à
Orange et
SFR au sujet de la technologie à adopter (mono ou multi-fibre) pourrait être simplement dépassé : «
Nous proposons de tester un compromis au surcoût minime et préservant la liberté des choix techniques: la pose de fibres en surnombre. Je m'interroge donc sur les raisons du blocage depuis l'été, par l'opérateur historique, des discussions sur le câblage terminal. Alors que tous les opérateurs avancent vite en sous-sol -plus de 3 millions de foyers ont la fibre dans leur rue- ce blocage entretenu freine le branchement effectif des domiciles. ».
La fin de son mandat approchant, le président de l'
ARCEP adopte
une liberté de ton qui n'est pas franchement du goût d'
Orange. Dans un communiqué de presse, l'opérateur historique se défend d'entretenir quelque blocage que ce soit : «
A la demande de l’ARCEP, France Télécom a négocié avec ses concurrents de manière pragmatique et ouverte un schéma d’expérimentation n’excluant aucune architecture technologique ni aucune solution de fibrage vertical (c’est-à-dire au sein des immeubles) et permettant en toute hypothèse au consommateur de choisir librement son opérateur. ».
L'étonnement d'
Orange est d'autant plus grand que
l'ARCEP a salué l'accord passé avec SFR au sujet de la mutualisation des réseaux FTTH (
voir article).
Se voyant ainsi
mis au banc des accusés alors qu'il tente des expérimentations qui visent «
comme le souhaitait l’ARCEP, à établir clairement les données opérationnelles, financières et juridiques des deux solutions envisagées pour le fibrage vertical »,
Orange pointe du doigt la mauvaise volonté dont fait preuve Free.
En effet, l'opérateur alternatif a
vivement critiqué l'accord signé par Orange et SFR et, alors qu'il exige que la technologie multi-fibre soit adoptée pour le déploiement vertical de la fibre, il
refuse obstinément de prendre part aux tests grandeur nature préalables à une telle décision (
voir article).
Selon
Orange, «
Free bloque ainsi la mise en oeuvre d’un accord général sur la mutualisation du fibrage vertical, préalable indispensable au déploiement à grande échelle de la fibre. ». L'opérateur historique tente d'ailleurs de démontrer sa bonne foi en rappelant que «
Free a pu raccorder sans difficulté ses clients dans des immeubles fibrés par Orange selon la solution monofibre, ce qui confirme que cette solution est compatible tant avec le choix technologique d’Orange (architecture GPON, la plus répandue en Asie et aux États-Unis) qu’avec la solution (point à point) que privilégie Free ».
De plus, l'opérateur historique dénonce une fois encore
le manque de clarté du cadre juridique du futur marché du très haut
débit et demande à l'
ARCEP de définir les règles du jeu (
voir article).
Cette demande de
régulation plus stricte intervient le jour où le secrétaire d'Etat à l'Industrie et à la Consommation,
Luc Chatel, exige que «
l'ARCEP veille à accélérer les discussions entre opérateurs pour mettre au point les modalités techniques des déploiements d'envergure, notamment dans les immeubles ». Le gouvernement craint en effet que
l'objectif de 4 millions d'abonnés au très haut débit d'ici à 2012 qu'il s'est fixé ait peu de chances d'être atteint dans de telles conditions.
Dans
ce climat de plus en plus tendu, où chaque opérateur s'obstine
à bloquer le déploiement FTTH des autres, les chances d'aboutir à
un accord global semblent bien minces. Si la France ne veut pas devenir
la lanterne rouge du très haut débit en Europe, le gouvernement et le régulateur vont devoir durcir le ton face aux enfantillages des opérateurs.
Source : DegroupNews

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L'Arcep n'est même pas foutue de définir les règles du jeu.
Il ne faut pas s'étonner alors que chacun avance ses pions le plus lentement possible, histoire de ne pas se retrouver avec des investissements lourds rendus caducs par une décision tardive du régulateur...
billfouine - 11/12/2008 à 19h13
en espérant qu'orange n'impose pas son incompétence
Laskii - 11/12/2008 à 19h46
Le Gpon n'est pas mutualisable, ce serait le retour de l'ipadsl...
On ne peut pas reprocher a orange de trainer les pieds comme ils l'ont fait pour le degroupage et le fibrage horinzontal, c'est une entreprise qui veut tirer le maximum d'argent de la boucle locale, au gouvernement de prendre ses responsabilités...
niklic - 12/12/2008 à 00h16
Le 11 décembre 2008 - 19 h 46, Laskii a écrit :
vu que je suis anti-GPON je suis donc forcé de devenir anti-orange
en espérant qu'orange n'impose pas son incompétence
???
Il n'y a pas de mutualisation du réseau horizontal prévue, que ce soit en P2P ou en GPON.
Seule la partie verticale est prévue de l'être.
Faut arrêter de dire n'importe quoi ...
billfouine - 12/12/2008 à 09h19
groumf - 12/12/2008 à 10h11