Création et Internet en mars : Sarkozy tire de vieilles ficelles
Brève rédigée le 03/02/2009 à 11h07 par Stéphane Caruana
Sarkozy s'accroche au calendrier et tente de rassurer le monde de la musique et du cinéma en affirmant que la loi Création et Internet sera adoptée en mars par les parlementaires.
Nicolas Sarkozy installait lundi dernier
le Conseil de la création artistique, confié au producteur de cinéma
Marin Karmitz.
A cette occasion, et en présence de
Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, le Président de la République a promis que la loi
Création et Internet serait définitivement votée
en mars prochain.
Au cours de son discours,
Nicolas Sarkozy a usé
des ficelles habituelles, évoquant
le pillage des droits d'auteur qui mettait à mal
tout le processus de la création et comparant le web à «
une jungle sauvage ».
Cependant, l'expression la plus révélatrice du chef de l'Etat a été
le parallèle entre le téléchargement illégal et le vol à la tire : «
je n'ai pas été élu pour laisser voler au supermarché ». En évoquant la grande distribution,
Nicolas Sarkozy valide
la stratégie commerciale des majors - consistant à vendre des disques comme des produits de consommation standards - qui a conduit à la désastreuse situation actuelle.
En outre, il prouve qu'aucune réflexion n'est menée de la part du gouvernement pour mettre sur pied
de nouveaux modèles économiques propres à Internet, mais bien qu'il s'agit d'appliquer le système marchand actuel au web, sans prendre en compte les spécificités de l'outil.
Cette déclaration devrait donc
rassurer les ayants-droit qui appellent de leurs voeux l'instauration de la riposte graduée.
L'Irlande ayant ouvert la voie, les lobbyistes ayant accompli leur mission, les parlementaires devraient obéir au Président de la République et
valider le texte en mars. A moins qu'une contestation nouvelle ne se fasse entendre depuis Strasbourg ou Bruxelles.
le Prés. montre "le bon exemple", en refusant d'appliquer le vote
de Strasbourg !
(rappel : Hadopi rejetéé à 80%)
abominable - 03/02/2009 à 11h34
La réponse uniquement parce que Sarko défend ce projet. Car reprendre les comparaisons ridicules de notre bon vieux président et en déduire que c'est le fait que les majors ne font que de la soupe commerciale. Stop!
On oublie un peu trop que le marché de la musique c'est aussi des Indépendants.
tho59000 - 03/02/2009 à 13h16
Le 03 février 2009 - 13 h 16, tho59000 a écrit :
Pourquoi attaquer l'idée d'une mise en place de projet protégeant le droit d'auteur ?
La réponse uniquement parce que Sarko défend ce projet. Car reprendre les comparaisons ridicules de notre bon vieux président et en déduire que c'est le fait que les majors ne font que de la soupe commerciale. Stop!
On oublie un peu trop que le marché de la musique c'est aussi des Indépendants.
Parce qu'elle ne protège pas les droits d'auteurs, mais les moyens d'assurer leurs revenus au majors...
Et ces compagnies n'en ont rien à cirer du droit d'auteur. C'est leur revenus qu'elles cherchent à protéger.
L'exemple de l'iTunes Store, où les majors écoulent désormais une grosse (majeure ?) partie de leurs titres (en oubliant systématiquement ces chiffres lorsqu'elles présentent leurs ventes soit disant en baisse, puisqu'elle ne parlent à chaque fois que de ventes sur CD) est un exemple frappant. N'ayant plus le pouvoir total sur leurs produits, ils ont tenté par des tas de moyens (très couteux... mais çà ils n'en parleront pas), de mettre à bas l'iTMS et son pouvoir d'attraction.
Le problème étant que les politiques sont très proches des hommes d'affaire et des stars aujourd'hui, il y a des décisions qui sont prises non dans l'intérêt des consommateurs, mais dans celui des personnes qui "gravitent" autour du pouvoir.
Hurrican - 03/02/2009 à 14h01
Il faudra bien qu'un jour on s'attaque au fond du problème. On peut toujours se raccrocher aux vieux modèles économiques, à part de dire que le piratage détruit la création, il y a de plus en plus de questions aux quelles le gouvernement ne répond pas.
- Pourquoi continuer à payer des Taxes de type "copie france" si on généralise les DRM et les systèmes de protection qu'il est interdit de contourner ?
- Que devient le logiciel libre si tout est verrouillé et qu'on est passible de prison quand on propose un lecteur DVD gratuit sous windows ?
- Quel avenir pour les bibliothèques et médiathèque publiques dans un univers dématérialisé ? Elles ont une mission importante et portent la culture ?
- Que devient le droit de revendre d'occasion une musique ou un film quand le support physique aura disparu ?
- Est ce si difficile d'imaginer dans un futur proche qu'Internet devienne aussi indispensable que l'eau ou le gaz, et que couper la connexion pourrait avoir des conséquences aujourd'hui inattendu ?
- Suis je responsable si mon voisin pirate ma ligne, si mes enfants téléchargent de la musique ? Doit on couper la cnx d'une PME si un salarié est adepte de e-mule ?
- Peut on accepter que nos activités en ligne soient mises sous haute surveillance ? Que les décisions d'envoyer un avertissement ou de couper une ligne soient administratives ? Quels seront les critères de décision à ce sujet ?
On assiste aujourd'hui à un effort terrible, engageant même le président de la république, pour punir les téléchargements illégaux. De mon point de vu, et vu l'ampleur du défit que représente le passage au tout numérique, cela n'est pas sérieux et représente un risque pour l'avenir.
macarop - 04/02/2009 à 12h04