Procès de Pirate Bay : affaire symbolique ou fin d'une époque ?
Brève rédigée le 16/02/2009 à 14h33 par Charles Pietri
Le procès à l'encontre de The Pirate Bay s'ouvre aujourd'hui. Si les responsables du site paraissent confiants, les représentants de l'industrie du cinéma, de la musique et du jeu vidéo ne vont certainement pas laisser passer l'occasion de fermer la baie des pirates.
Le site
The Pirate Bay, plateforme bien connue d'échange de
liens peer-to-peer, pourrait fermer ses portes une deuxième fois. La justice suédoise a déjà fait fermer le site en 2006, mais celui-ci renaquit de ses cendres grâce à l'activation de serveurs dans d'autres pays du monde. Depuis, le site a connu quelques mésaventures
aussi bien au Danemark que dans
le pays de Silvio Berlusconi.
Toutefois, le procès qui s'ouvre aujourd'hui en Suède pourrait connaître une issue différente. Les quatre responsables du site sont accusés de
« promouvoir les violations par d'autres personnes des lois protégeant les droits d'auteur » et risquent jusqu'à deux ans de prison. En outre, les plaignants (Sony BMG, Universal, Warner...) leur réclament près de
10 millions d'euros de dommages et intérêts pour les pertes engendrées par la mise à disposition de liens de fichiers illégaux par The Pirate Bay.
Peter Sunde, l'un des responsables du site et porte-parole, reste malgré tout confiant sur l'avenir de la plateforme :
« Pirate Bay n'est plus présent en Suède. Et même si Pirate Bay devait fermer, ce qui est inconcevable, il y aura toujours quelqu'un d'autre qui prendra le relais. » Et avec
Btjunkie et autre
Mininova, on ne doute pas que la relève est déjà présente...
Il insiste également sur la dimension politique de cette affaire. Les membres du site veulent profiter du procès pour lancer un débat sur le téléchargement et la technologie tandis que la partie adverse souhaite se concentrer sur l'activité seule de Pirate Bay.
L'avocate des plaignants, Monique Wadsted, insiste sur le fait que
« c'est le procès de quatre personnes qui ont conduit une activité commerciale et qui ont gagné beaucoup d'argent en offrant aux autres la possibilité de faire des copies pirates de grandes productions commerciales, des films, de la musique et des jeux vidéos. » Elle estime que
les espaces publicitaires de The Pirate Bay génèrent près de trois millions de dollars par an.
De son côté, Peter Sunde déclare :
« Peu importe s'ils demandent plusieurs millions ou un milliard. Nous ne sommes pas riches et nous n'avons pas d'argent à payer. Ils n'auront pas un centime. »
La bataille s'annonce donc rude pendant les trois semaines d'audience à venir. Le procès devrait être
enregistré et diffusé sur Internet par le biais d'une télévision suédoise. De même,
The Pirate Bay compte sur sa communauté pour couvrir l'évènement. Les responsables du site ont d'ailleurs ouvert un blog pour suivre l'affaire en temps réel et accéder aux comptes-rendus des séances.
Si le sort du site est encore inconnu, on se doute que ce n'est pas cela qui endiguera le téléchargement illégal. Les poursuites à l'encontre de
mp3.com ou de
Napster, il y a quelques années, nous montrent bien que ce n'est pas en s'attaquant à un acteur phare, voire symbolique, que le mouvement recule.
Tant que l'industrie culturelle entière ne remettra pas en cause son modèle économique, d'autres se chargeront d'en exploiter les failles.
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