Piratage : Luc Besson s'en prend à toute la sphère numérique
Article rédigé le 16/02/2009 à 17h32 par Charles Pietri
Le téléchargement illégal revient en force dans l'actualité. Alors que le projet de loi « Création et Internet » doit être examiné par l'Assemblée Nationale le 4 mars, Luc Besson tire à boulets rouges sur tous les acteurs de la toile à propos du piratage.
Le réalisateur du
Grand Bleu ne cache pas sa colère. Avec une
tribune parue dans Le Monde et une interview sur
Canal+, Luc Besson part en croisade contre le téléchargement illégal des oeuvres de cinéma.
Pourtant, le fondateur d'
EuropaCorp ne cible pas l'internaute lambda comme unique responsable de la chute libre de l'industrie culturelle. Selon lui,
« l'économie du piratage sur Internet est une longue chaîne d'acteurs qui, pour la plupart, n'apparaissent pas au grand jour mais tirent profit de cette activité illégale. »
Ainsi, Luc Besson essaie d'identifier les bénéficiaires de ce marché parallèle aux allures de mafia numérique. Première cible de son discours,
le site Beemotion qui propose des films en streaming gratuitement. Le site canadien a d'ailleurs fermé ses portes ce week-end suite aux déclarations de Luc Besson.
Il faut dire que
Beemotion était hébergé par Dedibox, filiale du groupe Iliad qui détient également Free. Le réalisateur ne s'est d'ailleurs pas privé d'affirmer que
Free était complice dans l'histoire vu que l'opérateur perçoit des
« loyers numériques » pour héberger ces sites sur ses serveurs. Le producteur d'
Arthur et les Minimoys est parti du constat
« en matière de délit, complicité vaut crime » et suit sa ligne jusqu'au bout.
Après l'
hébergement, le voilà qui s'attaque aux régies publicitaires. Citant
Google et
Allotraffic.fr, celui qui a débuté sa carrière en étant assistant-réalisateur sur
Les Bidasses aux grandes manoeuvres pointe du doigt l'invasion des espaces publicitaires sur ces sites illégaux.
Il va jusqu'à s'en prendre à Price Minister sous prétexte que ses bannières promotionnelles s'affichaient sur Beemotion.
Luc Besson s'érige donc en porte-parole d'une industrie victime d'un profond malaise et dénonce les dangers que le piratage pourrait faire subir au cinéma français. Alors que certains reprochent au producteur des quatre
Taxi et des trois
Transporteur de
« vendre de la pellicule au kilo » et d'adopter un système à l'américaine, le cinéaste plaide en faveur de la riposte graduée pour démanteler cette économie pirate cachée dans nos lignes téléphoniques.
Si le premier effet de son discours a été la fermeture pure et simple de Beemotion, le dirigeant de
PriceMinister, Pierre Kosciusko-Morizet (frère de
la secrétaire d'Etat à l'économie numérique), a qualifié les propos du réalisateurs de
« grotesques » affirmant que le cinéaste
« n'a rien compris ».
Visiblement, ces échanges verbaux entre l'industrie culturelle et les acteurs de l'économie numérique ne semblent pas partir du bon pied en ce qui concerne
la réflexion sur les modèles de distribution à adopter. En restant dans la dénonciation, chacun se dédouane de ses responsabilités, et ce n'est pas simplement en criant
« Au feu » que l'incendie s'éteint...
Source : DegroupNews
Nos gouvernants critiquent souvent les organisations syndicales de salariés, en accusant ces dernières de s'arc-bouter sur des privilèges passéistes. Bizarre qu'ils n'aient jamais fait le parralèle avec les lobbies de l'industrie des médias...
Il n'y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir... (Ceci dit sans vexer les non-voyants...)
dgfu6578 - 16/02/2009 à 18h10
e problème : "c'est qu'il NE peut plus nous vendre ses n...s !
(quand il n'y avait pas Internet, et qu'on NE pouvait donc PAS comparer)
"c'est fini, le "bon temps", maintenant, TOUT se sait" !!
http://www.ecrans.fr/Les-Ch-tis-et-Dark ,5716.html
abominable - 17/02/2009 à 09h56