Numericable : les accusations fusent entre salariés et direction
Brève rédigée le 18/02/2009 à 12h01 par Stéphane C.
On savait que Numericable a du mal à communiquer avec ses clients : il semblerait bien que le dialogue soit également rompu entre direction et salariés. L'escalade dans le conflit social des derniers jours en atteste.
L'inquiétude est née chez les salariés de
Numericable lorsqu'ils ont appris que
l'entreprise avait payé ses fournisseurs en retard à la fin de l'année 2008. Le câblo-opérateur étant endetté
à hauteur de 3 milliards d'euros, la crainte d'éventuels licenciements a poussé les représentants du personnel à exiger des explications sur la situation financière du groupe.
A ce climat pour le moins anxiogène est venu se greffer
le licenciement d'une poignée de vendeurs à domicile soupçonnés de falsifier le nombre d'abonnements obtenus afin d'augmenter leur commission.
Reliant les deux évènements, certains salariés y ont vu une manoeuvre de la direction pour contourner la mise en place d'un plan de licenciements et se séparer d'employés à moindre frais
. C'est ce qui a poussé une partie du personnel
à occuper les locaux de Numericable à Champs-sur-Marne dans la journée de lundi. Or,
des personnes extérieures à l'entreprise appartenant visiblement au groupe d'activistes « les Désobéissants » avaient pris place parmi les salariés.
Dans cette situation de vives tensions,
Pierre Danon, PDG de
Numericable, n'a pas pu, ou pas su, nouer le dialogue avec les employés en colère. En quittant le parking de l'entreprise,
sa voiture a heurté un employé, qui a dû être hospitalisé suite à ses blessures.
Depuis ce tragique événement, l'escalade entre les employés et la direction de Numericable ne semble plus connaître de limites
. Certains accusent
Pierre Danon de tentative d'homicide et de délit de fuite, l'agence de communication du groupe prétend que le salarié blessé a volontairement mis sa jambe sous la roue du véhicule.
D'après les commentaires de
la commissaire-divisionnaire de Noisiel recueillis par
Rue89,
Pierre Danon «
n'a jamais été intercepté, même si des voitures tournaient. Le but était de se calmer et de chercher à comprendre. C'est en fin de soirée qu'on a identifié le chauffeur, et qu'on a eu un contact avec lui. Nous lui avons demandé de se présenter ce matin. Le PDG, lui, a été entendu hier soir, comme beaucoup de témoins ».
Le malentendu est donc à son paroxysme. Il n'est pas certain que la mise en place d' «
appels câlins » parvienne à apaiser la situation entre le câblo-opérateur et ses employés. Après avoir concentré ses efforts sur
l'amélioration de la relation client,
Numericable va devoir sérieusement penser
à améliorer la relation employeur/salariés.

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Les définitions de:
. FTTH
On peut tout de même se poser des questions au sujet de la légétimité de l'inquiétude des salariés. Il est vrai que si l'on intègre une dette de 3 Milliards d'euros, les potentialités de recettes, la "prudence" des actionnaires (pour ne pas dire plus), la petite "pitchenette" des tarifs l'an dernier, donc la nécessité (une fois de plus) de remonter l'image auprès du client / public et la crise actuelle, certains sans être particulièrement pessimistes peuvent être à même de se poser des questions...
D'un autre côté, ce serait peut-être le moment de se serrer les coudes, mais en France, les organisations patronales et celles de salariés n'ayant quasiment jamais "joué le jeu", les choses ne semblent pas se présenter sous les meilleurs auspices...
dgfu6578 - 18/02/2009 à 13h32
http://www.dailymotion.com/video/x8ege2_numericabl(...)
Depuis qu'on leurs dit que ça va craquer...
Yvidious - 18/02/2009 à 13h48
D'abord et avant tout, la direction a exprimé sa sympathie vis-à-vis du blessé. Il n'y a eu évidemment aucune intention, ni du conducteur ni du blessé lui-même, d'arriver à cet événement grave et regrettable. Numericable suit l'état de santé de son salarié en temps réel et appelle l'ensemble des manifestants, dont les 40 manifestants extérieurs à l'entreprise venus échauffer les esprits, à retrouver le calme.
Ensuite, quelques commentaires sur l'article :
1/ Vous écrivez que le dialogue entre la direction et les salariés est rompu. Peut-on dire cela d'une entreprise qui compte 20 salariés grévistes sur 2000? D'une entreprise où une modification des méthodes de vente a été approuvée par 4 syndicats sur 5? D'une entreprise où la direction a demandé et obtenu du Tribunal la nomination d'un médiateur? Non, le dialogue social avec une petite partie des salariés vendeurs à domicile est difficile, c'est vrai.
2/ Il est exact que l'entreprise a connu une légère tension de trésorerie à la fin de l'année, ce qui a suscité l'exercice d'un droit d'alerte par les représentants du personnel. Toutes les réponses à leurs questions ont été apportées par un expert indépendant. Le conflit des 20 vendeurs à domicile (sur 250) n'a aucun rapport avec ce droit d'alerte.
3/ Il faut distinguer dans le groupe des occupants du site les grévistes salariés, les salariés licenciés ensuite et, enfin, les manifestants extérieurs.
Il va de soi que la présence des manifestants extérieurs ne fait qu'envenimer la situation. Leur départ est indispensable pour que le site et ses 600 salariés retrouvent le calme.
Les salariés licenciés, eux, l'ont été pour faute grave, car ils avaient procédé à des ventes frauduleuses. L'entreprise a été condamnée à 150.000 euros d'amendes en septembre 2008, beaucoup de cadres ont quitté leurs responsabilités depuis et il est normal que les vendeurs eux-mêmes soient mis à pied.
En revanche, les grévistes encore salariés craignent pour leur capacité à vendre des abonnements dans le cadre des nouvelles méthodes de vente. C'est pourquoi l'entreprise met en oeuvre un plan de formation, et a notamment annoncé la création d'une école de vente avec Negocia, une école de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris. Ce n'est pas là l'initiative type d'une entreprise qui prépare plan social déguisé !
4/ Pour ce qui est de l'accident de voiture, les choses sont à la fois déplorables et très simples : il n'y avait évidemment aucune intention de blesser qui que ce soit. La voiture roulait dans l'allée centrale du parking. Plusieurs manifestants, dans leur majorité étrangers à l'entreprise il faut le souligner à nouveau, se sont interposés subitement. La voiture a fait un écart, a ralenti, a redémarré et, entretemps, un manifestant s'était déplacé, sa jambe se trouvant sur la trajectoire de la roue arrière, de manière évidemment involontaire.
Suggérer que le Président fuyait affolé est tout simplement mensonger. Il ne fuyait pas, n'avait pas de rendez-vous prévu avec les grévistes, mais se rendait au contraire à un rendez-vous dans Paris. Il était conduit par un prestataire en sécurité informatique qui s'y rendait également. Dans la cohue et les coups portés sur le véhicule, il était impossible, tant pour le passager que pour le conducteur, de se rendre compte de l'incident. Dès qu'ils en ont été informés en revanche, ils se sont immédiatement et spontanément rendus au commissariat de Noisiel pour faire une déposition.
5/ Dans une entreprise qui compte 2000 salariés, le Président n'assure pas forcément toutes les relations sociales. Il y a un Directeur Général, une DRH, et ceux-ci ont été en dialogue permanent avec les grévistes depuis le début du conflit.
Il faut noter en outre que l'avenant a été signé par 230 vendeurs à domicile et 4 syndicats sur 5. Le dialogue social n'est donc absolument pas rompu et, là aussi, l'article semble de parti pris.
Aujourd'hui, l'essentiel est de reprendre le chemin du dialogue. La nomination d'un médiateur devrait y aider.
Numericable ne transigera pas sur la qualité du service et le respect de la déontologie par ses vendeurs.
Mais Numericable ne faillira pas non plus sur sa détermination à poursuivre le dialogue avec tous les salariés, même quand c'est difficile.
Nous sommes très surpris de ne pas avoir été contactés par DegroupNews pour donner notre version des faits. C'est un principe fondamental du Web et, tout simplement, de la justice.
Nous trouverions donc naturel que l'article, objectivement diffamatoire, prenne en compte l'ensemble de ces éléments.
A.Boulay - 18/02/2009 à 22h42
toujours pas rembourse a ce jour !
est-ce que vous pourriez aussi "porter la parole" des clients vers votre compta ?
Merci
NRAproche - 18/02/2009 à 23h03
Le 18 février 2009 - 22 h 42, A.Boulay a écrit :
Nous sommes très surpris de ne pas avoir été contactés par DegroupNews pour donner notre version des faits. C'est un principe fondamental du Web et, tout simplement, de la justice.
Nous trouverions donc naturel que l'article, objectivement diffamatoire, prenne en compte l'ensemble de ces éléments.
Monsieur Boulay,
Merci pour votre participation sur notre forum, lieu d'échange, afin de donner votre point de vue.
Je me permettrais toutefois de nuancer vos propos. Vous dites clairement que notre article est « objectivement diffamatoire », or il nous semble que nous relatons les faits sans aucun parti pris.
Sur vos points 1 et 2, nous ne mettons pas en relation de cause à effet les difficultés de trésorerie et la situation des grévistes. Il s'agit simplement d'un nouvel événement qui succède à un autre dans un contexte difficile, comme le souligne notre article : « A ce climat pour le moins anxiogène est venu se greffer le licenciement d'une poignée de vendeurs à domicile soupçonnés de falsifier le nombre d'abonnements obtenus afin d'augmenter leur commission. »
Votre troisième commentaire insiste sur le fait qu'il y avait des participants extérieurs. Je vous invite donc à relire notre article car nous identifions clairement ce fait : « Or, des personnes extérieures à l'entreprise appartenant visiblement au groupe d'activistes « les Désobéissants » avaient pris place parmi les salariés. »
Vous évoquez ensuite l'accident de voiture en ajoutant : « Suggérer que le Président fuyait affolé est tout simplement mensonger. »
Nous sommes tout à fait d'accord, c'est pourquoi à aucun moment, nous ne suggérons cette idée dans notre article.
Nous donnons d'ailleurs les deux versions des faits : « Certains accusent Pierre Danon de tentative d'homicide et de délit de fuite, l'agence de communication du groupe prétend que le salarié blessé a volontairement mis sa jambe sous la roue du véhicule. »
Vous parlez de la déposition au commissariat de Noisiel que nous évoquons également dans notre article en citant même les propos du commissaire-divisionnaire et en parlant de « malentendu ».
Nous ne voyons donc pas dans quelle mesure notre article peut être « objectivement diffamatoire ».
Notre contact presse au sein de votre agence, que nous avons eu au téléphone hier, n'a pas du tout vu l'article de cette façon.
charles.p - 19/02/2009 à 11h24