La télévision mobile personnelle, une mission impossible ?
Brève rédigée le 25/02/2009 à 11h39 par Stéphane Caruana
Alors que la secrétaire d'Etat en charge du développement de l'économie numérique rentre déçue de son voyage d'étude en Asie, Matignon nomme enfin un médiateur pour trouver un modèle économique à la TMP.
François Fillon avait promis de mettre sur pied
une mission afin de débloquer le dossier de la télévision mobile personnelle, c'est désormais chose faite.
Cyril Viguier, 46 ans, producteur ayant mené de nombreux projets pour la télévision en France comme à l'étranger, doit convaincre opérateurs télécoms et éditeurs de contenus de reprendre les négociations pour trouver un modèle économique à la TMP.
Outre
les tensions entre les différents acteurs du projet, Cyril Viguier devra également
surmonter le scepticisme de la secrétaire d'Etat en charge de l'économie numérique.
Cette dernière a en effet effectué
un voyage au Japon et en Corée du Sud, afin
d'étudier le fonctionnement de la TMP dans ces deux pays précurseurs.
Alors que l'Extrème-Orient est perçu comme la terre promise de la télévision mobile personnelle,
Nathalie Kosciusko-Morizet tire un bilan plus pessimiste de son séjour : «
Vue de France, la télévision mobile personnelle est un formidable succès au Japon comme en Corée du Sud, puisqu'elle y est déployée massivement, mais sur le terrain, c'est moins évident car on ne peut pas parler de réussite industrielle » a-t-elle déclaré.
Selon elle, le modèle économique de la TMP « se cherche » même en Asie.
Bien que favorable
à un projet de TMP allégée afin d'accélérer le développement de la technologie en France, la secrétaire d'Etat a levé un tabou
en posant la question des contenus : «
Coréens, Japonais et Français, nous partageons un problème qui est celui de la multiplication des canaux de diffusion (TV, PC, téléphones portables, etc.), sans qu'on multiplie les contenus ».
Si la
TMP reste
une coquille vide,
Nathalie Kosciusko-Morizet ne lui prédit pas un avenir radieux et précise : «
Les fabricants d'objets ne peuvent pas ne pas se poser la question des contenus. Le marché n'est plus tiré par les objets mais par l'usage qui en est fait au-delà du potentiel fonctionnel ».
Là où
le CSA tente de sauver les apparences, la secrétaire d'Etat fait preuve
d'une lucidité sans fard, et complique sans doute un peu plus la mission impossible de
Cyril Viguier.
Madame, un petit geste contre le lobby qui porte HADOPI ?
ben25350 - 25/02/2009 à 14h13