NKM : les usages comme moteur du développement numérique
Article rédigé le 02/03/2009 à 17h29 par Stéphane C.
Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat en charge de l'économie numérique, dévoile ses pistes de travail (TMP, émergence de nouveaux usages, antennes de téléphonie mobile) pour faire du numérique un élément du plan de relance économique.
Dans
une interview à la Tribune du 2 mars 2009,
Nathalie Kosciusko-Morizet évoque
son voyage d'étude en Corée du Sud et au Japon et met à jour ses projets pour donner
une impulsion nouvelle aux technologies numériques.
La télévision mobile personnelle :
La secrétaire d'Etat n'a pas caché
son insatisfaction lors de son séjour asiatique. Si la
TMP est
un réel succès populaire en Corée et au Japon, c'est
un échec industriel qui ne génère aucun bénéfice. Tout semble reposer sur
la question des contenus : la
TMP, mais pour quoi faire ?
Cette question des usages est centrale dans la réflexion de
Nathalie Kosciusko-Morizet. Ainsi que le lui confirmait le patron de
Samsung, la valeur ajoutée se déplace du hardware vers les usages et les services.
Un volet numérique pour le plan de relance économique :
En conséquence, la secrétaire d'Etat travaille en collaboration avec
Patrick Devedjian à la création d'
un volet numérique pour le plan de relance. Il s'agirait de renforcer «
le triangle réseaux-innovation-contenus » en tirant notamment «
les investissements de l'industrie numérique par les usages et les contenus ». En effet, selon
Nathalie Kosciusko-Morizet, «
les réseaux ne sont rentables que s'il y a des usages. Je suis convaincue que c'est là que la valeur se situe dans les dix prochaines années, car les réseaux vont devenir une commodité ».
Et même si les acteurs privés sont très actifs dans le secteur, il appartient également à l'Etat
de stimuler l'émergence de nouveaux usages en développant par exemple le télétravail ou l'e-administration. Ainsi, la secrétaire d'Etat est très attachée à la mise au point rapide d'
une carte d'identité électronique, comme cela est suggéré
dans le plan France numérique 2012.
La société numérique derrière l'économie numérique :
A contre-courant d'une Nadine Morano ou d'une Christine Albanel,
Nathalie Kosciusko-Morizet prétend vouloir «
parler de confiance plus que de méfiance à l'égard de l'Internet ». «
Le discours public porte uniquement sur les risques, les pédophiles, etc. Ce discours est décalé par rapport au vécu de chacun » ajoute-t-elle.
Forte d'
une administration dédiée en cours d'installation, la secrétaire d'Etat espère mener à bien ses projets.
Une meilleure gestion des antennes de la téléphonie mobile doit être élaborée,
la vente des ordinateurs et des systèmes d'exploitation devrait être découplée et une réflexion doit être menée sur
les convergences entre écologie et nouvelles technologies.
Selon
Nathalie Kosciusko-Morizet, ancienne secrétaire d'Etat en charge de l'écologie, cette convergence va de soi : «
Le grand enjeu de l'environnement dans les sociétés les plus modernes, les plus contemporaines, c'est de garder le niveau de confort tout en réduisant drastiquement les flux de matière et d'énergie. Il y a évidemment une question de sobriété de la consommation. Mais les technologies peuvent apporter une autre partie de la réponse ».
Loin de la méfiance qu'entretiennent ses collègues du gouvernement avec les nouvelles technologies,
Nathalie Kosciusko-Morizet veut faire du numérique
une économie portée par le développement de nouveaux usages et de nouveaux services à inventer perpétuellement.

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