Big Brother Awards : Lefebvre et MAM distingués
Brève rédigée le 08/04/2009 à 11h55 par Charles Pietri
Frédéric Lefebvre et Michèle Alliot-Marie ont reçu un « Prix Orwell » de la part des Big Brother Awards France. Si Christine Albanel reste bredouille, Bertrand Delanoë s'est vu remettre un prix pour la vidéosurveillance de Paris.
Depuis 2000, les Big Brother Awards décernent chaque année des prix à ceux qui s'illustrent
dans le domaine du fichage, du bridage des libertés individuelles et autres atteintes à la vie privée. Cette année, plusieurs personnalités se sont distinguées, notamment au sein du gouvernement.
Eric Woerth a reçu le
« Prix Orwell Etat, Elus » pour son intention de créer un fichier central pour lutter contre la fraude aux allocations. Ce projet, nommé RNCPS (Répertoire National Commun de Protection Sociale), serait
« un fichier unique des assurés, commun aux organismes chargés d’un régime obligatoire de la sécurité sociale (maladie, vieillesse, famille, accidents du travail-maladies professionnelles), aux organismes de recouvrement, à Pôle emploi et aux caisses assurant le service des congés payés, soit une soixantaine d’organismes ».
Le problème est que pour faire le lien entre ces différents organismes c'est le NIR (Numéro d'Inscription au Répertoire), plus communément appelé numéro de sécurité sociale, qui sert de pivot. Il faut rappeler que
la CNIL a spécifié que cet identifiant ne devrait jamais utilisé de façon automatique ou généralisée.
La vidéosurveillance était également à l'honneur avec
Bertrand Delanoë. Le Maire de Paris s'est vu remettre un
« Prix Orwell Localités » pour être tombé dans le piège de la surenchère dans
la surveillance des espaces publics.
Michèle Alliot-Marie a été distinguée
« pour l'ensemble de son oeuvre ». Du fichier Edvige à
son plan anti-cybercriminalité en passant par
ses dérapages verbaux concernant Internet, la ministre de l'Intérieur avait en effet de quoi s'illustrer du point de vue orwellien. Et c'est sans compter
le site de signalement gouvernemental, plateforme prenant des accents alarmistes, pour justifier
la délation anonyme en ligne.
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Toutefois, une personnalité a particulièrement attiré notre attention dans cette remise de prix. Il s'agit de
Frédéric Lefebvre qui, en tant que porte-parole de l'UMP, s'est distingué à maintes reprises au sujet des nouvelles technologies et des libertés. Le député des Hauts-de-Seine a souvent revêtu les habits de troll dans nos colonnes que ce soit
au sujet de sa vision d'Internet ou de ses
solutions contre le piratage. Mais, cette fois-ci, c'est la consécration puisque Frédéric Lefebvre a obtenu un
« Prix Orwell Mention Bâton Merdeux » pour
« son incompétence et son insistance à vouloir contrôler Internet par le biais du CSA, ses arguments iniques pour soutenir la loi Hadopi, pour vouloir traquer la délinquance dans les maternités, et bien d’autres choses... »
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Du côté des récompenses plus positives,
les Big Brother Awards ont décerné des « Prix Voltaire » à des personnes luttant contre ces tentatives de contrôle : les enseignants et directeurs d'école s'opposant au fichage précoce des élèves, le collectif
« Non à Edvige » et les membres de
« Non à l'éducation biométrique dans l'Herault », dénonçant
l'arrivée des contrôles biométriques à l'école.
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