Le Troll de la semaine : les députés et le peer-to-peer
Article rédigé le 02/05/2009 à 09h33 par Stéphane C.
Bakchich est allé promener sa caméra et son micro dans les couloirs de l'Assemblée Nationale avec une question unique : savez-vous ce que signifie « peer-to-peer » et « streaming » ? Florilège des réponses les plus trollesques.
Le site
Bakchich, connu pour son esprit taquin, a demandé à des députés ce que signifiait «
peer-to-peer » et «
streaming ». A l'heure du nouvel examen du projet de loi
Création et Internet dans l'hémicycle, les circonvolutions langagières des représentants du peuple ont de quoi faire sourire, ou faire peur, c'est au choix.
Certains bottent en touche. Ainsi,
Guénhaël Huet, député UMP de la Manche, et
André Vallini, député PS de l'Isère, déclarent savoir de quoi il s'agit mais s'avouent incapables de l'expliquer.
Jean-Pierre Grand, élu UMP de l'Hérault, ose pour sa part ressortir un vieil argument à la
Toubon : «
Moi je parle français, excusez-moi » en levant les yeux au ciel d'un air excédé.
Deux députés avouent leur ignorance :
Henri Jibrayel, des Bouches-du-Rhône, et
Charles de la Verpillière, de l'Ain.
On saluera en revanche les performances de
Patrick Roy et de
Jacques Remiller qui associent respectivement «
peer-to-peer » à
échange de fichiers et
téléchargement. On peut également décerner une mention spéciale à
Yves Cochet, qui pourrait remporter le premier prix de récitation grâce à sa définition du
streaming. Intonation,rythme et conviction, tout y est.
Enfin, malgré le regard quasi hypnotique d'
Henri Plagnol, député du Val-de-Marne, on n'adhère que très moyennement à son histoire de «
pouvoir s'adresser en direct par toutes les technologies numériques à des personnes qui sont dans la même situation que vous ». Même son «
c'est quelque chose de très positif et qu'il faut encourager » final peine à convaincre.
Il est regrettable que ces trolls n'aient pas été présents lors
du vote du 9 avril. Ainsi repeuplé, l'hémicycle aurait sans aucun doute adopté le texte
Création et Internet à l'unanimité.
Pour info, le peer to peer peut servir à autre chose qu'au téléchargement. Par exemple pour la téléphonie sur internet, la recherche de l'abonné correspondant au numéro composé peut se faire :
- soit en se connectant à un serveur,
- soit en peer to peer (en demandant aux téléphones "voisins" s'ils ont la réponse).
Je ne sais pas si cette dernière solution est utilisée. Elle a l'intérêt d'être plus robuste que la première en cas de panne ou de saturation du serveur.
jj35 - 02/05/2009 à 16h19
stribes - 03/05/2009 à 13h13