Edito de mai : le temps s'est-il figé pour les télécoms ?
Brève rédigée le 04/05/2009 à 17h58 par Charles Pietri
Le futur des télécoms passera par le très haut débit et la convergence avec les réseaux mobiles. Si ce constat est connu depuis quelques années, il a du mal à se concrétiser. Entre lenteur des dossiers, reports divers et variés, la fibre optique et la quatrième licence 3G ont du mal à se frayer un chemin vers la réalité. Le temps semble s'être arrêté depuis le mois de mai dernier.
En regardant rapidement ce que nous avions traité comme sujets au mois de mai 2008, j'ai eu l'impression d'être pris dans un paradoxe temporel. En effet, les dossiers concernant la quatrième licence mobile et la fibre optique semblent en être au même point.
Nous signalions dans nos colonnes la demande faite par le Premier Ministre à l'
ARCEP de lancer
une consultation publique sur l'attribution de la quatrième licence mobile. Si le schéma d'attribution est un peu plus clair un an après,
force est de constater que rien n'a changé sur le terrain.
Les seules évolutions du dossier sont liées au prix des lots de fréquences et à
l'éventuelle arrivée de Virgin Mobile dans la bataille. Toutefois, Luc Chatel, secrétaire d'Etat à l'Industrie, vient de demander à la Commission des Participations et Transferts (CPT) de vérifier que les montants définis pour les blocs de fréquences (206 millions d'euros pour une tranche de 5 MHz) sont réalistes
alors que le gouvernement a déjà reçu le feu vert du Conseil d'Etat sur la procédure d'attribution.
Alors que le prix est une simple division par trois d'une licence de 15 MHz et qu'il suffit maintenant de lancer l'appel à candidatures,
le dossier de la quatrième licence mobile fait un pas en arrière et va demander plusieurs semaines de vérification par la CPT.
Même point mort concernant le déploiement de la fibre optique. Si l'
ARCEP essaie d'établir un cadre réglementaire depuis une bonne année, les opérateurs se montrent peu coopératifs. Le 23 mai 2008, nous annoncions le lancement
d'une consultation publique par l'Autorité sur les modalités de déploiement. L'
ARCEP espérait donner naissance à des dispositions durant l'été 2008 mais, entre les phases d'expérimentation et les tentatives désespérées de mettre les opérateurs d'accord, le déploiement du très haut
débit n'est toujours pas encadré.
Au final, après plusieurs mois de tests,
une nouvelle consultation publique a été lancée, retardant encore plus l'arrivée du cadre réglementaire nécessaire au déploiement à grande échelle du
FTTH.
De plus, le changement de président à la tête de l'
ARCEP devrait perturber le calendrier des différents dossiers. Jean-Claude Mallet,
qui a remis sa démission la semaine dernière, s'était vite immergé dans les enjeux de la fibre optique et de la licence mobile et devait donner une vision libérale à ces dossiers. Mais
la nomination de son successeur, Jean-Ludovic Silicani, proche de la majorité et président du CSPLA (Conseil Supérieur de la Propriété Littéraire et Artistique), pourrait modifier l'impulsion donnée par l'
ARCEP dans ces secteurs.
Le mois de mai 2009 ressemblerait donc à s'y méprendre à celui de l'an passé. Et ce ne sont pas les avancées au sujet de la
TMP qui pourraient nous prouver le contraire. Seule consolation, la riposte graduée a également pris un immense retard, l'immobilisme a parfois du bon.
Source : DegroupNews
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JEAG - 12/05/2009 à 12h33