Le Troll de la semaine : l'article Hadopi sur Wikipédia
Brève rédigée le 16/05/2009 à 00h47 par Stéphane Caruana
Personne n'échappe aux délires de surveillance absolue : telle pourrait être la morale du troll de cette semaine. Encore une fois, l'attrait du Ministère de la Culture pour la censure s'illustre dans nos colonnes.
Très décriée lors de son lancement, l'encyclopédie participative
Wikipédia a fourni d'importants efforts pour gagner en crédibilité. Ainsi,
un système de traçabilité a été mis au point afin de dissuader les plaisantins et les calomniateurs de modifier les articles. En outre, ce contrôle – rendu possible par le
Wikiscanner - permet de débusquer la publicité cachée derrière les diatribes hagiographiques.
En effet, la notoriété grandissante de
Wikipédia est très vite devenue un sujet d'inquiétude pour les communicants de tous poils, incapables d'encadrer le flux d'informations. D'ailleurs, pour le groupe Euro RSCG, «
Wikipedia cannibalise l'image des entreprises du CAC 40 et de leurs dirigeants, [sa]
visibilité grandissante a de quoi inquiéter ».
En ce qui concerne
la loi Hadopi, les divergences d'opinion, on le sait, sont grandes aussi bien
en France qu'
en Europe.
Face à tant de division, la bataille de la communication est cruciale. Ainsi, l'article consacré à
Création et Internet sur
Wikipédia faisait récemment état de
l'amendement 138, soutenu par
Guy Bono et voté par le Parlement européen à une écrasante majorité, qui stipule que
seule une autorité judiciaire peut suspendre l'accès à Internet, en ces termes : «
Cet amendement remet en cause la suspension de l’accès Internet par la riposte graduée ».
Très rapidement l'article a été modifié dans ce sens : «
Cet amendement qui était présenté par certains de ses auteurs comme remettant en cause la suspension de l’accès internet par la riposte graduée a toutefois été supprimé par les États membres de l’Union européenne lors de l’examen du Paquet Télécoms par le Conseil ».
Or, l'
adresse IP de l'auteur de cette modification était rattachée
au serveur « proxy-valois.culture.fr » du Ministère de la Culture et de la Communication. Il semble bien qu'à force de vouloir mettre le net en ordre de marche, le gouvernement français en oublie que
ses propres adresses IP sont traçables.
Depuis, la page consacrée à la loi Hadopi a été fermée aux modifications à cause d' «
un important désaccord entre participants » et
Wikipédia demande aux contributeurs de «
ne pas participer à une guerre d'édition ».
Après « j'aimelesartistes », combien de temps faudra-t-il à la rue de Valois pour mettre en ligne un « j'aimelesinfos », répertoriant ce qui doit être dit ?
Ce genre de chose porte un nom, désinformation. Et quand elle provient directement des ministères, celà indique clairement qu'il y a un gros problème de manipulation. Ils sont en train de tuer la Liberté, en prétextant la défendre.
Bien évidemment, ce genre de chose ne fera pas les titres des journaux radios ou télé. On préfèrera nous vendre des faits divers, et occulter les vraies informations. Journaliste, voilà un métier où il y a une proportion incommensurable de contrefaçons.
Hurrican - 16/05/2009 à 10h08
- il n'y aura PERSONNE pour les arrêter ?
jusqu'où iront-ils ? (pays de m...
abominable - 16/05/2009 à 10h50
Grand - 16/05/2009 à 11h52
billfouine - 16/05/2009 à 14h00
Je n'ai pas d'avis particulier sur la loi Hadopi (mais j'ai peut-être tort).
Par contre, j'en ai un très tranché sur la manipulation des idées et des personnes.
On connaît désormais le sens exact du terme "libéralisme" : idéologie basée sur le concept d'un droit à la liberté . . . totale . . . de prendre les citoyens pour des cons. Je vais proposer la définition à Wikipédia.
Avec comme exemple le ministère français de la liberté de la culture et de la censure unifiée.
Un ministère bien caverneux et bien poilu, et qui bientôt, sortira son pistolet, rien qu'à entendre le début de son titre.
Affligeant.
JM
www.desphotos.net
ripadessa - 16/05/2009 à 21h50