TMP : naufrage en perspective ?
Brève rédigée le 26/05/2009 à 11h43 par Stéphane Caruana
Un échec est de plus en plus envisageable autour de la TMP : Orange et SFR voudraient encore patienter un à deux ans et seulement deux chaînes sur seize ont renvoyé leur convention signée au CSA. Peu d'options s'offrent donc au médiateur en charge du dossier.
Dire que la
TMP ne suscite pas l'engouement des foules relève de l'euphémisme. Tout d'abord,
les éditeurs de contenus qui se sont vus attribuer une licence d'émission par le
CSA n'ont toujours pas renvoyé leur convention,
à l'exception notable de NextRadioTV (BFM TV) et du groupe NRJ (NRJ 12).
A présent, ce sont
Orange et
SFR qui annoncent ne pas vouloir investir
avant un à deux ans dans un réseau de diffusion. Les deux opérateurs souhaitent en effet
exploiter la 3G pour le moment , malgré les risques de saturation, et attendre une conjoncture économique plus favorable.
En outre, les deux groupes de télécommunications ont déjà fait savoir
qu'ils préféreraient être propriétaires des fréquences portées par les infrastructures pour lesquelles ils vont investir
de 25 à 30 millions d'euros chacun.
A présent que la médiation de
Cyril Viguier touche à sa fin, seules
trois solutions s'offrent au gouvernement. Soit le
CSA récupère l'ensemble des licences distribuées, soit
les licences de la TMP sont rétrocédées à TDF ou aux opérateurs mobiles, comme le prévoit la loi, soit le
CSA récupère les licences de diffusion et attend deux ans.
A ce moment-là, le passage au tout-numérique aura libéré
deux multiplex de TDF qui pourront être attribués à la télévision mobile personnelle.
Enfin, il existe toujours la possibilité de faciliter l'émergence d'
une TMP allégée, à laquelle était plutôt favorable
Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat en charge de l'économie numérique.
Quoi qu'il en soit, la mission impossible dont s'est courageusement acquitté
Cyril Viguier risque fort de se solder par un échec. Bien évidemment, si lui ou l'un de ses agents devait être démasqué ou compromis, le Secrétariat d'Etat nierait avoir eu connaissance de ses agissements.
dgfu6578 - 26/05/2009 à 19h06