Le Troll de la semaine : Internet et la gestion des ordures
Article rédigé le 04/07/2009 à 00h16 par Stéphane Caruana
Internet est la source de tous les maux de la Terre, c'est bien connu. Repaire de pédophiles, terrain de jeux des arnaqueurs en tout genre, voilà qu'il prend désormais en charge la gestion des ordures les plus viles. Pratiques ces gros tuyaux.
Il semble qu'il soit à la mode ces derniers temps de s'insurger contre
les dangers d'Internet, ogre fantasmagorique qui détruit tout sur son passage et qui avilit le genre humain, bête féroce incontrôlable, prête à dévorer nos idéaux et nos enfants.
On se souvient, bien entendu, des propos du philosophe
Alain Finkielkraut sur le plateau d'Arrêt sur Images, qui voyait en Internet «
une poubelle ».
Celui qui reconnaît ne pas surfer sur le web s'est à nouveau exprimé la semaine dernière sur la «
muflerie généralisée » encouragée par Internet, traitant de «
stupide » la censure partielle d'
Hadopi par le Conseil constitutionnel. L'histoire pourrait s'arrêter là :
Finkielkraut n'est pas un ami du progrès, cela n'est pas une surprise.
Le souci, c'est que le philosophe a visiblement commis
une erreur de lecture, prétendant que le Conseil constitutionnel a invalidé le volet répressif de la loi au nom de la liberté d'expression et de «
consommation », alors qu'il s'agit de
la liberté d'expression et de communication, défendue dans la Déclaration des droits de l'homme de 1789, sur laquelle se sont appuyés les Sages du Palais Royal.
Néanmoins, les opinions de
Finkielkraut ont fait des émules, puisque
Denis Olivennes, ancien patron de la
Fnac, actuellement à la tête du
Nouvel Observateur, et instigateur des
Accords de l'Elysée qui ont donné naissance à la loi Création et Internet, s'en est visiblement inspiré.
En effet,
Rue89 révèle que l'individu aurait déclaré lors d'une réunion qu'Internet était le «
tout-à-l'égout de la démocratie ». Jolie formule à coté de laquelle la timide «
poubelle » de
Finkielkraut ne fait pas le poids.
Superbe métaphore du réseau et des tuyaux que l'on peut quasiment filer à l'envi, la déclaration d'
Olivennes n'en est pas moins obscure. En effet, qu'est-ce à dire ? L'homme qui est à l'origine du projet gouvernemental
censé réconcilier la création artistique et Internet, en exprimant
le fond de sa pensée, ne trahit-il pas tout le travail de communication ministériel ?
Et question plus importante encore,
qui va tirer la chasse ?
@rosselin : #Olivennes : mieux vaut être le tout à l'égout de la démocratie ou son sani-broyeur ?
@Maitre_Eolas : Denis Olivennes : « Internet est "le tout à l'égout de la démocratie"». Et ta loi HADOPI en est le sanibroyeur ?
val1984 - 03/07/2009 à 15h54
Quand on voit ce qu'on voit et quand on entend ce qu'on entend, on est content de penser ce qu'on pense
Grand - 04/07/2009 à 00h33
Le 04 juillet 2009 - 00 h 33, Grand a écrit :
Maitre Coluche avait dit:
Quand on voit ce qu'on voit et quand on entend ce qu'on entend, on est content de penser ce qu'on pense
Ce ne serait pas plutôt le Sâr Rabin Dranath Duval, aka Pierre Dac, plutôt? Faut réviser ses classiques.
vincenzu - 04/07/2009 à 00h48
La formule exacte est :
Quand on voit ce qu'on voit, et qu'on entend ce qu'on entend, on a bien raison de penser ce qu'on pense. (proverbe Suisse)
Même si je ne suis pas d'accord avec ces guignols d'Olivennes et Finkielkraut sur le fond, il faut quand même avouer qu'Internet est devenu un sacré merdier, à cause de lois différentes selon les pays, et d'un laxisme (ayant des origines économiques...) assez pénible.
Le hic c'est que pour moi, le vrai problème vient justement de ces personnes qui entre autre, avancent des arguments économiques pour mettre en place Hadopi. Grâce à leurs principes, nombre de pays ont autorisé l'opt-out. On reproche aux téléchargements illégaux de consommer la bande internet (je suis en partie de cet avis , gérant un réseau d'entreprise que j'ai du verrouiller parce que des petits malins téléchargeaient depuis la ligne de la société, mangeant la bande passante, avec MSN aussi), mais on oublie (délibérément ?) que les serveurs internet passe le quart de leur temps à transmettre... du spam ! Qu'il commencent par édicter une règlementation qui soit claire (aujourd'hui c'est le flou artistique, typique des lois qu'on pond pour qu'elles ne servent pas), et qu'elle soit mise en place au niveau international.
Comment aller contre les sites violents, quand 95% d'entre eux sont américains, et qu'ils sont défendus becs et ongles par les protecteurs du 1er amendement (les fabricants d'armes qui fond la pluie et le beau temps dans ce pays) ?
Comment empêcher un pays de faire sa propagande (sous-entendu mensongère ) ?
etc...
Internet a beaucoup de défauts.
Mais il lui reste une qualité. Les personnes qui s'y connectent peuvent faire passer des informations que les médias standards ne relaient plus. Et c'est bien là le problème pour tous ces dirigeants. Ils n'ont pas la main mise sur ce vecteur d'information. Et toutes ces lois n'ont qu'un but final. Contrôler le dernier média libre, donc dangereux pour les gens au pouvoir.
Hurrican - 04/07/2009 à 09h19
xamari61 - 04/07/2009 à 10h43