Le Troll de la semaine : Connecté jusqu'à la mort
Bien que, cette semaine, le titre de notre troll évoque un téléfilm de l'après-midi sur M6, en deux parties, avec Shannen Doherty, propice à l'endormissement, il recouvre une réalité autrement plus tragique et nous ouvre un pan nouveau des rapports conflictuels qu'entretiennent la Chine et les Chinois avec Internet.
On sait, depuis un certain temps déjà, que le gouvernement chinois entretient
des rapports compliqués avec Internet. On en avait eu un bon exemple
à l'occasion des Jeux Olympiques de Pékin l'été dernier et plus récemment avec
la censure de Google en Chine.
Ce que l'on savait moins, en revanche, c'est, qu'à l'instar des camps de redressement divers et variés dont certains Américains sont friands,
les Chinois ont eux aussi leurs camps d'entraînement privés censés remettre les adolescents dans le droit chemin.
Ainsi, dans la province autonome du
Guangxi Zhuang, il existe un camp de désintoxication à Internet. M. et Mme
Deng, des Chinois plutôt fortunés, ont découvert sur Internet (cela pourrait prêter à sourire si l'issue n'était pas si tragique) une publicité pour ce camp de survie aux méthodes martiales et ont déboursé l'équivalent de
1 024 dollars pour que leur fils unique, âgé de 16 ans, soit débarrassé de son addiction à Internet.
Le camp promettait
une technique dure mais sans recours à la torture et sans risque pour la santé des enfants. Or, l'adolescent a été, lors de son séjour,
battu à mort par des membres de l'encadrement, et a succombé à ses blessures 10 minutes après son arrivée à l'hôpital, dimanche dernier.
Passons sur
la lâcheté des responsables du camp qui ont nié avoir frappé le jeune
Deng Senshan, dont la dépouille tuméfiée ne prêtait pourtant guère à confusion. Interrogeons-nous plutôt sur
la schizophrénie d'une population sur laquelle s'exerce la pression dictatoriale.
Dans un pays où l'Etat tente par tous les moyens
de verrouiller l'accès à l'information, comment ne pas comprendre l'engouement des adolescents face à un moyen de communication comme Internet ? S'agit-il alors d'addiction, de saine rébellion ou de soif de découverte ?
Et que dire d'un modèle gouvernemental
tiraillé entre le communisme le plus répressif et la capitalisme le plus débridé, au sein duquel
la cellule familiale reproduit l'oppression étatique ?
Ce n'est pas l'addiction à Internet qui a tué
Deng Senshan, mais la frustration dans laquelle un gouvernement entretient tout un peuple.
Triste troll pour un triste monde.
Hélas, l'attitude stupide (et criminelle) des parents n'est nullement liée à tel ou tel pays, pas plus que l'attitude du centre qui a commis cet homicide.
Hélas, car ce même mécanisme psychotique de parents, cette même avidité pour l'argent ou pour des idées de la part "d'un centre éducatif" se retrouvent partout dans le monde, France compris.
J'en donnerais pour exemples (et non exhaustif), en France, les "écoles" de sectes ou "les centres de désintoxications" tenus par les mêmes, aux E.U, les "écoles para-militaires", en Afrique de l'ouest, "les marabouts-Mercédes", et au Japon, la traditionaliste et très rigoureuse formation des futures élites.
La Chine, par ailleurs, est tout ce que l'on veut, sauf un pays communiste. Ou alors, il faudra me montrer les écrits de Marx, Engels, Lénine , voire Trotsky . . . qui préconisent les massacres, la famine du peuple au profit d'une caste, l'impérialisme arrogant . . .
Je remarque, d'ailleurs, que tous les pays dans lesquels sévit une dictature plus ou moins féroce, sont des pays pauvres, très pauvres, soit maintenant, soit lors de la genèse de leurs institutions politiques. Et que les pays riches, très fiers de leur système démocratique, ne sont pas pour rien dans cette pauvreté.
Mais pour rester fidèle avec ses convictions, je pense que nul ici n'achète de produits "made in china", sachant que l'argent de ses achats profite au maintient de ce régime, même si ces produits coûtent moins cher qu'un produit européen, du fait des conditions sociales subies par les "producteurs".
@+
JM
http://www.desphotos.net
ripadessa - 08/08/2009 à 15h11
Comme on dit chez eux :
Un chinois meurt, 1 milliard sont prêt à prendre sa place... ( Concernant cette affaire j'en suis pas sûr )
çà me fait penser aux russes durant les batailles de Koursk ou de Stalingrad où si le soldat reculait, il était abattu par le gradé !!
C'est peut-être le prix qu'ils accordent à une croissance à 2 chiffres....
Franck17 - 08/08/2009 à 15h40
ZiDioude - 10/08/2009 à 22h27