Licence 3G : Bouygues veut porter le dossier à Bruxelles
Brève rédigée le 31/08/2009 à 10h56 par Charles Pietri
Martin Bouygues n'a pas baissé la garde concernant l'épineux dossier de la quatrième licence mobile. Le PDG du groupe étudie sérieusement la possibilité de déposer un recours devant la Commission Européenne pour contester le prix de la licence.
L'arrivée d'un quatrième opérateur mobile crée de nombreux remous dans le secteur des télécoms.
L'appel a candidature a finalement été lancé à la fin du mois de juillet après des retards répétés mais d'autres embûches pourraient se trouver sur le chemin de cette licence
3G.
Non seulement le nouvel entrant devra faire face à de nombreuses difficultés pour constituer son réseau, mais il devra également compter sur la férocité des opérateurs déjà présents pour lui compliquer la tâche avant même que la licence ne soit attribuée. Le montant de la redevance,
déjà contesté par Orange, revient sur le devant de la scène. En effet,
Martin Bouygues a annoncé qu'il pourrait déposer un recours à Bruxelles pour contester le prix de la licence.
Si la requête a peu de chances d'aboutir en sa faveur, elle pourrait entraîner d'autres retards dans la procédure d'attribution. Il faut rappeler que
le montant de la quatrième licence a été défini par la Commission des participation et transferts (CPT). Le prix initial du lot de fréquences était de 206 millions d'euros et la CPT l'a réévalué à 240 millions.
Martin Bouygues souhaite donc que le prix de la licence des opérateurs actuels soit également réévalué :
« En 2000, Orange et SFR devaient payer 5 milliards d'euros leur licence. Quand Bouygues Telecom a obtenu la sienne à 619 millions, Bruxelles a trouvé normal de ramener le prix à 619 millions d'euros pour Orange et SFR. Si la licence coûte maintenant 240 millions d'euros, je ne vois pas pourquoi les mêmes causes ne produiraient pas les mêmes effets. »
Si l'argument est logique sur le fond, le dirigeant du groupe Bouygues oublie un détail important : le prix de la licence de
Bouygues Telecom porte sur
un lot de fréquences de 15 MHz alors que
le nouvel entrant ne bénéficiera que de 5 MHz.
La bande de fréquences attribuée au nouvel entrant est trois fois moins importante que celle des opérateurs déjà présents, il était donc normal que le prix de cette licence en tienne compte. En procédant donc à une simple multiplication par trois, le prix d'un lot 15 MHz aujourd'hui serait de
720 millions d'euros. Martin Bouygues veut-il vraiment une réévaluation du montant de sa licence ?
Actuellement il n'y a que deux fréquences utilisées par les opérateurs, et en zones denses uniquement.
Et si il y a une rétrocession sur la bande 900 pour faire de la 3G, ce sont bien 2 fréquences qui seront allouées.
Donc à la fréquence, prix de revient moindre que pour le dernier appel d'offre.
billfouine - 31/08/2009 à 11h25
avant de ce prononcer publiquement, il aurait mieux fallut qu'il ait les conclusions de leur etude interne pour savoir si un recours ou non était défendable devant la cour européenne...
bref encore un article de plus qui ne viendra pas redorer le blason du cartel
tofoo93 - 31/08/2009 à 11h26
En prenant un tant soit peu de recul, il devrait réfléchir aux dernières aventures "pubesques" de sa filiale TF1... Les mauvaises langues prétendent que ce "brave" monsieur aurait plus ou moins été l'instigateur de la suppression de la pub sur le service public... En comptant peut-être augmenter ses rentrés publicitaires??? Rumeur ou réalité?
Si l'on était dans la 2ème hypothèse, le résultat aurait "dépassé ses espérances", et on a rejoué l'arroseur arrosé!
Enfin, toujours se méfier des appels à la justice européenne... Là aussi, le "double effet kisscool" peut se produire, avec le retour de manivelle idoine...
dgfu6578 - 31/08/2009 à 11h38
Le 31 août 2009 - 11 h 25, billfouine a écrit :
Actuellement il n'y a que deux fréquences utilisées par les opérateurs
Ce n'est pas parce qu'ils n'utilisent que 2 fréquences qu'il faut évaluer le prix sur ce qui est utilisé et non ce sur qui est utilisable...
Vince81 - 31/08/2009 à 11h42
Le 31 août 2009 - 11 h 25, billfouine a écrit :
Avec deux détails qu'on omet souvent sur le sujet:
Actuellement il n'y a que deux fréquences utilisées par les opérateurs, et en zones denses uniquement.
Et si il y a une rétrocession sur la bande 900 pour faire de la 3G, ce sont bien 2 fréquences qui seront allouées.
Donc à la fréquence, prix de revient moindre que pour le dernier appel d'offre.
Il est vrai, mais quelque part, il me semble que d'une part il y a un "léger" caractère différé à la rétrocession de la fameuse bande de fréquence, et d'autre part, la fameuse commission a du pas mal cogiter pour peaufiner "the" méchante formule pour chiffrer les acquits des opérateurs ayant "bénéficié" (moyennant finance) des fameuses bandes, par rapport à ce que va pouvoir en tirer un nouvel entrant...
Là, il y a du y avoir du "grand écart" pour trouver la "cote mal taillée" qui semblait présenter le moins mauvais ajustement...
dgfu6578 - 31/08/2009 à 11h46