Filtrage du net : les jeux d'argent en ligne relancent le débat
Article rédigé le 05/10/2009 à 15h58 par Stéphane C.
La défense de la neutralité du net est un véritable tonneau des Danaïdes. Malgré le fiasco de la première version d'Hadopi et la levée de boucliers face à Loppsi 2, une nouvelle tentative de filtrage du net fait surface via le projet de loi relatif aux jeux d'argent et de hasard en ligne.
Tel le phoenix,
la tentation de contrôler les flux qui transitent par le net renaît inlassablement de ses cendres.
Du 7 au 9 octobre, les députés auront à examiner
le projet de loi relatif à l'ouverture à la concurrence et à la régulation des jeux d'argent et de hasard en ligne. L'article 50 du texte donne
à une autorité administrative, l'
ARJEL (Autorité de Régulation des Jeux En Ligne),
le pouvoir d'exiger des FAI et des hébergeurs le blocage de sites considérés comme illégaux.
Si ce principe vous dit vaguement quelque chose, cela n'a rien de fortuit. Des dispositions analogues ont été envisagées dans le cadre de
la lutte contre la pédopornographie au sein
du projet de loi dit Loppsi 2.
Devant les nombreuses inquiétudes,
notamment celles de la CNIL, que soulevait le texte défendu par Michèle Alliot-Marie, l'examen du projet de loi a été repoussé à 2010.
Mais voilà que ce nouveau texte, faisant fi de l'enseignement des récents débats parlementaires, propose
le pire de Loppsi jumelé au pire d'Hadopi. Ainsi le projet de loi tente non seulement
d'instaurer un filtrage du net mais la responsabilité de celui-ci sera, de surcroît, confiée
à une autorité administrative, sans passage devant le juge des référés, comme cela avait tout d'abord été envisagé.
En outre, l'établissement de
la liste noire des sites à bloquer,
le système technique de blocage à adopter, ou encore
le coût de telles dispositions n'ont fait l'objet d'aucune étude.
Le groupe des élus socialistes de l'Assemblée Nationale reprend donc du service et exige que
le passage devant le juge des référés soit rétabli.
De même,
Lionel Tardy, député UMP habitué à naviguer à contre courant de la majorité sur les questions de télécommunications, estime que : «Â
Bloquer un site, c’est restreindre l’accès à Internet. Or concernant Hadopi, le 10 juin dernier le Conseil constitutionnel a dit qu’une autorité administrative ne pouvait pas restreindre l’accès à Internet. Tout intervention empêchant cet accès tombe donc sur le coup de la jurisprudence ».
Internet et les communications électroniques divisent donc à nouveau les parlementaires, quelques jours seulement après
la saisine par les députés PS du Conseil constitutionnel concernant la loi
Hadopi 2, et devraient donner lieu à quelques débats houleux.

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nicoge74 - 05/10/2009 Ã 16h52
Nos députés sont pour 90% totalement incompétents sur les sujets sur lesquels ils sont appelés à légiférer.
Ce qui est affolant, c'est que l'on est arrivé à un tel point que l'on pourrait croire qu'ils ne sont plus là pour voter des lois qui vont faire vivre la république, mais pour soutenir ou contrer tel ou tel projet de leur parti ou du gouvernement en place, ceci contre vents et marées! Le tragique dans l'affaire est qu'une bonne partie des lois ainsi votées sont soit inapplicables, les décrets d'application étant impossible à sortir, tellement les différents articles de la loi son contradictoires, ou comportent un ou plusieurs articles qui sont carrément anti-constitutionnels.
Et quand la loi est votée, il se peut que celle-ci ne soit jamais appliquée, les décrets d'application n'étant jamais promulgués, la promulgation des décrets d'application étant "à duscrétion" du gouvernant!
Là se pose la définition (je ne dirai pas l'utilité!) de la démocratie... Quels sont les réels pouvoirs et compétences des élus du peuple???
dgfu6578 - 05/10/2009 Ã 17h01
Le 05 octobre 2009 - 16 h 52, nicoge74 a écrit :
Ni Hao en République Populaire de France.
Oui oui, bien sûr... tous les sinologues savent que nous sommes politiquement équivalents aux chinois.
C'est aussi fin que si je traitais les suisses de collabos sous prétexte qu'ils ont arrêté Roman Polanski.
vincenzu - 05/10/2009 Ã 21h39
C'est aussi fin que si je traitais les suisses de collabos sous prétexte qu'ils ont arrêté Roman Polanski.
Est ce etre collabo que d'appliquer un avis de recherche international sur une personne présumée coupable de pédophilie ?
nicoge74 - 06/10/2009 Ã 17h00
Comme quoi, il faut toujours se méfier des raccourcis.
vincenzu - 06/10/2009 Ã 17h08