Le Troll de la semaine : l'internaute et l'espionnite aigue
Brève rédigée le 10/10/2009 à 00h10 par Charles Pietri
La Grande Bretagne est prise dans la spirale de la vidéo-surveillance. Avec un brin de génie et peu de scrupules, un site britannique flatte les bas instincts des internautes qui se rêvent en héros en leur proposant de surveiller des caméras et de signaler les délits potentiels, avec récompense à la clé. Sauf que le site n'oublie pas de ramasser de la monnaie au passage.
Si les initiatives publiques liées
à la dénonciation et à
la surveillance se répandent sur la toile, les entreprises privées ne manquent pas d'idées. La dernière trouvaille dans ce domaine nous vient de Grande Bretagne où le site Internet Eyes propose à chaque internaute d'être le voyeur exemplaire.
Le principe est simple : vous vous inscrivez et avez accès à quatre caméras de surveillance en simultané. Les images proviendront de magasins ou d'entreprises qui auront pris un abonnement auprès du site (pour un montant encore inconnu).
Tranquillement installé avec votre paquet de chips et votre bouteille de soda, vous pouvez commencer la surveillance. Tel un Sherlock Holmes des temps modernes, vous pourrez scruter les détails, les comportements, noter les évènements étranges et repérer les infractions.
Ce site pourrait donc faire de vous le défenseur virtuel de la veuve et de l'orphelin sans bouger de votre moelleux canapé. Oubliez la remise de médaille ou le diplôme du parfait citoyen, mais Internet Eyes n'oublie pas la carotte qui vous fera avancer dans vos tâches de surveillance.
Un système de point a été mis en place pour récompenser les internautes les plus actifs. Pour chaque délit signalé, vous gagnez trois points. En dénonçant un événement bizarre mais qui s'avère ne pas être un délit, vous engrangez tout de même un point. En cas d'alerte injustifiée, aucun point ne vous sera attribué.
A chaque fin de mois, le site procèdera à un compte des points et celui qui en aura accumulé le plus sera récompensé par la coquette somme de
1 000 livres sterling (1 080 euros). L'internaute lambda aura donc le plaisir de jouer au justicier de l'ombre tout en comblant son appât du gain.
Toutefois, l'appétit financier de l'entreprise à l'origine d'Internet Eyes semble être bien supérieur. Pour avoir des chances d'être en tête du classement, l'Internaute devra passer à la caisse. En effet, vous ne pourrez pas cliquer à tout va pour signaler crimes, délits, vols, croche pattes et autres vilainies. Le site vous accorde trois clics d'alertes gratuits par mois mais ensuite
il faudra passer par Paypal pour acheter des clics supplémentaires à 1,10 euro l'unité (vendus par paquets de trois).
Si Internet Eyes n'éradiquera certainement pas le crime dans les villes de la Perfide Albion, ses créateurs devraient ramasser un joli pactole. De plus,
le site voudrait étendre son système à toutes les caméras de Grande Bretagne (espaces publics compris).
Un enfant qui vole un bonbon dans une boulangerie ? Hop un clic à 1,10 € ! Une vieille dame qui se fait bousculer dans la rue ? Hop un autre clic à 1,10 € ! Un passant qui ne ramasse pas les déjections de son compagnon canin dans la rue ? Hop encore un clic !
Et quand on voit un site utiliser un concept très douteux, flatter les bas instincts des internautes juste pour amasser un maximum de cash, où doit-on cliquer ?
Source : DegroupNews
ai ca va devenir de + en + la norme.
Les gouvernements ne vont pas dire non a ca pour sur, dans quel monde on vit?
Ubuntu - 10/10/2009 à 05h02
"le sommons de la décadence, c'est ..."
abominable - 10/10/2009 à 09h53
billfouine - 10/10/2009 à 11h19
groumf - 10/10/2009 à 13h31
Big Brother est parmi nous. Avec une surveillance néo-fasciste omniprésente.
George Orwell dans son imaginaire le plus débridé n'a tout de même pas envisagé que chacun pourrait être un il de Big Brother, et pour cela, devoir verser son écot, afin de jouir ensuite du plaisir de dénoncer à tout va.
A ce prix, les délations de juifs, de résistants, de "gaullistes" ou "communistes" ou d'acteurs du "marché noir, . . . durant l'occupation auraient pu rapporter gros.
En tout temps, les instincts les plus bas sont prêts de la surface. Habituellement, les règles sociales les empêchent d'émerger. Mais une crise financière, économique, que ce soit dans l'après 1929 ou aujourd'hui, désinhibe, et ces instincts se donnent libre cours.
Nous ne sommes pas dans une situation à la romaine, durant laquelle des dictateurs utilisaient et manipulaient les foules pour mieux asseoir leur dictature. Nous sommes beaucoup plus proche d'un système populiste, voire fascisant, dans lequel celui qui devrait être un citoyen cherche à mettre en place des forces de pouvoir, politiques, mais aussi économiques, afin d'assumer ses fantasmes les plus vils. Et dans ces fantasmes, on retrouve toujours un groupe social bouc émissaire du mal vivre collectif.
Pas pire au R.U. qu'en Italie, où les élections permettent à un mafieux d'accéder au plus haut des différents pouvoirs, ou aux E.U, dans lesquels le "Patriot Act" autorise la détention sans accusation, sans procès, sans défense, et permet à des soldats, femmes comprises, de se croire libre d'user et abuser de la torture et des actes de violence bestiaux sur des prisonniers.
@+
JM
www.desphotos.net
ripadessa - 11/10/2009 à 12h04