Bruxelles s'intéresse à la numérisation des bibliothèques
La Commission européenne cherche à encadrer la numérisation des bibliothèques afin de permettre aux Européens d'accéder à leur fonds culturel sans que le droit d'auteur ne soit bafoué et sans que Google ne se pose en interlocuteur unique.
A l'occasion de la
61ème Foire du Livre de Francfort, l'Union européenne a présenté sa bibliothèque virtuelle, qui met à disposition de chacun, gratuitement,
50 ans de documents européens dans une cinquantaine de langues.
A cela fait aujourd'hui écho la mise à l'ordre du jour, par la Commission européenne, de
la question de la numérisation des bibliothèques.
En effet, à l'heure où
l'entreprise de numérisation des oeuvres menée par Google inquiète éditeurs et bibliothécaires, Bruxelles a décidé de se saisir du débat.
Il ne s'agit pas là de remettre en question
le principe de la numérisation des fonds, qui ouvre des perspectives de diffusion des oeuvres et des documents jusqu'alors insoupçonnées, à l'instar de
Europeana, de
la bibliothèque numérique mondiale de l'UNESCO ou encore de l'initiative audacieuse de
la bibliothèque municipale de Lyon.
Selon
Charlie McCreevy, commissaire européen en charge du marché intérieur : «
Nous devons mettre en valeur l’Europe comme centre de créativité et d’innovation. Au lieu de prendre la poussière dans les rayons, l’important patrimoine des bibliothèques européennes doit être rendu accessible à nos concitoyens ».
Néanmoins, si la Commission européenne se montre largement favorable à la
numérisation des bibliothèques, elle considère que certaines règles doivent être respectées.
Ainsi, pour
Viviane Reding, commissaire européenne en charge de la Société de l'Information : «
Partout dans le monde, d'importants programmes de numérisation ont d’ores et déjà été lancés. L’Europe doit saisir cette occasion pour prendre un rôle de premier plan et faire en sorte que la numérisation des livres se fasse en se fondant sur la législation européenne en matière de droits d’auteur et dans le plus grandrespect de la diversité culturelle de l’Europe. Dotée d’un riche patrimoine culturel, l’Europe est la région qui a le plus à offrir et à gagner avec la numérisation des livres. Si nous agissons rapidement, des solutions européennes créant un environnement concurrentiel pour la numérisation des livres pourraient fonctionner plus tôt que celles qui sont actuellement envisagées aux Etats-Unis avec l'accord sur Google Books ».
Non seulement l'Europe ne peut envisager de se retrouver
seule à ne pas donner accès à des versions numériques de ses fonds culturels, mais elle doit également veiller à ce que
Google ne se constitue pas en la matière
un monopole qui pourrait tourner aux désavantages des auteurs.
En outre, la Commission doit se pencher sur
le statut particulier des oeuvres dites orphelines, c'est-à-dire des oeuvres protégées par le droit d'auteur mais dont l'ayant droit n'est pas connu. Celles-ci représentent une partie assez conséquente des collections (jusqu'à 40 % pour la
British Library) et ne peuvent être légalement numérisées dans l'état actuel des choses.
En mettant l'accent sur
la conservation numérique et la diffusion de matériel universitaire et culturel, Bruxelles souhaite «
s'assurer que les Européens disposent d’un accès à leur propre patrimoine culturel, tout en garantissant que les auteurs européens perçoivent une juste rémunération ».
Question d'autant plus actuelle que la commercialisation des
ebooks –
Kindle d'Amazon ou
Reader de Sony – encore balbutiante, est appelée à se développer rapidement. C'est donc toute la filière du livre qui a besoin d'un cadre clair et précis de la
numérisation des oeuvres.
Source : DegroupNews
Et pour les autres, le choix de numérisation doit appartenir à l'auteur.
ben25350 - 20/10/2009 à 18h16
Le 20 octobre 2009 - 18 h 16, ben25350 a écrit :
La solution ? Que la numérisation soit effectuée par les Etats, et non confiée à des opérateurs privés comme Google ! Pour les uvres tombées dans le patrimoine mondial, un accès libre sur internet...
Et pour les autres, le choix de numérisation doit appartenir à l'auteur.
Et si l'ayant droit est introuvable ???
luigi.c - 20/10/2009 à 20h59