Les BFM Awards ont récompensé Xavier Niel hier en lui remettant le prix du manager de l'année. Entre l'arrivée de Maxime Lombardini, la présence publicitaire accrue, l'image de Free est-elle en train de changer ?
Xavier Niel, fondateur de Free, a reçu hier le prix du manager de l'année 2009 lors de la cérémonie des BFM Awards. L'homme, qui est généralement discret, intervient de plus en plus ces derniers temps dans la sphère médiatique. En présence de Laurence Parisot, présidente du Medef, Xavier Niel est venu chercher son prix et a dévoilé quelques ingrédients de la politique de son entreprise.
Free a clairement eu le génie de trouver le positionnement parfait sur un marché naissant : un cocktail mêlant le côté pionnier, l'innovation et un prix plancher. Dix ans après, l'accès à Internet a évolué pour devenir un marché de masse, grand public, regroupant près de 20 millions de clients. Et si le nombre d'abonnés a connu un essor sans précédent, le nombre de FAI, quant à lui, s'est considérablement réduit.
Le secteur est dominé par trois acteurs : Orange, Iliad (regroupant Free et Alice) et SFR. Ceux-ci ont adopté une vitesse de croisière et misent essentiellement sur la publicité pour attirer le chaland. Entre le barbu Rodolphe, les publicités minimalistes orangées et les minipouces hi-tech de la neufbox, les spots des FAI se répandent sur nos écrans.
Si Xavier Niel a su conserver son image d'entrepreneur hyperactif, l'identité de son entreprise a bien évolué au fil des ans. Au début de l'année 2007, le départ de Mickael Boukobza, remplacé par Maxime Lombardini, issu de l'univers TF1, a contribué à cette évolution. Et on sent maintenant que Free est tiraillé entre les racines de geek trublion auxquelles il tient et la nécessité de devenir un grand groupe dans les années à venir.
Ce prix, décerné au fondateur de Free, récompense la success story d'une entreprise qui a réussi de façon innovante. Le FAI fait maintenant partie depuis longtemps du trio de tête sur le marché de l'accès à Internet et appartient à l'ordre établi. Mais avec une image qui devient de plus en plus consensuelle, Free gagne en visibilité ce qu'il perd en audace, et d'autres sont déjà sur les rangs pour prendre la place laissée vacante.
Entre un Numericable qui mise tout sur le très haut débit et s'offre une campagne de pub décalée et un Bouygues Telecom, qui se positionne en challenger qui n'a rien à perdre à coup de quadruple play, la donne est en train de changer. Pierre Danon, PDG du câblo-opérateur, et Olivier Roussat, Directeur Général de Bouygues Telecom, seront-ils les managers 2010 ?
tofoo93 - 17/11/2009 à 16h43