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Numérisation : Google répond à Nicolas Sarkozy

Brève rédigée le 10/12/2009 à 14h38 par Stéphane Caruana


Bibliothèque Medicis
Nicolas Sarkozy lui-même s'est emparé du débat autour de la numérisation des fonds patrimoniaux des bibliothèques publiques, mettant en garde contre les intentions de Google. Cette déclaration n'a pas manqué de provoquer la réaction de Marissa Mayer, numéro 3 de la firme de Mountain View.


La numérisation des fonds patrimoniaux n'en finit plus de créer des remous en France. Il aura suffi que l'actuel président de la BNF évoque la possibilité d'entamer des discussions avec Google pour provoquer une impressionnante levée de boucliers.

La question a même donné naissance à deux missions spéciales et provoqué le retour inattendu sur le devant de la scène politique de l'ancienne ministre de la Culture, Christine Albanel.

Livres anciens
Comme si cela ne suffisait pas, et alors que le résultat des travaux menés par les commissions ne sont toujours pas connus, le Président de la République en personne s'est exprimé sur le sujet. Ainsi, lors d'un déplacement dans le Bas-Rhin, le chef de l'Etat a déclaré : « Il n'est pas question de nous laisser déposséder de notre patrimoine au bénéfice d'un grand opérateur aussi sympathique soit-il, aussi important soit-il, aussi américain soit-il », faisant évidemment allusion à Google, « La France, c'est une histoire, c'est une culture, oserais-je le mot, c'est une identité. Il n'est pas question que ce que des générations et des générations ont produit en langue française nous nous en laissions déposséder simplement parce qu'on ne serait pas capable de mobiliser l'argent nécessaire pour faire nous-mêmes un travail de numérisation ».

Marissa Mayer
Face à une telle déclaration, l'envahisseur américain soupçonné de vouloir dépouiller la France de ses biens les plus précieux ne pouvait rester muet. Marissa Mayer (photo ci-contre), numéro 3 de Google, en visite à Paris à l'occasion d'un conférence a donc accordé une interview à TF1 News.

Celle-ci met en avant le travail de conservation du patrimoine entrepris par Google Books, service qu'elle estime « mal compris » : « Chaque jour, la dernière version d'un livre peut disparaitre dans un incendie, une inondation ou finir simplement à la poubelle. Google Books est donc un énorme avantage pour la conservation de la culture. L'objectif est simplement de préserver la littérature et de permettre aux gens d'y avoir accès ».

Par ailleurs, Marissa Mayer met en avant le fait que, sur la question de la numérisation, Google est l'entreprise mondiale la plus avancée. C'est la raison qui a poussé la bibliothèque municipale de Lyon à conclure un partenariat avec la firme de Mountain View.

Logo Google
Encadrée par un contrat précis, l'entreprise californienne a les moyens de faire ce que les collectivités territoriales ou les instances gouvernementales ne peuvent parvenir à mettre en place.

Enfin, à écouter Marissa Mayer, on pourrait croire que Google s'est lancé dans un vaste chantier philanthropique. C'est oublier les intérêts économiques que le géant américain tire de la numérisation des ouvrages, comme c'est le cas dans le cadre de son partenariat avec Sony.

Source : Reuters;TF1 News
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Les commentaires des membres



Ils sont tellement sympa ces Nord-américains...

Ca me rappelle que le Président des Etats-Unis est allé chercher aujourd'hui son Prix Nobel de la Paix.

Vraiment, ce sont des gens trop altruistes...

joma74fr - 10/12/2009 à 15h14

quand on voit que google c'est empressé de ne pas indexé un rapport sorti sur les fondateurs du moteur de recherche on peut ce poser quand meme des questions si on va pas trop loin... je préféré que l'europe mette les moyens pour y parvenir de façon indépendante avec les garantis de neutralité qui s'impose...

tofoo93 - 10/12/2009 à 17h32

Bonjour,
Le problèmes est :
  • est-ce que j'accepte une augmentation d'impôts pour se donner les moyens de numériser les livres dans nos bibliothèques?
  • est-ce que j'accepte qu'une entreprise numérise (gratuitement) ces livres. Bien sur elle ne le fait pas bénévolement, qu'est ce qui change pour nous?
    Dans le premier cas, les impôts augmenterons, mais je crains que 100ans après, le + en impôts sera toujours présent :lol: mais seulement 10% (qui a dit que je suis optimiste?) des livres seront numérisés, et peut être un certain nombre auront définitivement disparus avant d'être numérisés.
    S'il s'agit réellement de sauver des livres très rares, uniques et fragiles quand le livre aura disparu ce sera pire pour le "savoir humain" que s'il avait été numérisé par Google.

    Si quelqu'un pouvait nous dire en quoi, la numérisation par Google est dangereuse? Termes dangereux du contrat?

    patounet1 - 11/12/2009 à 15h01



  • Le 11 décembre 2009 - 15 h 01, patounet1 a écrit :
    est-ce que j'accepte qu'une entreprise numérise (gratuitement) ces livres. Bien sur elle ne le fait pas bénévolement, qu'est ce qui change pour nous?

    "Gratuitement" comme TF1, c'est gratuit et ça respire la culture.


    Le 11 décembre 2009 - 15 h 01, patounet1 a écrit :
    Dans le premier cas, les impôts augmenterons, mais je crains que 100ans après, le + en impôts sera toujours présent :lol: mais seulement 10% (qui a dit que je suis optimiste?) des livres seront numérisés, et peut être un certain nombre auront définitivement disparus avant d'être numérisés.
    S'il s'agit réellement de sauver des livres très rares, uniques et fragiles quand le livre aura disparu ce sera pire pour le "savoir humain" que s'il avait été numérisé par Google.

    Tout le problème est là, en fait.


    Le 11 décembre 2009 - 15 h 01, patounet1 a écrit :
    Si quelqu'un pouvait nous dire en quoi, la numérisation par Google est dangereuse? Termes dangereux du contrat?

    Dangereux est peut-être inapproprié. Moi ce qui me gêne, c'est le fait qu'une entreprise privé ait l'exclusivité de la numérisation d'oeuvres publiques.
    Et comment justifier qu'un organisme privé ait des droits sur des oeuvres du domaine public ?

    joma74fr - 13/12/2009 à 00h39

    Bonjour,
    Ce qui me gène, c'est qu'en attendant on ne fait rien.
    *** C'est facile de réunir des gens contre quelque chose, quelqu'un, surtout si c'est un étranger, mais il est bien plus difficile de faire quelque chose.

    c'est le fait qu'une entreprise privé ait l'exclusivité de la numérisation d'oeuvres publiques.

    Pourquoi? Bien des entreprises publiques sont passées au mains du privé, bien des services anciennement public, sont confiés, totalement ou en parti, à des entreprises privées (le reclassement des chômeurs par exemple).

    Pourquoi nos politiques, qui défendent "la privatisation", qui, (de quelque bord qu'il soient :si: ), ont vendu au privé France-Télécom, Renault, la première chaine de TV (= TF1), et d'autres, s'offusquent dans ce cas, je n'ose pas croire qu'il y a une histoire de "pot de vin" ?
    En attendant le temps, qui passe, continu de faire son travail de destruction, et nous ne faisons rien.

    J'aimerais comprendre. :chepa:

    patounet1 - 13/12/2009 à 12h49


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