Les ambitions de la TV d'Orange remises en question
Une nouvelle fois, la stratégie mise en place par Orange dans la commercialisation de contenus audiovisuels premium est montrée du doigt. En effet, après l'Autorité de la concurrence, c'est Marie-Dominique Hagelsteen qui s'inquiète face au modèle économique développé par l'opérateur.
En juillet 2009, l'Autorité de la concurrence répondait à une saisine du gouvernement sur la question
des exclusivités des services TV des FAI. En filigrane, cet avis tirait à boulets rouges sur le mode de développement de l'offre de télévision payante d'
Orange.
En effet, les Sages de la rue de l'Echelle voyaient à l'époque d'un mauvais oeil le principe de
double exclusivité mis au point par l'opérateur, qui réserve les contenus exclusifs de ses bouquets
Orange Sport et
Orange Cinéma Séries à ses seuls abonnés
triple play.
Fort de cet avis, le Premier Ministre a chargé, en octobre 2009,
Marie-Dominique Hagelsteen (photo ci-contre), présidente de la section des travaux publics au Conseil d'Etat, de se pencher sur la question
des relations d'exclusivité entre télévision numérique et communications électroniques. Or, cette dernière vient de rendre son rapport.
Une fois encore, les conclusions de cette étude ne sont pas tendres avec l'opérateur historique.
Orange jouit en effet d'
une exclusivité de distribution de certaines chaînes, ce qui lui permet de constituer des bouquets TV attractifs qui se distinguent de ceux de la concurrence (
Orange Sport et
Orange Cinéma Séries). Là dessus, il n'y a pas grand chose à redire, le groupe
Canal+ procédant de manière analogue (avec, par exemple,
l'exclusivité de National Geographic Channel HD sur
Canalsat).
Cependant,
Orange bénéficie également d'
une exclusivité dite « de transport » en réservant ces deux bouquets à ses seuls abonnés
triple play.
Or, au vu des investissements colossaux qu'a nécessités l'acquisition de ces programmes premium (230 millions d'euros par an pour les droits de retransmission de certains matches de Ligue 1, partenariats privilégiés avec Warner et MGM ...) et du faible nombre d'abonnés ayant souscrits à ces services (300 000 pour
Orange Foot et 325 000 pour
Orange Cinéma Séries à la mi-novembre 2009), la mission Hagelsteen soupçonne l'opérateur de vouloir «
attirer les abonnés d’autres fournisseurs d’accès à Internet » ou «
fidéliser ses propres clients, dans un marché dit de « churn » (ou de migration) où les nouveaux clients ADSL sont rares ».
Le 12 janvier 2010 - 16 h 46, stephaneC a écrit :...la mission Hagelsteen soupçonne l'opérateur de vouloir « attirer les abonnés d?autres fournisseurs d?accès à Internet » ou « fidéliser ses propres clients, dans un marché dit de « churn » (ou de migration) où les nouveaux clients ADSL sont rares »...
Une commission pour ça, alors qu'il suffisait de réfléchir, allez disons 5 minutes, il y a un an.
Enfin, mieux vaut tard que jamais mais ça fait un an qu'on le dit, à part ceux qui défendent Orange aveuglément dans ce "modèle économique" qui n'a en réalité qu'un effet négatif chez le consommateur.
Contrairement à une offre Orange Sport ou Orange Cinema qui seraient disponibles partout, et qui apporterait une véritable concurrence à l'offre Canal, et qui auraient beaucoup plus que 30000 abonnés, le choix d'Orange, pardon de FT, de limiter Orange Sport et Orange Cinema Series aux seuls abonnés Orange ADSL n'est qu'une concurrence ADSL, mais pas du tout audio-visuelle.
De plus, pour un fan de ligue 1, combien à payer en plus pour pouvoir regarder le match qu'il veut ?
La concurrence devrait se jouer au moment de l'appel d'offre, mais il ne doit y avoir qu'un lot par "moyen de diffusion".
Un lot TV, et et un lot mobile.
Le consommateurs ne devrait avoir à payer qu'un seul abonnement. Sinon, c'est comme si une série TV avait les 24 épisodes d'une saison répartis avec 12 épisodes chez Orange Cinema, et 12 épisodes chez Canalsat
Pfunk - 14/01/2010 à 10h37