Numérisation des bibliothèques : Google partenaire de Gallica ?
Tout ça pour ça, serait-on tenté de dire face aux préconisations de la commission Tessier sur la numérisation du patrimoine des bibliothèques publiques rendues mardi matin. Le rapport fait preuve de pragmatisme et n'exclut pas totalement une alliance avec le géant américain Google.
Ce sont finalement des conclusions teintées de bon sens que livre la commission Tessier au sujet de la
numérisation des fonds des bibliothèques publiques françaises. Tout avait pourtant débuter dans l'hystérie collective.
Au coeur de l'été, le directeur de la
BNF a eu le malheur de laisser entendre qu'il pourrait
ouvrir une discussion avec Google au sujet de la
numérisation du fonds de la bibliothèque.
Ce qui a eu pour conséquence une immédiate levée de boucliers de la part du monde du livre, sans que l'on cherche véritablement à évaluer les avantages qu'il y aurait à tirer d'un partenariat avec
Google. Le Président de la République s'est même fendu
d'une déclaration plutôt hostile à l'égard de la firme américaine, ne manquant pas d'attirer l'attention de la numéro 3 du groupe,
Marissa Mayer.
Au final, le rapport de
la commission Tessier, mise en place par
Frédéric Mitterrand au mois d'ocotbre, s'avère bien moins belliqueux.
La commission préconise ainsi l'établissement d'une plateforme en ligne unique donnant accès à l'ensemble du patrimoine écrit français. Celle-ci s'appuierait en partie sur Gallica, l'outil de la BNF qui contient 370 000 documents numérisés dont 145 000 ouvrages.
Néanmoins,
Gallica qui selon
Marc Tessier, «
a un problème d’ergonomie, le site n’est pas orienté web et ne permet pas d’être « moissonné » par les moteurs de recherches », serait entièrement refondu.
En outre, cette plateforme pourrait être le lieu de
partenariats public/privé, incitant les bibliothèques et les éditeurs à travailler en collaboration, option qui devrait être davantage creusée
par la commission chapeautée par Christine Albanel.
Enfin, le rapport Tessier envisage de proposer une alliance singulière à
Google. En effet, il est finalement bien apparu qu'il n'y avait pas d'équivalent à la force de frappe de la firme de Mountain View dans le domaine de la
numérisation.
Ainsi, la France pourrait passe un deal avec
Google, permettant à l'entreprise de numériser et de référencer sur
Google Books une partie des fonds du patrimoine français en échange des 600 000 ouvrages que la firme américaine a déjà numérisé. La plateforme française serait alors alimentée en partie par
Gallica et par
Google.
Le ministre de la Culture et de la Communication doit se rendre en Californie prochainement et pourrait alors ouvrir des négociations. Pas sûr néanmoins que
Google, pour qui
le rapport Zelnik sur l'offre culturelle légale en ligne envisage une taxe spécifique, soit enclin à accepter les conditions de la France sans se battre.
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