Le Troll de la semaine : Alain Joyandet et Francomot
Brève rédigée le 06/02/2010 à 00h34 par Stéphane C.
Après Jacques Toubon, la francophonie a trouvé son nouveau chantre en la personne d'Alain Joyandet (photo ci-contre). Celui-ci souhaite trouver des substituts à cinq termes anglais trop utilisés dans la langue française à son goût : tuning, buzz, newsletter, chat et talk.
N'y a-t-il qu'en français que les mots étrangers sont indésirables ? Alors que les Américains se pâment devant un sulfureux «
ménage à trois » et que les rues de Beyrouth résonnent d'un savoureux mélange d'arabe, de français et d'anglais, les autorités gouvernementales semblent bien décidées à éradiquer tout apport extérieur à la langue française.
En 2003, la Délégation générale à la langue française et aux langues de France rendait obligatoire l'utilisation du terme «
courriel » dans tous les services publics et les administrations, le grand public ignorant magistralement ce terme d'origine québécoise au profit d'
email ou de
mail.
Aujourd'hui,
Alain Joyandet, secrétaire d'Etat chargé de la coopération et de la francophonie lance jusqu'au 7 février un concours, intitulé
Francomot, à destination des étudiants et des élèves afin de trouver des équivalents français aux termes
tuning,
buzz,
newsletter,
chat et
talk, les anglicismes étant trop souvent plébiscités selon lui dans l'expression des nouvelles technologies.
Il semble cependant que le gouvernement se trompe ici de bataille. Tenter d'imposer l'usage d'un mot en substitution d'un terme bien installé relève non seulement d'une certaine suffisance mais tend également à nier
le caractère vivant de la formation d'une langue.
Le langage, vecteur d'affects et de prises de position, n'est pas qu'un simple outil de communication qu'un Etat peut modeler selon son bon désir. Si les termes francophones ne s'imposent pas dans le domaine des nouvelles technologies, cela trahit surtout
l'hégémonie des entreprises anglo-saxonnes sur ce marché.
En outre, il est navrant que le gouvernement ne se rende pas compte de
l'enrichissement réel qu'apportent ces nouveaux mots à notre langue. Un vieux fantasme voudrait en effet que ces termes anglophones prennent la place de termes français.
Or, personne ne pense qu'un «
chat » et qu'une «
discussion » désigne la même forme de communication, de même que le terme «
tuning » recouvre une activité qui n'a jamais existé en France sous une autre appellation. Ces anglicismes ne s'utilisent donc pas au détriment du français mais viennent plutôt
enrichir ou nuancer le vocabulaire déjà existant.
Enfin, on se souvient qu'
Alain Joyandet, qui s'est rendu en Haïti très rapidement après le tremblement de terre qui a ravagé ce pays au mois de janvier, a affirmé avoir émis
une protestation officielle auprès de Washington concernant la gestion américaine de l'aéroport de Port-au-Prince, obligeant le Quai d'Orsay à démentir cette information dans la même journée.
Comment ne pas penser alors qu'avec ce concours le secrétaire d'Etat à la coopération et à la francophonie fasse des Etats-Unis son ennemi intime ?
Source : DegroupNews
Muzikals - 06/02/2010 à 00h47
Dans la phrase : "Celui-ci souhaite trouver des substituts à cinq termes anglais trop utiliser dans la langue française à son goût", "utiliser" s'écrit "utilisés" car il s'accorde avec "cinq termes".
Adieu
flechaig - 06/02/2010 à 08h26
1) ou bien, l'on considère le Français comme une langue "vivante", et
dans cas, on admet les apports des autres langues (Anglais,
Allemand, Arabe...etc) , on l'enrichie , donc ...
2) ..ou alors, on la considère comme une langue "morte"
(Latin, Grec Ancien) et figée, une fois pour toute
une Langue : EST , ce que le peuple en fait, c'est ainsi, et ce n'est pas à un Ministre D'EN décider !!! (n'en déplaise à Mr. Joyandet)
P.S. : on l'a bien vu avec le mot "profitation"*, il n'a pas été retenu
* dommage , car il "collait bien" à la situation aux Antilles
abominable - 06/02/2010 à 09h57
Hé bien M. Joyandet, figurez vous que vous m'avez donner par toutes ces actions, plusieurs autres bonnes raisons de ne pas votez pour vous ! Merci.
Hurrican - 06/02/2010 à 10h10
La langue française importe des mots mais en lui accordant la plupart du temps, une signification différente. De plus des mots ayant la même orthographe (très important en français) engendrent des difficultés de compréhension.
Alors, effectivement, tuning, buzz, newsletter, chat et talk peuvent être utilisés dans un environnement professionnel mais ils risquent d'être mal compris (voire pas du tout) par le grand public.
Sur les claviers, les touches "Esc", "Del", "Enter", etc...ont laissé leur place à leur équivalentes francisées.
Ce n'est pas d'aujourd'hui: "Sauerkraut" a été francisée en "choucroute" et les exemples de ce type sont légion (speakerine????).
lemaigre - 06/02/2010 à 11h30