Une carte de téléchargement pour la Fête de la Musique ?
Brève rédigée le 19/03/2010 à 12h50 par Stéphane Caruana
Afin d'inciter les jeunes à télécharger de la musique légalement, la commission présidée par Patrick Zelnik a proposé la mise en place d'un carte musique jeunes. Celle-ci, financée en partie par l'Etat, pourrait être disponible dès le 21 juin prochain.
On se souvient qu'à la veille de l'adoption de la loi Hadopi, le ministre de la Culture et de la Communication avait mis sur pied
une commission « Création et Internet », présidée par
Patrick Zelnik, dirigeant du label Naive, afin de faire taire les esprits chagrins qui se lamentaient sur l'absence d'offres de téléchargement légal attractives.
Cette dernière avait pour mission de préparer
l'après Hadopi et de soumettre des propositions de développement des contenus culturels légaux en ligne.
Depuis, alors que
les décrets d'application de la loi Hadopi se font attendre et que le principe même de la riposte graduée continue à diviser l'opinion, incitant les internautes
à développer des solutions de contournement, la commission Zelnik a remis son rapport au gouvernement.
Outre l'instauration d'une «
taxe Google » ou la création d'une plateforme de téléchargement unique, la commission a proposé de mettre en place une
« carte musique jeunes » afin d'inciter les 12-24 ans à souscrire aux offres légales de téléchargement.
Le Ministère de la Culture et de la Communication vient de lancer un appel d'offres pour désigner le gestionnaire du site Internet qui accompagnera la création de cette carte, prévue pour la Fête de la Musique, le 21 juin prochain. Celle-ci devrait être
d'une valeur faciale de 50 €, dont seuls 25 € seront à la charge des internautes, et limitée à une seule par an et par personne.
De nombreuses questions restent néanmoins en suspens. Les jeunes intéressés devront s'inscrire sur le site mis en place pour l'occasion mais
aucun dispositif d'identification n'a encore été retenu. En outre, la carte pourrait se présenter sous la forme
d'un carnet de coupons de 10 euros chacun utilisables sur cinq plateformes maximum, afin de ne pas favoriser iTunes au détriment de plus petites structures.
Cependant, l'organisation d'un tel dispositif, qui ne devrait être reconduit que sur 3 ans, paraît considérable par rapport aux retombées réelles qu'il pourrait avoir. Il n'est pas certain en effet que les jeunes internautes, rompus aux techniques de téléchargement peer-to-peer, entreprennent une démarche aussi laborieuse
pour simplement découvrir les plateformes d'offres légales sélectionnées par le gouvernement.
En l'état actuel des choses, il est bien difficile d'imaginer que cette montagne en projet puisse accoucher d'autre chose que d'une souris.
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