Le Troll de la semaine : Hugo Chavez et Internet
Article rédigé le 20/03/2010 à 00h28 par Stéphane Caruana
Cette semaine, notre rubrique trollesque nous emporte sur les rives de la mer des Caraïbes, en Amérique du Sud, au coeur de la tentaculaire Caracas. Le président vénézuélien a en effet mis à profit une information erronée diffusée sur un site web pour dénoncer les pratiques terroristes d'Internet.
A l'occasion, notre Troll hebdomadaire ne rechigne pas à quitter les rivages hexagonaux et les débats franco-français pour partir à la découverte du monde. Ainsi, nous avons déjà eu l'occasion de nous familiariser avec
le filtage du net à la mode de Canberra,
les camps de redressement pour intoxiqués du web chinois ou encore
l'utilisation berlusconienne de la loi sur les diffuseurs de vidéos en ligne.
Cette semaine, c'est en Amérique du Sud que nous posons nos valises, et plus précisément au Vénézuela. A la tête du pays depuis 1999, le président
Hugo Chavez est très présent dans les médias, qui retransmettent chaque semaine ces interventions.
En outre, de nombreuses stations de radios et chaînes de télévision opposées au pouvoir ont été fermées ces dernières années (34 en 2009), inquiétant de nombreux défenseurs de la liberté d'expression au Vénézuela et dans le monde.
Or, dernièrement, l'ire d'
Hugo Chavez s'est portée sur Internet.
Noticiero Digital, un site d'information en ligne qui possède également un espace participatif et qui s'affiche plutôt dans le camp de l'opposition, a accueilli un post annonçant le faux assassinat d'un des membres du gouvernement.
Bien que le site ait supprimé ce post et banni ses auteurs définitivement, le président n'a pas manqué de déclarer à la télévision, dimanche dernier : «
Internet ne peut pas être quelque chose d'ouvert où tout est dit et fait. Non, chaque pays doit appliquer ses propres règles et normes » et plus particulièrement à l'encontre de
Noticiero Digital : «
Nous devons agir. Nous allons demander au procureur général de l'aide, parce c'est un crime. Je dispose d'informations affirmant que ce site publie régulièrement des histoires appelant à un coup d'État. Cela ne peut pas être permis ».
Selon le site, il s'agit pour le gouvernement
de menacer la liberté d'expression sur Internet, après avoir muselé radios et télévisions.
Chavez n'a d'ailleurs pas caché son animosité à l'égard des réseaux sociaux tels que
Twitter et
Facebook, qui serviraient à véhiculer des rumeurs infondées.
Le site de micro-blogging s'est également vu qualifié d' «
outil de terreur » par le président vénézuélien. Le tort de ces sites communautaires à la mode ? Ils seraient utilisés par de nombreux opposants au pouvoir en place
pour organiser des rassemblements et des manifestations de contestation.
Hugo Chavez ira-t-il jusqu'à prendre conseil auprès de
Brice Hortefeux et de
Michèle Alliot-Marie et décidera-t-il de filtrer le net vénézuélien
pour lutter contre la pédopornographie, sur
le modèle de la Loppsi 2 ?
il devrait, aussi, juguler la TV :
- fausse invasion de la Géorgie par la Russie
- fausse séparation de la Belgique (Wallons/Flamands)
on le voit : il N'Y a pas qu'Internet !
abominable - 20/03/2010 à 15h41