M6 conteste le rachat par TF1 de TMC et de NT1
Nicolas de Tavernost, président du directoire du groupe M6, condamne la décision du CSA qui permet à TF1 d'acquérir TMC et NT1. Les conditions imposées au groupe audiovisuel de Bouygues ne suffisent visiblement pas à le rassurer.
La concentration, aux mains de TF1,
de 80 % de TMC et de 100 % de NT1, deux chaînes gratuites de la
TNT appartenant jusqu'à présent au groupe AB, inquiète M6. Ainsi, le groupe audiovisuel dirigé par
Nicolas de Tavernost est prêt à s'en remettre au
Conseil d'Etat afin de contester
l'autorisation de rachat délivrée par le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel.
Le président du directoire du groupe M6 assure, dans une interview aux
Echos, que le
CSA a commis «
une faute lourde de régulation du secteur de la télévision ». En effet, lors de l'attribution des canaux de la
TNT, M6 a vu sa proposition de chaîne M6 Famille rejetée au profit de NT1,
la priorité étant donnée par le CSA aux groupes indépendants, afin de garantir
une plus grande diversité des acteurs de l'audiovisuel.
Or, le rachat par TF1 de TMC et de NT1 serait «
contraire à l'esprit de la loi » puisqu'il mettrait en péril «
le pluralisme et la diversité des opérateurs » en renforçant la position dominante de TF1, notamment sur
le marché publicitaire et sur
celui des droits audiovisuels. C'est d'ailleurs un point qu'a soulevé
l'Autorité de la concurrence, avant de rendre un avis favorable à cette concentration.
En outre, les conditions imposées par le
CSA au groupe audiovisuel de Bouygues ne suffisent pas à rassurer
Nicolas de Tavernost (photo ci-contre). TF1 s'est pourtant engagé
à faciliter la circulation des droits des programmes au profit des chaînes concurrentes et
à limiter la rediffusion à seulement deux de ses chaînes en clair.
De plus, aucune forme de couplage, subordination, avantage ou contrepartie ne pourra être consentie
entre les espaces publicitaires de TF1 et ceux de TMC et de NT1.
Néanmoins, selon le président des Girondins de Bordeaux, ces engagements ne sont que temporaires et cette décision du
CSA reviendrait, par analogie avec l'univers des télécoms, à autoriser
France Télécom «
à racheter Free et sa 4ème licence de téléphonie mobile, qui justement lui a été attribuée au nom de la diversité ».
Enfin, M6 regrette de ne pas avoir pu faire valoir son point de vue lors de l'étude du dossier par le
CSA. Le groupe audiovisuel n'aurait été entendu par les Sages de la rue de l'Echelle qu'
une heure avant que l'autorisation de rachat ne soit rendue publique. Le bras de fer entre la première chaîne privée française et son principal challenger ne fait donc que commencer.
xamari61 - 06/04/2010 à 12h26
lyonel - 07/04/2010 à 12h10