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Le Troll de la semaine : Albanel et les livres numériques

Brève rédigée le 17/04/2010 à 00h12 par Charles Pietri


Christine Albanel
Les rapports se suivent et ne se ressemblent pas. La petite trentaine de pages de celui remis par Christine Albanel à François Fillon concernant le livre numérique pourrait s'apparenter à un gag. L'ancienne ministre y dévoile des vérités toutes faites et, surtout, va totalement à contre-sens de ce qui l'a amenée à mettre en place Hadopi.

Rappelez-vous, chers internautes, le bon temps où Christine Albanel investissait les rangs de l'Assemblée pour défendre son projet de riposte graduée pour sauver l'industrie musicale. La grande prêtresse Hadopienne, marraine de notre Troll hebdomadaire, revient sur le devant de la scène grâce à son rapport sur le livre numérique.

Intitulé « Pour un livre numérique créateur de valeur », ce document dresse une analyse assez pointue de la situation de l'édition numérique. Alors que pour la musique, l'ennemi numéro 1 était le téléchargeur, pour le livre, les grands dangers sont au nombre de trois : Google, Amazon et Apple.

Selon le rapport, ils sont « susceptibles de déstabiliser la chaîne du livre, soit en s’arrogeant des prérogatives de l’éditeur, soit en provoquant une certaine désintermédiation, par exemple à travers la pratique de la vente directe par l'éditeur au risque de faire disparaître le libraire, sans oublier "l'auto-édition" qui peut tenter certains auteurs célèbres, dans l'espoir de conserver à leur seul bénéfice les droits d'exploitation numériques de leurs ouvrages ou des auteurs inconnus qui trouvent là l’occasion de proposer leurs œuvres, même si elle n’ont pas convaincu un éditeur. » Et face à eux, Christine Albanel entend défendre le projet culturel français.

Il est vraiment étonnant que l'ancienne ministre s'inquiète de la puissance d'Amazon ou d'Apple dans l'édition numérique alors que cette dimension lui a totalement échappé pour ce qui est de la musique en ligne.

Quid du piratage des livres numériques ?

pirates
Christine Albanel écrit : « Il apparaît enfin que si 3 livres piratés sur 4 sont disponibles en vente papier, 95% des livres piratés ne font pas l'objet d'une offre numérique légale, ce qui montre que si le souhait d'accéder à des ouvrages épuisés ou non disponibles existe, la motivation du piratage repose également sur le prix mais aussi sur le désir de disposer de contenus en format numérique. »

Si les « pirates du dimanche », comme les appelait l'ancienne ministre, étaient la cible principale de la loi Hadopi, Christine Albanel prend pour la première fois en compte des paramètres importants : la disponibilité des œuvres et leurs tarifs. Une dimension qui a été totalement oubliée dans la loi « Création et Internet » mais qui apparaît ici comme une circonstance atténuante.

Troll
Christine Albanel dresse la conclusion suivante : « le meilleur rempart contre ce fléau est le développement d’un modèle offrant la plus grande richesse de contenus dans des conditions d’utilisation les plus simples possibles, ce qui correspond aux attentes d'un lecteur, qui est aussi un usager quotidien de l’internet, avec les réflexes liés à sa pratique du réseau. » Elle en vient même à proposer l'idée très originale d'appliquer une TVA réduite à 5,5 % sur les livres numériques pour que le marché se développe.

Au final, l'idée lumineuse qu'elle a combattue pendant les longs mois de débats consacrés à la riposte graduée lui apparaît ici comme la meilleure solution : une offre variée, riche, utilisable dans de bonnes conditions et accessible à un tarif raisonnable. N'était-ce pas ce que demandaient les internautes et les nombreux acteurs de l'industrie culturelle au lieu de mettre en place un bête système de coupure d'accès ? Le retournement de veste de l'ancienne locataire de la Rue de Valois a de quoi laisser pantois...

Source : Le Monde
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Les commentaires des membres



et tous ca a ete remis un ....... 1er avril !!!!
comme dirait les lapins crétins : whaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa :dd: :dd:

epsylon999 - 17/04/2010 à 08h32

c'est plutot BWAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHH pour les lapins crétins xD

tofoo93 - 17/04/2010 à 11h29

et OOOOOOOOOOOOUUUUUUUUUUUHHHHHHHH pour albanule

Grand - 17/04/2010 à 13h19


LETTRE OUVERTE À CHRISTINE ALBANEL



Madame la Ministre,

Je suis un auteur sans prétention, je présente mes écrits gratuitement sur internet grâce à Google Livres. Auparavant, j'avais envoyé sans succès mes ouvrages à un grand nombre de maisons d'édition. Les comités de lecture de ces éditeurs n'avaient pas jugé mes ouvrages dignes d'intérêt.
Madame la Ministre, j'ai pris connaissance de votre récent rapport sur le livre numérique. Dans ce rapport, vous vous inquiétez de ce que des auteurs comme moi – auto-édités ou édités par des association sans but lucratif – parviennent à se faire éditer grâce à internet. Si je n'ai pas réussi à être publié par les éditeurs classiques – représentants de la culture supérieure - c'est que je suis un écrivaillon sans talent, il faut se rende à l'évidence. Ces grands éditeurs, cependant, éditent abondamment les ouvrages pornographiques, les romans de gare, les ouvrages des vedettes télévisuelles, politiques, du show-biz et du sport – écrits souvent par des nègres - mais, me dit-on, c'est pour permettre, grâce aux capitaux dégagés, l'édition d'ouvrages de qualité littéraire moins rentables. Alors, c'est vrai, je dois en plus louer ces éditeurs et les plaindre de devoir éditer pour la bonne cause des ouvrages vulgaires. Ils ont beaucoup de mérite de se livrer à ce bas commerce qui doit leur être horrible, mais c'est pour l'amour de la bonne littérature. Je comprends, nous faisons beaucoup de mal, nous, écrivaillons sans talent, et c'est pour cela que vous nous poursuivez avec un juste acharnement. Et je comprends que Google fait beaucoup de mal en permettant la visibilité gratuite de nos écrits – que dis-je, plutôt, de notre malfaisante, détestable et odieuse logorrhée - sur internet. Mes ouvrages publiés gratuitement en intégralité sur Google Livres ont enregistrés en effet plus de 4000 visites depuis 4 ans. Ainsi, quand de mauvais littérateurs de mon acabit auront disparu grâce à votre action, les lecteurs pourront acheter la bonne littérature des grands éditeurs chez un libraire. Il faut donc, Madame la Ministre, que je vous rende hommage et que j'abandonne mes prétentions à la publication. Pour l'amour de la bonne littérature.

sat261149 - 17/04/2010 à 18h00

Bonjour

je n'ai aucune sympathie pour Mme Albanel, mais vraiment aucune.

Toutefois, il me semble qu'un aspect important a été oublié. la distribution de livres et de musique n'ont rien de comparable.

Celle des livres est régie par la loi Toubon, toujours opportune, et seul cas où une vente "d'objets" usuels est encadré par une loi. Ce n'est pas le cas pour la distribution des œuvres musicales. J'ai volontairement utilisé "objet", entre guillemet, car la loi Toubon a pour but d'affirmer que le livre n'est pas un objet soumis à la loi du marché. Aucune loi, à tort ou à raison, ne reprend cette idée en ce qui concerne la musique. Et, pour rappel "l'exception culturelle", après bien des débats, a été acceptée par l'OMC.

Par ailleurs, on oublie la condamnation récente de Google, et l'interdiction qui lui a été faite de publier des livres numérisés.

La loi Toubon voulait, et veut toujours, la survie des libraires, et dans son esprit, face à la grande distribution, capable de brader des livres parmi les plus populaires (un ilot de perte dans un océan de profits), mais en aucun cas, de proposer à la vente des livres peu demandés. Ce que font les libraires (j'ai dit libraires, pas maison de la presse) avec bien des difficultés, et hélas, avec bien des disparitions.

L'internet, aujourd'hui, peut s'avérer encore plus dangereux. Si Google a été condamné, c'est pour son mépris des ayant droits : numérisation et diffusion d'œuvres protégées sans aucune autorisation. Cette attitude ne peut être admise. Elle augure bien de l'honnêteté d'un tel groupe, et, sans grand risque de se tromper des groupes de même type.

Que l'Etat tienne compte de cette situation est parfaitement dans ses attributions. Et les solutions ne peuvent donc être du type Hadopi (qui d'ailleurs n'apporte aucune solution, mais ouvre la porte à des dérives extrêmement dangereuses - précision pour qu'il n'y ait pas confusion sur mes propos).

Au final, ce qui m'intéresse, c'est que les principes de la loi Toubon soit respectés. Peu m'importe qu'un auteur choisisse d'être publié en ligne, dès lors, par exemple, que le prix de vente de son livre soit identique dans tous les points de vente (avec l'habituelle marge de 5% à laquelle les lecteurs sont habitués).

Autant dire que le débat ne porte pas sur les contradictions d'Albanel, mais sur le contenu des futures législations et règlementations, qui se devront de respecter l'exception culturelle, c'est à dire refuser que le livre soit marchandise sujette à la loi du marché et à la "concurrence" (entre guillemet, car cette concurrence ne sera que très provisoire, au même titre que dans le secteur des télécommunications, dès que les plus faibles sont absorbés par les plus gros). A défaut, il faut s'attendre à la publication des seules œuvres littéraires, présentes ou passées, dont le retour sur investissement tournera autour de l'habituel 15 % exigé des investisseurs.

@+
JM

www.desphotos.net

ripadessa - 18/04/2010 à 14h06


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