SeedFuck porte la contradiction à Hadopi
Brève rédigée le 19/04/2010 à 17h07 par Stéphane Caruana
L'adresse IP comme unique preuve d'un téléchargement illégal pose problème depuis les balbutiements de la riposte graduée. Aujourd'hui, un outil open source appelé SeedFuck, capable d'injecter une multitude d'adresses IP sur les trackers torrent porte la contradiction au coeur même de l'Hadopi.
On le sait de manière certaine depuis le mois de janvier : c'est
la société Trident Guard Media qui sera chargée de surveiller
les échanges de fichiers piratés sur les plateformes de peer-to-peer pour le compte des industries de la musique et du cinéma.
La tâche de
TMG pourrait néanmoins s'avérer un peu plus compliquée que prévu. En effet, telle que la loi Hadopi a été conçue, un internaute pourra se voir soumis aux sanctions de la riposte graduée s'il est repéré,
par le biais de son adresse IP, en train de s'adonner au téléchargement illégal.
Munie de cette donnée
comme unique preuve de la malversation, l'Hadopi pourra alors
obtenir les informations personnelles nécessaires à l'envoi d'avertissements, puis à la coupure de l'accès à Internet d'un individu.
Depuis longtemps déjà, les opposants à la loi Hadopi pointe du doigt
la faiblesse de l'adresse IP comme unique preuve du téléchargement d'un fichier piraté. Et voilà que le logiciel open source
SeedFuck, désormais disponible en ligne, apporte de l'eau à leur moulin.
Celui-ci permet en effet
d'injecter, de manière aléatoire, des adresses IP sur les trackers torrent. Il appartiendra ensuite aux pouvoirs publics de démêler les véritables pirates des leurres. Or, cette technique, appelée «
torrent poisoning » s'avère redoutablement efficace, permettant notamment au moyen d'une connexion haut
débit d'injecter plus d'un millier de faux peers en moins de 5 minutes.
Le seul moyen de faire le tri pour les forces de l'ordre sera alors de télécharger les fichiers en question afin d'obtenir la liste des adresses
IP le partageant effectivement. Avec
SeedFuck, la preuve est donc faite que le système mis en place par l'Hadopi est plus que bancal.
Reste que
l'usurpation d'identité sur les réseaux numériques est une question qui a été soulevée
lors de l'examen de la loi Loppsi 2 et qu'elle pourrait, dans ce cas précis, être dénoncée.
SeedFuck est donc un instrument à utiliser à vos risques et périls.
Art.323-2. (Ordonnance nº 2000-916 du 19 septembre 2000 art. 3 Journal Officiel du 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002). (Loi nº 2004-575 du 21 juin 2004 art. 45 II Journal Officiel du 22 juin 2004).
Le fait d'entraver ou de fausser le fonctionnement d'un système de traitement automatisé de données est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75000 euros d'amende"
Mais bon, avant de vous lancer dans le téléchargement de ce logiciel et de le lancer a travers la connexion wifi de votre voisin (ben oui...parceque ce logiciel ne masque pas l'IP émétrice, couche 3....la "vraie" ), une petite lecture rapide pour vous auto-insulter:
http://www.spleenheart.net/2010/04/seedfuck-une-escroquerie-sur-la-toile.html
Pour deux articles plus "sérieux" sur le fakepeer et seedfuck (désolé Stéphane C. ):
http://hack45.net/hadopi-generation-de-fake-peers-sur-bittorrent-ou-torrent-poisoning/
http://hack45.net/seedfuck-dechaine-le-net/
zevlaco - 20/04/2010 à 14h35