La presse française réplique à Google Actualités
Brève rédigée le 21/07/2010 à 12h07 par Arik Benayoun
Face aux succès de Google Actualités (5 millions de pages vues pas jour), les éditeurs de journaux accusent le célèbre moteur de recherche d'utiliser leurs contenus sans rémunération. S'estimant lésés, ils ont décidé de réagir et de créer leur propre « moteur de recherche de référence sur l'actualité ». Certains estiment ce projet prématuré voire risqué car malgré tout, Google Actualités leur permet de générer une grande part d'audience.
Fin juin, Google faisait part de sont intention de faire payer l'actualité avec
la création d'une plateforme d'informations payantes, Google NewsPass. Il semblerait que cette dernière innovation du célèbre moteur de recherche ne soit pas du goût des éditeurs de journaux français. Ces derniers, fatigués de voir Google Actualités utiliser leurs articles sans rémunération ont décidé de réagir.
Lundi soir, à la suite de son assemblée générale, le
SPQN (Syndicat de la Presse Quotidienne Nationale) qui regroupe les principaux quotidiens français, a annoncé la création «
avant fin 2010 d'un moteur de recherche de référence sur l'actualité » et d'une «
offre de bouquets payants multimarques de presse ». Un système similaire au site
lekiosque.fr, qui offre moyennant un abonnement mensuel l'accès à plus de 835 titres (magazines, quotidiens, bandes-dessinées) en lecture numérique.
Depuis quelques années, avec la concurrence d'Internet,
les éditeurs de journaux doivent trouver des solutions de financement pérennes. De plus, la révolution engendrée par
l'arrivée des tablettes tactiles les oblige à repenser leur format numérique pour séduire de nouveaux lecteurs. «
La monétisation des contenus Web, menée de concert avec différentes familles de presse sera au coeur des priorités » écrit le syndicat.
S'attaquer à Google : le dilemme
Avec la création de ce nouveau moteur de recherche, les éditeurs de journaux font face à un dilemme. D'un côté, ils estiment que
le moteur de recherche américain détourne une partie de leur marché publicitaire en diffusant gratuitement leurs contenus sur Google Actualités, mais de l'autre, la firme de Mountain View estime fournir aux sites d'informations une large part de leur audience.
Trois solutions ont été envisagées pour contourner Google Actualités :
recourir à la justice comme l'ont fait les journaux belges et italiens,
faire appel aux autres moteurs de recherche comme Bing, celui de Microsoft, ou lancer leur propre agrégateur d'informations. Cependant, pour s'attaquer à la multinationale les éditeurs auront intérêt à être unis et à lancer
un projet d'envergure.
D'ailleurs, lors de l'assemblée générale, des soutiens de poids étaient présents, Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat chargée de la prospective et du développement de l'économie numérique, ainsi que Marc Feuillée, président du SPMI (Syndicat de la Presse Magazine) et François d'Orcival, président du SPPMO (Syndicat Professionnel de la Presse Magazine et d'Opinion), signe de la prise au sérieux de ce projet.
Si cette initiative reste franco-française, il n'est pas sûr que le village d'irréductibles journalistes gaulois fasse le poids face à Google, en revanche une action européenne pourrait changer les choses. Rappelons que la bonne santé de la presse est une garantie pour notre démocratie.
eva27 - 21/07/2010 à 13h19