France.fr sera hébergé chez Typhon
Brève rédigée le 30/07/2010 à 15h06 par Arik Benayoun
Après les problèmes rencontrés par le site France.fr lors de son lancement le 14 juillet, le Service d'information du gouvernement (SIG) a décidé de changer d'hébergeur. La société parisienne Typhon remplacera Cyberscope pour héberger le site vitrine de la France à l'étranger.
Après
les déboires de l'iPhone 4 que nous suivons chaque jour, le lancement du site vitrine de la France, France.fr, est la saga franco-française de l'été qui alimente notre flux d'informations. Rarement un site aura autant déchaîné les passions. En effet, avec le fiasco de l'équipe de France lors de la Coupe du Monde de football,
le lancement de ce site est l'autre ratage qui a ridiculisé la France sur Internet.
Le site, qui devait voir le jour le 14 juillet, a été désactivé juste quelques heures après sa mise en ligne. Depuis cette date, plus rien, juste une page nous indiquant que le site est momentanément indisponible.
D'où vient le bug ?
Depuis le début, le SIG nous dit que le plantage serait dû à un trop grand nombre de visites, or avec 50 000 visites simultanées un site ne plante pas. Selon nos confrères de Challenges,
la panne serait due à trop grand nombre d'erreurs 404 (pages introuvables) et des switches intempestifs au niveau des 5 langues du site : lorsque l'on cliquait sur une page en français on atterrissait sur une page espagnole. Pour résumer, tous les problèmes seraient dus a un défaut de conception de l'architecture même du site.
Les théories vont bon train et selon certains informaticiens tout vient du logiciel utilisé. Par souci d'économie et par idéologie,
le SIG a choisi le CMS (Content Management System) Drupal qui est un logiciel open source (logiciel libre). Pour qui a voulu tenter l'aventure de la création de
site web dynamique avec ce type de logiciel (Joomla, Spip...) l'apparition d'un bug peut tourner au cauchemar. Ces logiciels sont certes gratuits et libres de droits mais ils nécessitent du personnel expérimenté.
Si cette histoire ressemble au fiasco des Bleus en Afrique-du-Sud, ce n'est pas qu'à cause de l'image du pays qui est ternie. Là aussi, nous ne sommes pas prêts de connaître les raisons de la panne. Il faudra attendre
les conclusions de l'audit lancé par le Service d'information du gouvernement.
Cependant, la première victime de ce plantage est l'hébergeur du site Cyberscope, qui vient de perdre le marché au profit de
l'hébergeur parisien Typhon. Ce dernier possède de solide références, puisqu'il héberge un grand nombre de sites, dont certains institutionnels comme celui du Ministère du Travail ou des Préfectures Maritimes.
Cette décision soulève beaucoup de questions car Cyberscope n'est pas responsable de la conception du site alors que
Modemploi, la société chargée de la conception, ne semble pas inquiétée. Pour l'instant, aucune de ces sociétés ne s'est exprimée.
Finalement, en voulant faire des économies sur la conception du site, le SIG s'est payé une campagne de pub qui ne lui a rien coûté. D'ailleurs, France.fr compte déjà 3185 fans sur Facebook. Pas mal pour une page web à 860 000 euros.

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Et puis il n'y a pas que les logiciels libres qui requièrent des compétences : Oracle, Siebel, .Net, CAST sont tous propriétaires et loin d'être simple à mettre en oeuvre, quoiqu'en disent leurs éditeurs !
aka_mgr - 30/07/2010 à 18h56
Mais ca me fait mal aux yeux de lire "dans un souci d'économie" quand on sais qu'ils ont claqué 1.6 million d'euro pour ca ... je vois pas ou elle est l'économie.
Sont forts ces commerciaux qui arnaquent l'Etat sans que les fonctionnaires incompétents qui payent les factures ne se rendent compte de l'énormité du truc. Je vais leur vendre des friteuses à 200 000 euro pièce et des twingos à 1 Million ... sur un mal entendu ca peut marcher
nicoge74 - 31/07/2010 à 04h46
Un logiciel Open Source n'est pas forcement un Logiciel Libre : le fait qu'on puisse accéder aux sources du logiciel ne signifie pas automatiquement qu'on a le droit de le modifier et de le redistribuer.
Un Logiciel Libre n'est pas libre de droits : l'auteur conserve tous les droits d'auteur de son logiciel, mais il décide d'accorder des droits au public (copyleft).
Et ça me fait un peu mal aussi de lire que vu le prix qui a été payé a la société de conception, il y a eu "un souci d'économie".
Tabasco - 31/07/2010 à 09h52
Tabasco, tu as raison, dans l'absolu, mais vous, les puristes, vous nous cassez les pieds, (je reste poli, mais j'aurais dit autre chose). Votre petit jeux sur les particularités du terme "Logiciel libre" et autre finesses qui pour les non spécialistes parlent de
OOo, Scribus, GIMP, MySQL etc ...)
fini par nous embrouiller, et nous détourner de ces Logiciels.Arrêtez de vous auto détruire, pour des détails de spécialiste en linguistique , (on dirait le PS au cours des dernières élections).
Open Source, Logiciel Libre, chaque fois que l'on prononces ces termes, qu'on les lit, on a droit à une mise au point de puristes, si bien que bientôt on n'utilisera plus ces termes pour avoir la paix, vous ne faites que du tord aux "Open Source, Logiciel Libre...etc" comment veux tu qu'on appelle cette famille de logiciels.
patounet1 - 31/07/2010 à 13h26
Celui qui n'a jamais eu à se frotter au code des marchés public et à son application ne devrait pas lancer des critiques envers les salariés de l'état.
Et pourtant "Nul ne doit ignorer la loi". Je vous rappelle donc que ce code qui régit la contractualisation de l'état avec les sociétés de droit privé, n'a jamais été conçu pour que nos impôt soient mieux utilisés....son objectif est de garantir l'équité de l'accès des sociétés privés à la commande publique. La façon dont l'état tente de l'utiliser est une autre affaire.
Pour le cas présent, si effectivement cette affaire m'effraie, je pense que la meilleure des choses à faire est d'écrire à nos députés respectifs afin d'avoir un compte rendu précis de ce qui s'est passé.
mimur - 02/08/2010 à 09h07