Hadopi : des moyens de sécurisation pour filtrer le net
Analyse des flux et des configurations, journalisation des activités et filtrage des échanges, le projet d'Hadopi concernant les moyens de sécurisation des accès Internet, censés permettre aux internautes de prouver leur bonne foi, se révèle sans surprise. Alors pourquoi avoir fait tant de mystère ?
Michel Riguidel, professeur émérite de Télécom ParisTech, a remis aux membres de l'Hadopi son rapport sur
les moyens de sécurisation des connexions Internet.
Ceux-ci constituent en effet
la clef de voûte de la riposte graduée, puisqu'ils seront l'unique façon qu'auront les internautes accusés de téléchargement illégal
de prouver leur bonne foi aux yeux de l'Hadopi.
Néanmoins, pour une raison qui échappe à l'entendement, la haute autorité a lancé
une consultation publique privée autour de la question, s'attirant aussitôt les foudres du web. Nos confrères de
Numerama ont cependant obtenu une copie du texte, mettant ainsi à jour le peu de surprises que ce dernier recélait.
Ainsi, la politique de sécurité qui sous-tend la mise en place de ces moyens de sécurisation, s'appuie sur «
quatre éléments cumulés » :
- la surveillance en temps réel et sans enregistrement des flux et protocoles qui transitent par l'accès Internet, avec la possibilité de bloquer certains sites répertoriés sur des listes,
- l'analyse de la configuration informatique, de la configuration réseau et des logiciels en fonctionnement,
- l'affichage de notifications et d'alertes pédagogiques,
- une double journalisation des événements significatifs (éléments de la vie interne du moyen de sécurisation, démarrage, arrêt, activation, désactivation …) : l'une en clair et l'autre cryptée dont la clef de chiffrage sera détenu par « un tiers de confiance ».
De ces quatre points, seul le dernier est obligatoire. En effet, c'est la version chiffrée du journal qui sera communiqué à l'Hadopi en cas de litige.
La consultation stipule également que les moyens de sécurisation ne devront pas transmettre d'informations à des tiers, si ce n'est la clef de déchiffrement de la version sécurisée du journal. En outre,
les historiques de navigation et de téléchargement ne pourront pas être enregistrés.
La réflexion de Michel Riguidel le mène par ailleurs à envisager l'éventualité
d'installer le logiciel de sécurisation directement dans les box des opérateurs, «
dans le cadre du renouvellement général du parc ».
Au final, ce nouveau coup d'éclat de l'Hadopi, qui a visiblement
le sens des déclarations chocs et des oxymores, ne fait que confirmer
la volonté de filtrage du net sous-jacente à la riposte graduée. A l'heure où
Nathalie Kosciusko-Morizet remet un rapport sur
la neutralité du net aux parlementaires, la politique du gouvernement en matière de télécommunications est de moins en moins lisible.
Bonjour,
Comment peut-on être sur que la "copie obtenue" n'est pas en fait une version expurgée?
La diffusion de ce document ne soulève aucune polémique, aussi je trouve étonnant que la Haute autorité rechigne à fournir le document, et que ce même document arrive, fort à propos, chez des journalistes, par des voies détournées, mettant fin à la polémique.
Avantage : si mes craintes sont fondées, la H.A., ne sera pas responsable d'un faux,
et la diffusion de ce document met fin à un début de polémique.
patounet1 - 02/08/2010 à 13h14