Musique en ligne : NKM abandonne la langue de bois
C'est une véritable rupture avec la langue de bois policée que le gouvernement utilisait jusqu'à présent pour évoquer l'offre culturelle légale en ligne. Nathalie Kosciusko-Morizet dénonce ouvertement les tactiques des majors de l'industrie musicale et menace de mettre en place un projet de gestion collective des droits.
L'annonce de la fermeture de
Jiwa aura agi comme un électrochoc. Alors que jusqu'à présent, les promesses du gouvernement
en matière d'offre culturelle légale sur Internet ressemblaient plus à
une manœuvre pour faire passer la mise en place de la riposte graduée,
Nathalie Kosciusko-Morizet monte aux créneaux pour soutenir les petits diffuseurs.
Interrogée sur
BFM Radio, la secrétaire d'Etat en charge de l'économie numérique (photo ci-contre) a reconnu qu'il y avait «
un très gros problème actuellement d'asymétrie sur un marché qui est un marché privé : celui de l'accès au catalogue. Ce sont des gros qui détiennent la musique, et la négociation est très difficile avec les petits diffuseurs que sont par exemple les web radios », faisant allusion aux difficultés qui ont conduit
la plateforme de streaming Jiwa à mettre la clef sous la porte.
NKM préconise alors de mettre en place les solutions proposées par
le rapport Zelnik dévoilé en janvier dernier, à savoir
donner aux web radios le statut de radiodiffuseurs et «
amener les détenteurs de droits à simplifier les négociations avec les petits diffuseurs ».
Néanmoins, la secrétaire d'Etat n'est pas dupe et n'exclut pas qu'une intervention du gouvernement soit nécessaire : «
l’idéal aurait été que les gros se mettent d’accord entre eux et fludifient le marché d’eux-mêmes, il y en a qui jouent le jeu, et d’autres qui ne le jouent pas du tout » a-t-elle déclarée. Cependant, en l'absence d'accords équitables avant la fin de l'année 2010,
le projet de gestion collective des droits pourrait alors être repris.
Nathalie Kosciusko-Morizet, qui est toujours restée discrète sur le volet répressif de la loi Hadopi, réaffirme une fois encore son attachement à
une offre culturelle légale en ligne forte : «
C’est le volet positif, c’est le côté incitatif : pour que la loi Hadopi trouve tout son sens, il faut qu’il y ait une offre légale de qualité en face qui soit vraiment attractive, et c’est vrai qu’aujourd’hui on peine à la développer, je n’hésite pas à le dire ! » a-t-elle conclu à l'antenne de BFM.
L'imminence d'un remaniement ministériel libérerait-il les langues ? Le ton s'est en tous cas considérablement durci contre les majors du disque. Reste à savoir si les menaces seront mises à exécution.
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